Billet : Quand le Mnsd se révolte !

Billet : Quand le Mnsd se révolte !

Va-t-il enfin prendre son destin en main et s’émanciper de la tutelle suicidaire du Pnds ? C’est le moins qu’on puisse dire à la lecture de la lettre que le président du Mnsd Nassara, Seïni Oumarou, a adressée au président de la Ceni. Dénonçant l’enrôlement électoral biométrique en masse d’étrangers, refugiés sur le sol nigérien, à Agadez, à Diffa et à Tillabéry, le Mnsd a mis le doigt sur la plaie, risquant au passage de provoquer la colère de ceux qui pensent que, depuis son ralliement spectaculaire au pouvoir, au lendemain des élections de 2016, le Mnsd ne vaut que par le Pnds. Il n’a, pense-t-on du côté du Pnds, ni autonomie propre, ni discours…, encore moins de position à dégager qui ne soit pas, sinon recommandée par le Pnds, du moins cautionnée par ses dirigeants. Bien entendu, cette conception de l’alliance Pnds-Mnsd n’est pas perçue de cette façon du côté de Seïni Oumarou et de son parti. Problème ! Car, si pour le Mnsd Nassara, la survenue d’élections nouvelles est une occasion de défaire les alliances et de se lancer dans la conquête du pouvoir, avec le secret espoir de remporter les élections, pour le Pnds, le parti de Seïni Oumarou doit demeurer un simple attelage qui doit se satisfaire de ce qu’on lui «donne» avec une si grande générosité. La dénonciation de l’enrôlement d’étrangers, des refugiés sur le sol nigérien, en vue des élections se veut donc, une sommation claire à l’endroit des dirigeants du Pnds, histoire de dire que le Mnsd ne saurait accepter de rester sans rien et rien faire un processus électoral vicié. Or, non seulement, on se rend compte qu’il ne saurait en être autrement, au regard du contenu du code électoral, de la composition de la Ceni et de sa direction du fichier électoral biométrique (Difeb), mais qu’il y a lieu, pour qui veut éviter le naufrage électoral programmé, d’agir dès à présent. Car, le fichier électoral dit biométrique mais qui n’en est pas un, vraiment, achevé, on ne peut logiquement empêcher à des personnes, même refugiées au Niger, de voter si elles sont en détention de la carte électorale biométrique.

Une carte électorale biométrique qui vaut carte d’identité pendant dix ans. Histoire de dire que ces refugiés dont le Mnsd Nassara dénonce l’enrôlement vont voter lors des prochaines élections, mais également en 2026. En somme, on remplace le vote par témoignage, vulgaire façon de faire la fraude électorale, par une procédé raffiné qui a l’avantage d’être couvert du sceau de la légalité. Ni vu, ni connu, le candidat ayant les faveurs de la Ceni et de sa Difeb passera comme lettre à la poste. Le Mnsd est révolté, c’est peu de le dire. Ce qui corrobore les confidences faites par de proches collaborateurs de Seïni Oumarou, comme quoi ils ne sauraient cautionner un processus électoral dans lequel ils se font hara kiri et que les choses vont bientôt bouger. Tout porte à croire que c’est l’heure de la révolte et du retour sur la voie de la grandeur et de la seule servitude qui compte pour le parti de Seïni Oumarou, la sujétion vis-à-vis du Niger et de son peuple.

Laboukoye

08 décembre 2019
Source : Le Courrier

Imprimer E-mail

Politique.