Le Nigéria a encore frappé fort , cette fois, une mesure plus contraignante pour sa population : Par Issoufou Boubacar Kado MAGAGI.

Le Nigéria a encore frappé fort , cette fois, une mesure plus contraignante pour sa population : Par Issoufou Boubacar Kado MAGAGI.La mesure interdisant la vente du carburant, (essence, pétrole lampant , gasoil) dans toutes les localités du Nigéria qui sont situées à 20 km des frontières terrestres du Nigéria, vient s'ajouter à la mesure portant fermeture des frontières , est plus préjudiciable aux populations de la République fédérale du Nigéria qu 'aux populations des pays voisins avec le Nigéria, visées.

En effet, selon un sénateur du Nigéria, qui sait de quoi il parle, dont nous partageons l'analyse très pertinente, la dite mesure ne peut empêcher la fraude du carburant et autres de prospérer, elle va plus tôt créer des problèmes sociaux à coût très élevé, à près de cinquante millions des honnêtes citoyens nigérians qui habitent dans les localités frontalières sur un rayon de 20 km des frontières terrestres avec les pays voisins. Entre autres, des localités du Nigéria comme , Illela, Araba voisines avec Birni N'Konni, Kamba voisine de Gaya, Gibia voisine de Maradi, Gaidem voisine de Maine- Soroa, Batchaka voisine de Dogondoutchi , Sabo Birni, voisine de Madaoua , Adarey , Baboura , qui font frontière avec Magaria , ect, la liste des villages et villes frontalièrs qui souffriront de cette mesure est très longue , difficile à énumérer.

Pour leurs besoins en carburant les habitants des villes ou villages situés à 20 kilomètres des frontières terrestres devront faire le déplacement à l'intérieur du pays pour s'approvisionner en carburant.

La problématique qui se pose, les citoyens pourraient être tentés de stocker leurs besoins en quantité suffisante dans les magasins des domiciles, ce qui représente un danger pour la population.

Un sénateur de Gibia a estimé à près de 50 millions des citoyens nigérians qui seraient affectés par l'interdiction de vente de carburant sur un rayon de vingt kilomètres des frontières.

Les mesures protectionnistes quand elles sont mal analysées, mal ficelées, donnent plus tôt des résultats inverses à ceux attendus.

Les autorités politiques nigérianes chargées de la conduite de la politique économique, monétaire et financière, se devraient de faire la part des choses dans l'application de certaines mesures protectionnistes préconisées par certains économiques néolibéraux, c'est un couteau à double tranchant. Le coût social de cette mesure sera très élevé pour la population du Nigéria et des citoyens de la sous-région.

L'Afrique a sa propre réalité de commercer qui date des millénaires d'années qu'il faudrait tenir compte d'une part et d'autre part, méthodiquement améliorer les insuffisances en tenant compte des réalités socio-économiques et culturelles des populations concernées.

Les recommandations théoriques des économistes néolibéraux sont contre productives, car elles ignorent ici les réalités socio-économiques et culturelles des pays concernés.

Le commerce informel entre le Nigéria et ses voisins date de plusieurs milliers d'années, de la période précoloniale, c'est ainsi que les marchés de Kano, de Sokoto , Katchina, Yaouri , Argoungou , ect font partie de l'histoire socioculturelle des toutes les populations des pays voisins avec le Nigéria.
Pour être efficace , la réorganisation des relations économiques et commerciales du Nigéria avec ses voisins devrait tenir compte des réalités socio-économiques et culturelles non seulement du pays, mais aussi des pays voisins.

Le Nigéria se devrait de bien interroger l'histoire, de bien regarder les rétroviseurs, l'histoire des relations économiques et internationales entre le Nigéria et le Niger nous enseigne, entre autres, que les dites relations sont basées sur des liens de fraternité, d'entraide et des considérations mutuelles. Beaucoup de nigériens ont des parents qu'ils aimeraient bien visiter de l'autre côté de la frontière, et vice-versa les nigérians aimeraient faire autant mais à cause des mesures portant fermeture des frontières, les visites familiales sont impossibles.

On dirait à l'époque révolue du mur de Berlin !
Quel que soient les problèmes, il est très difficile de faire comprendre aux paysans, aux oulémas, aux chefs traditionnels, nigérians et nigériens, que le Nigéria a fermé ses frontières avec le Niger , pays qui a consentis tant des sacrifices pour la sauvegarde de l'unité du Nigéria en 1966.

Grâce à l'apport du Niger qui a tenu tête au général Charles De Gaule, et l'appuie de la République Arabe d'Égypte, de Gamel Abdel Nasser, et autres, la sécession biafraise a été étouffée.

Certes, le Nigéria a bien raison de chercher à protéger son économie et la sécurité de son territoire, mais il ne devrait pas perdre de vue qu'il est le géant économique de l'Afrique, il a un rôle très important à jouer dans la sous-région, dans le combat pour l'intégration économique globale du continent. Les Tafawa Balewa , les Amadou Bello Sardaouna Sokoto, les Aminu Kano, les Mourtala Mohamed, ect, ont consentis des sacrifices suprêmes pour l'unité du Nigéria en particulier et de l'Afrique en général.

Notre génération ne devrait pas faillir dans le combat pour la réalisation de l'unité effective du continent.



Si des pays voisins ont posé des actes tendant à nuire à la sécurité, à l'économie, du Nigéria, les textes réglementaires de la CEDEAO ont prévu les voies à suivre pour faire prévaloir ses prétentions, le Nigéria ne devrait pas se faire justice, la fermeture des frontières terrestres avec les pays voisins devrait être un ultime recours très exceptionnel.

Le Nigéria devrait se donner bien les moyens modernes de surveillance de ses frontières et son territoire.
La fermeture des frontières terrestres est contre productive, elle crée plus des problèmes sociaux que de solutions économiques.
Le coût social très élevé de ces mesures sera difficilement supportable et acceptable par la population du Nigéria et celle des pays limitrophes.

Ces mesures de fermeture des frontières, si elles perdurent, risqueraient de provoquer des grands remous sociaux de part et d'autres, ce qui n'annoncerait pas d'un bon augure pour les pays qui ont adopté à une majorité écrasante la convention de la Zone Libre-Echange Continentale Africaine, la ZLECAF, en grande pompe en face du monde.

Par conséquent, il y a lieu de trouver urgemment des solutions heureuses définitives à la problématique qui se pose.

À bon entendeur salut !

Issoufou Boubacar Kado MAGAGI

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