Réunion de l’Internationale Socialiste des Femmes (ISF) à Niamey : La participation politique des femmes, gestion des conflits et la question foncière à l’agenda des femmes socialistes d’Afrique

Niamey abritera les 29 et 30 octobre 2019, la réunion régionale Afrique de l’Internationale Socialiste des Femmes (ISF) dont notre compatriote Mme Ousseini Hadizatou Yacouba assure la vice-présidence. La réunion de Niamey sera la tribune offerte aux Organisations de la Société Civile pour échanger avec les femmes socialistes sur plusieurs thématiques. Ainsi les participants auront droit à des communications qui seront faites par des expertes. Les principaux thèmes sont : « la participation des femmes aux processus des prises de décision : enjeux pour les socio-démocrates en vue d’un monde 50/50 » ; « Femmes et gestion des conflits et des processus de paix et de sécurité » et « Femmes et gestion foncière en Afrique ».

En Afrique, force est de constater que la participation de la femme à la vie politique de nos pays n’est pas véritablement ancrée dans les mœurs. Les femmes sont sous représentées dans les instances dirigeantes alors qu’elles représentent plus de la moitié de la population. Il est donc légitime de reconnaitre que cela constitue un goulot d’étranglement non seulement pour fonder un monde juste et stable mais surtout pour atteindre les objectifs de développement tant prônés par les Etats ainsi que par les organisations et organismes internationaux et certaines conventions telles que la résolution 66/130 des Nations Unies relatives à la participation de la femme à la vie politique. Au cours de leurs assises, les leaders socialistes seront donc édifiés sur la situation dans le monde, et les perspectives et les enjeux d’un monde 50/50 leur seront déclinés. Les bonnes pratiques seront partagées, des réflexions des leaders socialistes pour la campagne 50/50 seront lancées. Il y aura en outre, des communications sur les stratégies des OSC et aussi sur les défis inhérents aux lois sur le quota.

La réunion de Niamey sera également l’occasion pour les femmes de l’ISF de plancher sur le problème lié aux conflits, à la paix et la sécurité, étant donné que les femmes sont très souvent, avec les enfants, des victimes des conflits qui endeuillent des pays et sèment la désolation dans nos sociétés. Elles représentent environ ¾ des victimes collatérales des conflits. Les femmes suivront des communications qui tenteront de trouver davantage des pistes pour permettre aux femmes, plutôt que d’être victimes des conflits, d’être les actrices principales de leur résolution et de leur prévention. Il sera aussi abordé la résolution 1325 de l’ONU, les engagements des Etats, les mécanismes de gestion inclusive des conflits. Des expériences positives sur la gestion des conflits seront partagées et des perspectives seront dégagées.

En matière de gestion du foncier en Afrique, il est établi que le foncier reste un domaine presque exclusivement réservé aux hommes du fait des facteurs culturels et sociaux. Or, la conviction est qu’une gestion équitable du foncier peut accélérer l’autonomisation de la femme et assurer sa sécurité sociale dans le milieu rural notamment. La question du foncier sera donc largement débattue lors de cette rencontre de l’Internationale Socialiste de Femmes, l’une des plus vieilles organisations politiques au monde dont la création remonte à 1907. Sur ce sujet, la communication aura pour objectifs de présenter les conventions protégeant les femmes en matière d’accès à la terre, de faire une étude comparative entre les régions d’Afrique, de croiser et d’analyser les législations nationales et coutumières, et aussi de partager les expériences.

Genèse de l’Internationale Socialiste des Femmes

Vieille de plus d’un siècle, l’ISF est une grande organisation qui regroupe aujourd’hui en son sein plus de 140 organisations membres dans le monde et siégeant au conseils et congrès de l’Intersnationale Socialiste. Organisation non gouvernementale, l’ISF est composée des organisations des femmes des partis socialistes et des partis socio-démocrates et travaillistes, membres de l’Internationale Socialiste.

Au Niger, la principale organisation membre de l’ISF est l’Organisation des Femmes Tarayya (OFT) du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme, PNDS Tarayya. Les domaines d’intervention de l’ISF, qui par ailleurs a un statut consultatif au sein du Conseil Economique et Social des Nations Unies, sont divers et variés. On peut citer entre autres objectifs poursuivis à travers ses actions, la promotion des droits des femmes, la promotion de l’égalité des sexes, la lutte contre les inégalités et les discriminations, la paix et la sécurité, le développement durable équilibré, etc.

L’ISF est une organisation dynamique qui se bat pour se faire entendre et faire valoir ses idéaux et réflexions à travers le monde. Par exemple, en 2017, l’ISF a fait intégrer la prise en compte d’un quota minimum de représentation des femmes de 30% qui est passé à une orientation d’équité homme/femme. S’agissant de ses actions lors des fora internationaux, il convient de souligner que l’ISF participe activement aux sessions de la commission des Nations Unies sur la condition de la femme et y présente ses réflexions tout en animant d’autres activités parallèles.

L’ISF œuvre activement à l’éducation et à la formation, à l’éveil des consciences sur plusieurs sujets et à la mobilisation internationale pour la construction d’un monde meilleur pour les générations futures, un monde juste où les hommes et les femmes auront les mêmes droits à la propriété foncière et au contrôle des terres. Depuis sa création en 1907, l’ISF a œuvré pour l’obtention des droits des femmes dont le droit de vote. On sait qu’à un moment de l’histoire, ce droit et bien d’autres leur étaient refusés et peu de pays le leur accordaient.

L’ISF est l’organisation qui a jeté les bases de la Journée Internationale de la Femme. Cela remonte à sa conférence de 1910 à Copenhague. Dans le domaine de la paix, l’ISF avait organisé sa première conférence extraordinaire en 1912 à Bâle en Suisse ; une conférence   au cours de laquelle la présidente de l’ISF avait affirmé la mobilisation des femmes contre la guerre en ces termes : « la guerre menace tout ce que les mères ont appris à leurs enfants sur la solidarité et la communauté internationale… Ni la lutte contre la guerre, ni la lutte pour la liberté n’est possible sans les femmes ». Il convient de préciser que ce qui est ISF de nos jours a connu plusieurs modifications au cours de son histoire. C’est ainsi qu’il devenait « Comité des Femmes de l’Internationale Socialiste » en 1926, « Conseil International des Femmes Sociales Démocrates » en 1955 avant de devenir enfin «Internationale Socialiste des Femmes» en 1978.

Au plan national, les femmes militantes du PNDS Tarayya dont le parti est membre de l’Internationale Socialiste ont adhéré à l’ISF, juste au lendemain de la création de l’Organisation des Femmes Tarayya (OFT).

L’OFT, en sa qualité de membre de l’ISF, a participé à certaines rencontres de cette organisation jusqu’en 2010. C’est en 2012 qu’elle est devenue une organisation active de l’Internationale Socialiste des Femmes, se lançant véritablement dans une offensive internationale, surtout au sein de ladite organisation lorsque la nouvelle équipe dirigeante de l’OFT a vu son plan d’action 2012-2015 approuvé par le parti.

Aujourd’hui, la section ISF du Niger, comme les autres organisations sœurs, mène des actions tous azimuts dans les domaines de l’éducation et de la formation des femmes et des filles, de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que de la lutte contre la pauvreté essentiellement féminine.

Par Zabeirou Moussa

25 octobre 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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