Phase-pilote de revue par les pairs dans la régulation des médias : Vers un nouveau modèle de partenariat et d’échange d’expérience

Le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) a lancé, le 19 juillet dernier, à son siège, la phase pilote de la revue par les pairs dans le domaine de la régulation des médias. Dans son mot introductif, le président du CSC, Dr Sani Kabir, a indiqué que ce lancement s’inscrit dans la continuation du projet de recherche intitulé : ‘‘Dynamisation et déploiement de l’action du réseau des régulateurs francophones des médias : Vers une mise en œuvre structurée de revues par les pairs’’, qui a été conduit en 2018 dans le cadre de la présidence suisse du REFRAM (Réseau francophone des régulateurs des médias).

Selon Dr Kabir, l’objectif dudit projet est de développer un mécanisme structuré, professionnel, opérationnel et systématique de collaboration entre membres, à travers le principe de revue par les pairs. « Cette recherche est structurée en trois volets comprenant l’élaboration d’un questionnaire opérationnel, devant servir d’outil d’auto-évaluation en amont de l’évaluation, la définition d’un canevas structurel pour chaque processus d’évaluation et enfin l’inventorisation des questions à régler et des options envisageables pour permettre l’opérationnalisation du mécanisme de revue par les pairs », a précisé le président du CSC. « C’est le Niger qui a été choisi pour lancer cette phase pilote de revue par les pairs dans le domaine de la régulation des médias. Les résultats qui en seront issus seront partagés, lors de la 6ème Conférence des Présidents, prévue à Tunis (Tunisie), en octobre prochain », a annoncé Dr Kabir.

Le président du CSC a par la suite décliné les avantages d’une telle initiative. « La revue par les pairs offre trois avantages principaux : l’institution bénéficiaire dispose d’un regard professionnel sur sa situation actuelle. La revue livre des suggestions concrètes fondées sur les expériences d’autres autorités de régulation pour des améliorations et le développement de ses activités à moyen et long termes. L’auto-évaluation permet à l’autorité de régulation de s’interroger sur des thèmes qui auraient pu rester dans l’ombre jusque-là et enfin, la revue a une valeur stratégique, car elle met en lumière les meilleures pratiques de l’institution bénéficiaire aussi bien que la valeur ajoutée d’une bonne régulation des médias pour l’essor d’un pays », a précisé Dr Sani Kabir.

Deux éminents spécialistes en régulation des médias assistent le CSC

Pour atteindre les objectifs de cette phase-pilote, deux éminentes personnalités du domaine de la régulation des médias, sont venus assister le CSC. Il s’agit de Marcel Regnotto, Chef de Section Service médias à l'Office suisse fédéral de la Communication (OFCOM) et Jean-François Furnément, Conseiller Résident de Jumulage à la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) de Belgique, qui produiront un rapport sur cette phase pilote à soumettre à la rencontre de Tunis.

Pour Marcel Regnotto, l’importance d’une telle initiative pour des pays comme le Niger est inestimable, en ce sens qu’elle va permettre, à d’autres pays, membres du REFRAM, qui sont une trentaine, et qui ont volontairement adhéré à cette initiative de revue par les pairs, de connaître ses réalités de régulation médiatique ; d’avoir une vue sur celles des autres pairs mais aussi et surtout d’échanger les compétences ; de poser des pistes de réflexions et éventuellement proposer des solutions pour une meilleure régulation.

Quant à Jean-François Furnément, il a indiqué qu’une bonne régulation est celle qui s’ouvre à d’autres régulations, qui observe aussi les autres, qui en tire les leçons et surtout qu’elle s’en sert pour sa perfection. « Une bonne régulation des médias n’est pas hermétiquement fermée sur elle-même, surtout en ces temps de mondialisation et de floraison de médias de tout genre » dit-il.

La revue par les pairs se base sur des fondements développés dans les domaines du management, des sciences de l’organisation et de l’assurance qualité. Elle consiste à faire appel à des représentants expérimentés d’autres autorités similaires (« pairs ») afin que ceux-ci apportent un regard éclairé sur l’activité de l’institution bénéficiaire et lui soumettent des suggestions utiles pour des améliorations dans des secteurs préalablement définis. La consultation de pairs se pratique couramment dans certaines professions (seconde opinion recherchée dans les secteurs juridiques et médicaux). En plus de la démarche volontaire, la méthode proposée aux membres du REFRAM présente plusieurs spécificités dont : le principe de réciprocité ; de la confiance mutuelle, du réel partage et de l’égalité de statut entre tous ses membres, sans oublier le principe de confidentialité.

Le Réseau francophone des régulateurs des médias (REFRAM) constitue un cadre d’échanges et de coopération entre les régulateurs audiovisuels francophones. Créé à Ouagadougou le 1er juillet 2007, le REFRAM, dont le CSC du Niger fait partie, a pour but de renforcer la solidarité et les partages entre ses membres. Il constitue un espace de débats et d’échanges d’information sur les questions concernant la régulation des médias et contribue aux efforts de formation et de coopération de ses membres. La consolidation de l’État de droit, de la démocratie et des droits de l’Homme, sont au cœur de la vocation du REFRAM. Il est l’un des quinze réseaux institutionnels soutenus par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Trente autorités de régulation chargées des médias en provenance de vingt-neuf pays francophones ont adhéré au REFRAM.

Mahamadou Diallo(onep)

23 juillet 2019 
Source : http://www.lesahel.org/

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