Bazoum en campagne prématurée : Ces réponses confuses du candidat du PNDS

Bazoum en campagne prématurée : Ces réponses confuses du candidat du PNDSBazoum en campagne prématurée Ces réponses confuses du candidat du PNDS L’abus des biens sociaux et le trafic d’influence constituent des traditions désormais établies dans notre pays, malgré leur caractère illégal. Depuis pratiquement le retour de notre pays à une vie démocratique constitutionnelle à partir de la décennie 90, ces pratiques prennent de l’ampleur. Sous le régime d’exception du défunt Général Seïni Kountché, la rigueur étaient de mise par rapport à ces questions. C’était risqué, voire très risqué même, pour un haut cadre de l’administration publique d’utiliser un véhicule mis à sa disposition pour les besoins de ses missions de l’utiliser pour des courses personnelles privées encore moins familiales. Impensable, inadmissible ! La sacralité des biens publics était un sacerdoce. Alors qu’il n’y avait même pas à l’époque une constitution qui réglementait leur gestion. Sous le règne de la décrispation du défunt chef d’Etat, le Général Ali Seybou, qui a succédé à Seïni Kountché, l’étau s’est desserré progressivement, permettant ainsi à de fonctionnaires de l’Etat de circuler librement dans leurs voitures de fonction. Jusqu’ici, nous sommes dans une digression utile, car visant à démontrer la vision réductrice de l’Etat à leur propre personne dont font preuve les tenants de la renaissance depuis qu’ils ont accédé au pouvoir. Toutes les années qu’ils étaient à l’opposition, ils avaient passés le clair de leur temps à dénigrer les régimes en place par rapport à leur gestion de l’Etat. Ils les qualifiaient de novices et d’affairistes, qui n’avaient aucun sens de l’Etat. L’Histoire les a aujourd’hui rattrapés. Et de manière flagrante, en les dévoilant comme étant les piètres gouvernants de l’Etat que notre pays n’ait jamais connu depuis son accession à la souveraineté nationale le 3 août 1960.

Le président Issoufou Mahamadou n’a eu de cesse critiquer en décriant des dépenses qualifiées d’inopportunes et de contreproductives notamment sous la gestion de la 5e République du président Tandja Mamadou. Les cases de santé, les retenues d’eau, les opérations de récupération des terres agricoles réalisées dans le cadre du Programme spécial de Tandja, etc., étaient présentées comme des investissements inutiles par le président Issoufou Mahamadou Issoufou et son camp politique. Aujourd’hui, c’est sur le socle de ces mêmes investissements que le régime de la renaissance cherche à marquer son existence dans le monde rural, à travers un renforcement de l’existant. Mais pas forcément de nouvelles réalisations.

Quand ils parlent de construction de nouvelles écoles dans le secondaire, c’est faux en grande partie ! Dans les centres urbains du pays, ils ont juste procédé au renforcement des capacités d’accueil, à travers la construction de nouvelles classes en hauteur sur des salles de cours déjà existantes au moment où nombre d’entre eux étaient encore sur les bancs. Il faut être malhonnête pour ne pas reconnaître cet état de fait. La digression se referme là, car le sujet de cet article porte sur le candidat investi du PNDS aux élections présidentielles de 2021, Mohamed Bazoum, qui reconnaît tacitement les faits qui lui sont reprochés en matière d’abus des biens sociaux. Voici ce qu’il dit par rapport à l’usage du véhicule de service à l’occasion de ses congés annuels : ‘’Je constate que quand un ministre est en congé, il va avec son véhicule de service. Maintenant, comme on me fait les reproches, je vous promets que je ne viendrai plus en congés avec un véhicule officiel et je ne mènerai plus aucune activité politique avec le véhicule de l’Etat si ça compromet les moyens de l’Etat. (…) Concernant la sécurité, il revient à quiconque de trouver les moyens pour qu’on lui assure la sécurité’’. C’est la substance de sa profession de foi qu’il a eu à faire au micro d’un confrère de la place durant ses congés annuels qu’il effectue dans la région de Zinder, lesquels congés sont mis à profit par lui pour battre campagne dans la région, en tant que candidat officiel du PNDS. D’accord, il reconnaît une partie des faits qui lui sont reprochés en les mettant toutefois à l’actif d’une pratique courante qui consiste aux officiels de l’Etat de pouvoir se déplacer avec leurs voitures de fonction pendant les vacances. Mais qu’en est-il de la sécurité ? Voici ce qu’il a rétorqué en substance par rapport à la question : ‘’ Concernant la sécurité, il revient à quiconque de trouver les moyens pour qu’on lui assure la sécurité’’. Les Nigériens ont vu à travers les images diffusées quasi-quotidiennement par Télé Sahel, la chaîne de télévision gouvernementale, le dispositif sécuritaire impressionnant qui l’accompagne dans ses tournées de campagne électorale prématurées. Est-ce le candidat Bazoum du PNDS Tarayya qui est sécurisé ou bien le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur ? Car jusqu’à preuve de contraire, il exerce toujours cette haute fonction de l’Etat. Combien at- il versé en tant que candidat en campagne pour l’escorte ? Il aurait fallu qu’il le dise dans son intervention pour dissiper toute suspicion par rapport à cette campagne électorale prématurée qu’il est en train de mener. Pour une question de transparence !

Tawèye 

27 août 2019
Source : Le Monde d’Aujourd’hui

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