Maradi/Synthèse de la mission de pré-évaluation de la campagne agricole : Le ministre Kalla Moutari évoque plusieurs sujets, dont la fermeture de la frontière et l’école

Maradi Image d'illustration  Lors de la réunion de synthèse de la mission de préévaluation de la campagne agricole 2019 qu’il a menée dans la région de Maradi, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, M. Kalla Moutari a longuement échangé avec l’assistance sur plusieurs questions socioéconomiques du moment. Sans langue de bois, il a attiré l’attention des uns et des autres sur plusieurs points.

Concernant la fermeture de la frontière avec le Nigéria qui a aujourd’hui encore des impacts sur nos populations, le ministre Kalla Moutari a précisé que le gouvernement n’est pas insensible et déjà des démarches de haut niveau sont engagées pour décanter la situation. Evoquant les raisons de cette fermeture de frontière, il a ajouté qu’il s’agit de la fraude organisée. « Il n’est pas bien pour un Etat d’être épinglé de cette façon » regrette-til. Le ministre a précisé que cette fraude n’est autre qu’une sorte de transit que nos Etats ont toléré pour des marchandises prohibées en direction du Nigéria. « Nous avons averti les opérateurs économiques sur le fait que tôt ou tard ce phénomène de transit de marchandises prohibées allait devenir un problème entre nos Etats», a-til rappelé. Pour lui, il est temps d’arrêter de faire le procès aux autorités nigériennes pour avoir cessé d’être complices de cette fraude. « J’ai évoqué cette question pour que nous prenions nos responsabilités. Pour que tout le monde sache ce qui est en train de devenir le fléau de la fraude dans notre pays et dans nos relations avec nos voisins» a-t-il averti.

Concernant l’école, le ministre et sa délégation ont profité pour visiter deux établissement scolaires de Maradi, emblématiques des problèmes de l’école nigérienne : le CES Bagalam qui compte 5.498 élèves et le lycée Dan Baskoré qui sont surpeuplés. Selon le Ministre, le CES Bagalam compte 5498 élèves sur un espace réduit. «Nous avons eu des difficultés à nous mouvoir, tellement la foule d’élève était compacte » a-t-il soutenu. Son inquiétude est qu’en cas d’incident quelconque dans cette école, un drame peut subvenir. «Il n’est pas normal que nos enfants étudient dans des conditions pareilles », a-t-il reconnu.

Revenant sur la principale raison de la surpopulation des établissements scolaire dans la ville de Maradi, le ministre indexera les maires qui se sont succédé et qui ont vendu les places publiques réservées à la construction de ces écoles pour se faire de l’argent. «Aujourd’hui il est impossible de construire des classes si ce n’est en hauteur. Et pour cela, il faut casser ce qui existe. Aujourd’hui pour construire une école il faut sortir du centre urbain », fait-il observer. Toutefois, le ministre Kalla Moutari a indiqué avoir demandé aux responsables du secteur de l’éducation de trouver des solutions à ce problème. « Cela passera par l’inventaire et le retrait des terrains illégalement vendus par la mairie », a-t-il déclaré, promettant de porter le message qu’il faut au Gouvernement pour que des mesures urgentes soient prises.

A propos de la qualité des semences et du retard dans l’acheminement des celles-ci au niveau des points d’approvisionnement, le Ministre Kalla Moutari a demandé aux cadres de vérifier la traçabilité des semences. « On ne peut pas recevoir des semences après les semis, tout comme on ne peut pas recevoir des semis dont on a des doutes sur la qualité » a-t-il précisé. Il en est de même pour l’engrais et le sucre qui sont souvent livrés en retard. Dans le secteur de l’hydraulique, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement est revenu sur la gestion des points d’eau par les délégataires dont certains ne sont intéressés que par les recettes. «Nous avons rendu certaines populations très dépendantes des points d’eau modernes. Toute panne met ces populations dans la détresse. Nous ne pouvons pas tolérer que les délégataires trainent les pas pour réparer certaines pannes», a averti M. Kalla Moutari. Il a enfin demandé aux délégataires et aux maires de se ressaisir.

Enfin le ministre Kalla Moutari a levé toute équivoque à propos de l’imputabilité de la médiocrité des récoltes dans certaines zones au climat d’insécurité qui règne dans ces contrées. « Nos investigations, poursuit-il, nous ont montré que le banditisme dans les départements de Guidan Roumdji et de Madarounfa n’a pas eu d’impact sur la campagne agricole. C’est plutôt chez notre voisin qu’il y a eu d’impacts au point qu’à Madarounfa, ces déplacés ont eu des champs qu’ils ont cultivé et récolté » a-t-il rassuré.

Tiémogo Amadou ANP-ONEP Maradi

26 novembre 2019
Source : http://www.lesahel.org

 

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