Se proclamer le plus grand et le plus fort et avoir peur d’affronter ses adversaires : Le paradoxe du PNDS-TARAYYA

PNDS-Tarayya-PNDS-TARAYYA.jpgDepuis son accession au pouvoir en 2011, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA) ne cesse, à travers ses dirigeants et militants, de clamer qu’il est le plus grand et le plus fort parti politique du Niger. Mais et aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce parti semble manquer de courage à affronter ses adversaires.

La première preuve de l’incapacité du principal parti au pouvoir à affronter les autres partis politiques est son refus manifeste d’organiser de nouvelles élections locales et municipales. De peur sans doute que son véritable poids sur l’échiquier politique soit découvert par le monde entier, le parti du président Issoufou Mahamadou et du ministre de l’Intérieur Bazoum Mohamed a catégoriquement refusé d’organiser ces élections. En lieu et place des élus locaux librement choisis par les populations, le PNDS-TARAYYA nomme depuis plusieurs mois des maires et des membres des conseils municipaux désignés. A travers ce jeu malsain, le principal parti au pouvoir a réussi à placer ses militants y compris à la tête des mairies qu’il ne pourra jamais conquérir dans une élection démocratique. C’est le cas de la région de Niamey dont la quasi-totalité des mairies étaient contrôlées par le Mouvement démocratique nigérien pour une fé dération africaine (MODEN-FA/LUMANAAFRICA) de Hama Amadou. La deuxième preuve de la peur bleue qu’a le PNDSTARAYYA à affronter dignement ses adversaires est son refus de créer les conditions d’un processus électoral inclusif et transparent pour les élections législatives et présidentielles de 2020 et 2021. Ainsi, en plus de chercher à faire éliminer des potentiels candidats à travers le nouveau Code électoral, le parti du président Issoufou Mahamadou et de Bazoum Mohamed cherche coûte que coûte à contrôler les institutions impliquées dans l’organisation des élections, notamment la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Et malgré toutes ces garanties dont il semble s’entourer, le PNDS-TARAYYA continue à avoir peur de ses adversaires, au point d’engager la campagne électorale avant eux. C’est dans ce cadre que depuis quelques semaines, son président et candidat à la présidentielle de 2021 parcoure des villes, villages et hameaux du Niger, sous le fallacieux prétexte d’une prise de contact avec des militants de son parti. Il suffit de voir le boucan qui est entretenu autour des tournées de Bazoum Mohamed, de surcroit ministre de l’Intérieur, pour se convaincre que l’homme est déjà entré en campagne et entend profiter de sa position au sein de l’appareil de l’Etat pour prendre de l’avance sur ses adversaires.

Depuis l’avènement du processus démocratique au Niger, c’est la première fois qu’on, voit un parti politique qui se targue d’être le plus grand et le plus fort, mais dont les responsables ont peur d’affronter leurs adversaires dans des compétitions saines. Les Nigériens ont vu le Mouvement national pour la société de développement (MNDSNASSARA) qui, au moment de ses moments de gloire sous Tandja et Hama Amadou, faire face aux principaux partis politiques et réaliser des scores honorables. Ce fut notamment le cas aux élections générales de 1992-1993, celles de 1999 et 2004. Aujourd’hui, tout en se déclarant comme le plus grand et le plus fort et malgré le soutien de plusieurs dizaines de partis politiques, le PNDSTARAYYA est incapable de faire face à ses adversaires dans le respect des règles du jeu démocratique.

10 octobre 2019 
Publié le  30 septembre 2019
Source : Le Canard en Furie 

 

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