Crispation du climat politique sur la tenue des prochaines élections : Une seconde main tendue du Président de la République vivement attendue

 Crispation du climat politique sur la tenue des prochaines élections : Une seconde main tendue du Président de la République vivement attendue Le Niger tend à nouveau vers une crise politique née du manque d'un consensus autour de la loi électorale, Les rapports entre la mouvance présidentielle et la coalition des partis politiques de l'opposition, sont de mauvais augure depuis des mois. La mésentente entre les deux parties, est officiellement entrée dans sa phase active ces derniers temps, avec notamment, la plainte que compte déposer l'opposition politique, contre le ministre chargé de l'organisation des élections monsieur Bamoum Mohamed, candidat du principal parti au pouvoir, pour usage des biens publics et attributs de l'Etat à des fins personnelles. Une pétition nationale a déjà été lancée pour la circonstance. Dans celle-ci, l'opposition reproche à Bazoum Mohamed, d'avoir effectué des tournées politiques sur fonds propres de l'Etat, toute chose, contraire aux articles 135 et 186 du Code électoral. Les adversaires du régime en place, avaient, dans un premier temps, procédé à la saisine de la Commission Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), par une lettre datant du 19 juillet 2019, pour une intercession dans la crise préélectorale. Cette saisine, à en croire les opposants, vise à préserver le Niger des conséquences douloureuses et fâcheuses, qui peuvent découler du processus électoral en cours. Selon toujours ces opposants, la démocratie au Niger perd de plus en plus ses valeurs. C'est pourquoi, ils en appellent à ses militants (es), à prendre part, à la marche pacifique, suivie de meeting, qu'ils organisent le dimanche 8 septembre prochain, afin de dénoncer ce qu'ils appellent, la mal gouvernance, la liquidation des acquis démocratiques, le code électoral taillé sur mesure ou encore, une Commission électorale maison rose. Le climat politique actuel a rendu aveugle les politiciens et la situation semble aller de mal en pis. Même les Eglises commencent à s'inquiéter de cette nouvelle donne. Pour preuve, le dimanche 1er septembre 2019, les chrétiens du pays ont intercéder en faveur du pays par des prières, pour un retour au calme, à la sérénité, à l'unité et à la cohésion sociale. Le Conseil National de Dialogue Politique (CNDP), cadre de concertation par excellence de la classe politique nigérienne, est au bout de ses forces.

Chaque réunion convoquée par le Premier Ministre, président de cette institution, est boycottée par l'opposition. Il en est de même au niveau de l'Assemblée Nationale, où toutes les lois électorales ont été votées en l'absence de l'opposition politique. La Commission Nationale Electorale fonctionne également sans les représentants de l'opposition. Pourtant, l'adversité politique doit se faire dans le respect de toutes les sensibilités dans une démocratie normale. Ailleurs où les compétitions électorales ont été organisées sans la participation de tous les acteurs, on a assisté à des crises qui ont plongé les pays dans des situations regrettables. Les exemples sont nombreux en Afrique, mais on peut prendre celui de Côte d'Ivoire, ce grand pays de l'Afrique de l'ouest qui a basculé dans la violence et la division, depuis que certains acteurs politiques de taille ont été exclus du processus électoral. Tout orgueil mis de côté, les acteurs politiques nigériens doivent mettre suffisamment d'eau dans leur vin et aller dans le sens d'un consensus autour du processus électoral. A ce niveau, c'est d'abord et avant tout le Président de la République Issoufou Mahamadou qui doit créer les conditions d'un apaisement du climat politique actuel. Arrivé à la fin de ses deux mandats constitutionnels, le plus grand service qu'il puisse offrir au Niger et à son peuple est d'organiser des élections transparentes, démocratiques et inclusives, afin que l'alternance qu'il ambitionne de consacrer se fasse dans des bonnes conditions. Même s'il accepte de tenir son engagement de se retirer en 2021, il ne pourra rentrer dans l'histoire qu'en créant les conditions pour que les Nigériens élisent un Président de la République de leur choix et choisissent des conseillers municipaux et des députés qu'ils estiment capables de prendre en charge leurs préoccupations. Quoi que disent certains, la crise actuelle peut-être décantée si les différents acteurs s'entendent sur le Code et la composition de la CENI. A ce niveau, le Président de la République peut instruire qui de droit pour que des discussions franches soient engagées autour de ces questions et que les partis au pouvoir aillent dans le sens d'un compromis avec ceux de l'opposition.

Par Salifou Hachimou

08 septembre 2019
Publié le 2 septembre 2019
Source : L'Actualité

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