Retour de Hassoumi Massoudou aux premières loges de l’État : Les folles hypothèses de sa résurrection

 Retour de Hassoumi Massoudou aux premières loges de l’État : Les folles hypothèses de sa résurrection Le retour de Hassoumi Massoudou aux premières loges de l’Etat, après huit mois de “diète noire”, donne lieu à de nombreuses spéculations sur les conditions de ce retour, tout autant que sur les raisons de ce come-back. Nommé ministre d’Etat à la présidence, Hassoumi Massoudou au centre de toutes les réflexions politiques. À l’opposition, au sein du Pnds comme dans les rangs, encore en formation, des partisans du général à la retraitre Djibo Salou.

Partout, l’on fait des projections, nourries d’imagination, formule des hypothèses, mais c’est toujours le mystère. Sous quelles conditions Hassoumi a-t-il accepté de revenir aux côtés de l’homme qui, huit mois auparavant, l’a humilié en le limogeant brutalement du gouvernement alors qu’il était en mission de travail à Maradi ? Si l’on se fie aux informations selon lesquelles l’ancien ministre des Finances a donné son accord pour un retour aux affaires après une discussion de trois heures d’horloge avec le Président Issoufou, il va sans dire qu’il a posé ses conditions et balisé le champ de ses compétences et de ses activités. Et faute d’informations fiables, le landerneau politique nigérien s’enflamme, penchant volontiers vers les hypothèses les plus folles.

Hassoumi, un grain de sable dans les plats de Djibo Salou et/ou de Mohamed Bazoum ?

Excluant la probabilité d’un retour au profit d’un Mohamed Bazoum, la plupart des analyses ne font pas également mystère de l’impossibilité d’une remise en selle du challenger du président du Pnds dans la course à la candidature du parti au titre de l’élection présidentielle. Connaissant l’intéressé pour tout ce qu’il a été pour Mahamadou Issoufou et fait dans l’exercice de ses fonctions, la présence de Hassoumi à la présidence de la République est plutôt vue comme une sale affaire en perspective.

 

Ni dans le camp de Mohamed Bazoum ni dans celui de Djibo Salou, encore moins dans l’opposition, l’on ne voit pas d’un bon oeil cette résurrection de Hassoumi. Pour les détracteurs, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un signe annonciateur de sombres perspectives politiques.

À 15 mois de la fin du second et dernier de Mahamadou Issoufou, le retour de Hassoumi a davantage assombri les destins politiques de l’un des deux protagonistes qui se disputent visiblement le soutien de Mahamadou Issoufou, en l’occurrence Djibo Salou et Mohamed Bazoum.

À quoi sert Hassoumi Massoudou ?

Aussitôt annoncé, avec à la clé un dépouillement de ses attributions les plus importantes, Mohamed Bazoum a repris son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des militants et sympathisants du Pnds. Dans l’Arewa qu’il a sillonnée de fond en comble, le candidat officiel du Pnds s’est voulu rassurant. Il est vrai que le temps joue en sa faveur. Investi candidat et adoubé par le Président Issoufou, il n’a plus rien à faire que de mener tranquillement sa campagne électorale avant l’heure. Il sait que celui qui l’a adoubé a les mains liées pour l’arrêter. Quant à ses adversaires, à l’exception notable d’un Djibo Salou, personne n’osera entamer une campagne électorale avant l’ouverture officielle de ladite campagne.

À quoi sert alors Hassoumi Massoudou ? Pour continuer à profiter des subsides de l’Etat et des lambris du pouvoir ? Non, assurent des sources qui prétendent le connaître suffisamment pour croire qu’il est juste là pour le décor.

Un tasarcthé est exclu

Niamey, dans les fadas et autres lieux de débat, des voix n’hésitent pas à soutenir que si ce n’est pas pour servir Issoufou, c’est certainement pour assurer le passage en force de Djibo Salou. C’est l’hypothèse la plus nourrie. Car, si Mahamadou Issoufou a montré trop d’attachement au pouvoir, avec une certaine idée de la gouvernance, le tasartché est carrément exclu.La constitution n’offre aucune possibilité pour ce faire. Sans compter, la chose est solidement encadrée par un Mohamed Bazoum qui croit dur comme fer que son heure a sonné ; un Djibo Salou qui croit que l’ascenseur lui sera retourné et une opposition politique tenace qui tient à contraindre Mahamadou Issoufou à partir comme le veut la constitution. Sans parler de la société civile, une des plus viriles et des plus exigeantes.

Doudou Amadou

11 octobre 2019
Publié le 02 octobre 2019
Source : Le Monde d’Aujourd’hui

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