Dialogue politique inclusif : C'est parti sous de bons auspices

Dialogue politique inclusif : C'est parti sous de bons auspices Le dialogue politique inclusif tant chanté sur les médias et les réseaux sociaux est désormais en marche. Et tout semble se dérouler dans la plus grande discrétion, loin des yeux indiscrets et des langues fourchues. Dans une correspondance datée du 25 octobre 2019, le Premier ministre, président du Conseil national de dialogue politique (Cndp), a répondu à une lettre qui lui a été adressée au nom du chef de file de l'opposition et enregistrée à son Cabinet sous le n°0017/CFO du 18 octobre 2019. Dans cette correspondance, Brigi Rafini indique qu'il note la disponibilité affichée de l'opposition à s'engager dans une dynamique résolue de dialogue politique inclusif et l'assure de son engagement à oeuvrer à la réalisation de cet objectif commun. C'est dans cette optique, et pour faire bonne mesure et étalage de sa bonne volonté, que le président du Cndp a suggéré à l'opposition une rencontre de haut niveau qui regrouperait des leaders des partis politiques représentant les trois groupes de la majorité, de l'opposition et des non affiliés. Cette rencontre, qui devait statuer, selon les voeux de l'opposition, sur les modalités d'une relance effective des échanges entre toutes les parties prenantes de la classe politique nigérienne, a été programmée pour le mardi 29 octobre 2019. Selon nos sources, ladite réunion s'est effectivement a réuni, dans la salle des banquets du Cabinet du Premier ministre, cinq représentants de haut niveau des trois groupes en présence. Du côté du pouvoir, il y avait notamment Mohamed Bazoum, Seïni Oumarou, Albadé Abouba, Kassoum Moctar tandis que leur faisaient face elhadj Saïdou Tahirou dit Parc 20, Djibo Ali dit Max, Ibrahim Yacoubou et Mariama Gamatié.

La sincérité, gage de succès du dialogue inclusif

La réunion du mardi 29 octobre, comme convenu entre les parties, a retenu le principe du dialogue inclusif à tenir dans un délai très court, eu égard aux enjeux et les échéances électorales qui avancent à grands pas. À ce grand dialogue inclusif, il a été convenu de retenir dix représentants par bloc politique, trois représentants de la société civile, cinq centrales syndicales ainsi qu'un représentant par grands témoins. À ce niveau, il y aura, certes, la chefferie traditionnelle, l'Association islamique, l'Eglise mais également d'autres témoins internationaux au titre desquels il faut citer l'Union européenne, le National democratic instittute (Ndi) et l'Organisation des nations unies. Selon des sources crédibles, certaines personnalités internationales ont été déclarées persona no grata dans ce dialogue où l'on n'a pas besoin de rapport de force mais plutôt de sagesse. Le dialogue inclusif nigérien s'annonce, selon toute vraisemblance sous de bons auspices. Selon les échos parvenus au Courrier, les propos préliminaires échangés entre les parties lors de la réunion sont encourageants. La sincérité sera-t-elle au rendez-vous ? C'est la grande question qui hante tous les esprits et cela n'épargne guère les acteurs, au premier plan. Un d'entre eux, dont le Courrier tait l'identité, a clairement indiqué que le tout n'est pas de se réunir et de faire semblant, le tout réside dans la sincérité des uns et des autres à parvenir à un consensus qui mettrait le Niger à l'abri de risques de périls majeurs.

Point de vue uniforme sur toute la ligne et volonté partagée pour un dialogue inclusif et sincère

Dans l'après-midi d'hier, mercredi 30 octobre où nous mettons sous presse, il a été convenu que Brigi Rafini, encadré pour la circonstance des représentants des trois blocs politiques, fasse un point de presse. Un point de presse qu'il a effectivement tenu, en présence, notamment, de Seini Oumarou, Amadou Ali dit Max et de Cheffou Amadou. Il s'agissait d'informer l'opinion sur les contours et le contenu du dialogue en vue. La Ceni, le Cndp, le code électoral, l'accès équitable aux médias d'Etat, seront, entre autres points importants, au menu de cette messe politique. " Il s'agit de chercher et de trouver les voies et moyens d'un apaisement du climat sociopolitique en vue d'une organisation réussie des prochaines élections ". Des propos soutenus par tous les autres acteurs présents, en l'occurrence Seïni Oumarou, le président du MNSD Nassara qui a renchéri que " ce processus a besoin d'un accompagnement, celui de la presse en particulier, afin de soutenir les efforts entrepris pour apaiser les esprits ". Quant à Amadou Djibo de l'opposition, il a déclaré qu'il y a cinq points à l'ordre du jour du dialogue inclusif et non quatre comme annoncé, à savoir le code électoral, les élections, la Ceni, le Cndp, l'accès aux médias d'Etat ainsi que le comité de suivi des décisions issues du dialogue. Le discours est uniforme. Il faut que tous les acteurs s'investissent pour l'aboutissement de ces pourparlers politiques.

Brigi Rafini a-t-il la caution formelle du Président Issoufou pour ne pas être désavoué après ?

Le point de presse animé conjointement par le président du Cndp et les parties en présence a de quoi réjouir les Nigériens qui s'impatientent de voir des perspectives autres que celles, sombres, qui se dessinent à l'horizon, relativement aux élections prochaines. Ils s'en réjouissent d'autant plus que les points inscrits à l'ordre du jour des prochaines assises politiques nationales n'occulte aucun point de discorde. Il n'y a pas de tabou et toutes les questions sont mises sur la table, a indiqué Brigi Rafini. Cependant, deux questions majeures taraudent l'esprit des Nigériens : les assises envisagées ne connaîtront-elles pas le même sort que celles de l'année dernière, torpillées par Mohamed Bazoum, dans le silence coupable du Président Issoufou ? Brigi Rafini a-t-il la caution formelle du Président Issoufou pour ne pas être désavoué après ?

Laboukoye 

02 novembre 2019
Source : Le Courrier

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