Quelles sont les conséquences du prolongement de la fermeture des frontières terrestres du Nigéria avec les pays voisins sur l'économie sous-regionale ?

Niger-NigeriaLe prolongement de la fermeture des frontières terrestres du Nigéria avec les pays voisins pose un sérieux problème de respect des textes de la CEDEAO et aura pour conséquence d'entraver la mise en œuvre des instruments conventionnels de la zone de libre-échange Continental Africaine.
Selon une circulaire N0 NCS/ENF/ABJ/45, signée du contrôleur général adjoint, des douanes du Nigéria, chargé de l'application des règlements, des investigations et de l'inspection, monsieur Victor Dimka, qui circule sur les réseaux sociaux, que la fermeture des frontières terrestres du Nigéria, depuis le 20 août 2019 , sera prolongée jusqu'à fin janvier 2020, sur instructions du chef d'État fédéral du Nigéria.
La note circulaire est motivée par les succès enregistrés de l'opération, notamment sur le plan sécuritaire et sur les retombées économiques sur le pays.
La prolongation permettrait ainsi d'atteindre certains objectifs stratégiques. Selon la note circulaire.
Cette situation pose la problématique du respect des textes de la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest, la CEDEAO, que nous nous sommes librement donnés.

Le Nigéria ne devrait pas perdre de vue qu'il est la locomotive
économique de la CEDEAO et un grand leader partisan de l'intégration économique globale africaine .
Quand un pays membre de la communauté pose un acte qui nuit à la sécurité et à l'économie d'un autre pays membre , la logique voudrait que le pays victime de l'acte préjudiciable fasse valoir ses prétentions devant une instance de la communauté ou devant les institutions judiciaires prévues à cet effet. Or le géant économique de l'Afrique ,le Nigéria, n'aurait pas respecté les procédures communautaires prévues à cet effet.

Certes le Nigéria est dans ses droits de demander la formalisation de ses relations économiques avec les pays voisins pour protéger son économie, mais la manière unilatérale forte utilisée sans préavis risquerait de produire des effets négatifs sur tous les pays membres de la CEDEAO, y compris le Nigéria.
Le prolongement de la fermeture des frontières terrestres du Nigéria avec les pays africains voisins constitue une entorse à la libre circulation des biens, des services et des personnes, consacrée par les textes réglementaires de la CEDEAO.



Chose curieuse les pays membres concernés n'auraient pas déposé une plainte auprès des institutions de la CEDEAO chargées de connaître ces genres de plaintes en pareilles circonstances.

À notre humble avis il appartiendrait aux pays limitrophes du Nigéria concernés par cette fermeture préjudiciable à la libre circulation des biens, des services et des personnes de poser correctement la problématique devant les instances de la CEDEAO.

Si il est réellement établi que certains pays limitrophes du Nigéria ont posé des actes qui porteraient atteinte à la sécurité et la bonne marche de l'économie du Nigéria, il y aurait alors lieu pour le Nigéria de poser clairement le problème en vue de trouver une solution heureuse à la problématique qui se pose dans l'intérêt général de toute la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest, la CEDEAO.

La formalisation des relations économiques avec les pays voisins pourrait trouver une issue heureuse à travers les commissions mixtes , par exemple pour le cas spécifique du Niger, il existe bien une commission mixte nigero-nigériane, permanente dont le siège est à Niamey, qui pourrait être mise en contribution pour régler certains malentendus sur les relations économiques.

La fermeture actuelle des frontières aux pays limitrophes du Nigéria si elle se prolongerait, pourrait amener certains gros partenaires des entreprises industrielles du Nigéria à changer de partenaires et se tourner vers certains pays européens ou asiatiques pour acquérir les matières premières dont ils auraient besoin , ce qui aurait pour conséquence , l'échec des groupements économiques sous-regionaux créés en vue de tendre vers l'intégration économique globale de l'Afrique. En outre la zone de libre-échange Continental Africaine, la ZLECAF, risquerait de prendre un sérieux coup, car ce état de fait risquerait d'être un obstacle à la mise en œuvre de la zone de libre-échange Continental Africaine en 2020, tant souhaitée par la majorité des citoyens et décideurs du continent.
Les pays concernés enrichiront ainsi davantage les pays européens et asiatiques par la faute cette fois ci du Nigéria, ce qui ne serait pas sans doute souhaité par le Nigéria, partisan de la ZLECAF et de la mise en œuvre de la monnaie commune Africaine de la CEDEAO, l'ECO. Cette décision de protectionnisme à outrance risquerait de faire les jeux de ceux qui s'opposent sournoisement à l'avènement de la zone de libre-échange Continental Africaine, la ZLECAF et de l'avènement de l'ECO.

Par conséquent, une réunion de l'instance suprême de la CEDEAO devrait être convoquée pour statuer sérieusement sur cette situation désagréable créée par le prolongement de fait de la fermeture des frontières terrestres avec les pays limitrophes du Nigéria.
L'Afrique doit se parler !
"L'Afrique doit s'unir ou périr "
À bon entendeur salut !
Quelles sont les conséquences du prolongement de la fermeture des frontières terrestres du Nigéria avec les pays voisins sur l'économie sous-regionale ?M. Issoufou Boubacar Kado MAGAGI

Imprimer E-mail

Politique