Le Chef de l’Etat préside la 19ème réunion du Comité Interministériel d’Orientation (CIO) de la mise en œuvre des programmes de l’Initiative 3N : Etat des lieux de la campagne agricole et des mesures d’accompagnement des producteurs en intrants agricoles

Issoufou-19eme-reunion-Comite-Interministeriel-d-Orientation.gifLe Président de la République, Chef de l’Etat, S.E Issoufou Mahamadou, a présidé hier dans la salle des réunions du Conseil des Ministres, la 19ème réunion du Comité Interministériel d’Orientation de la mise en œuvre des programmes de l’Initiative 3N. La rencontre a regroupé autour du Chef de l’Etat, le Premier ministre, Chef du gouvernement, S.E Brigi Raffini, et l’ensemble des membres du comité. Quatre points principaux ont été au centre des réflexions à savoir : la préparation et l’état d’avancement de la campagne d’hivernage 2019 ; l’état de mise en œuvre des volets des programmes de l’initiative 3N ; le programme riz au Niger et le sujet perte poste-récolte au Niger.

A l’issue de la réunion, le Haut Commissaire à l’Initiative 3N, M. Ali Bety, a développé les points inscrits et discutés lors de la rencontre. S’agissant précisément du premier point débattu au cours de la réunion qui est la préparation et l’état d’avancement de la campagne d’hivernage 2019, il ressort qu’à la date du 30 juin au 10 juillet 2019, sur plus de 12 000 villages agricoles, plus de 9 780 villages ont semé soit 78%. L’année dernière à la même date, ils étaient 10 792 villages soit 85%. Par contre la pluviométrie a enregistré un cumul dépassant les 400 millimètres dans la zone de Gaya alors que l’année dernière, il était à 200mm. Selon le Haut Commissaire à l’Initiative 3N, le stade dominant des cultures reste la levée, mais dans les autres régions comme Maradi, Dosso, Tahoua et Zinder, le mil est au stade de montaison. La situation pastorale montre que dans plusieurs zones, il y a le pâturage, mais la quantité de pression des animaux est très forte par rapport à la disponibilité.

La situation sanitaire du cheptel est calme, celle phytosanitaire des productions agricoles a été observée par des attaques de sautériaux dans quelques localités et les services de protections des végétaux ont déjà organisé la riposte. Pour ce qui est de l’appui pour cette campagne le Ministère de l’Agriculture, a mis en place plus de 3 800 tonnes de semences améliorées. Il y a une disponibilité d’engrais de 11 tonnes et 45 000 autres ont été achetées soit 56 000 tonnes disponibles pour une estimation de besoin de 50 000 tonnes. « A la date du 31 mai, nous avons déjà 38 000 tonnes livrées. Le Président a donné instruction à ce que la subvention sur les prix d’engrais soit maintenue comme les années antérieures à 13 500 FCFA le sac de 50 kg», a-t-il dit.

Pour l’équipement de la lutte contre les parasites, le Ministère de l’Agriculture a acquis un avion qui va être livré au mois d’août 2019 pour améliorer sa capacité de réponse. En outre, il a été observé pendant cette période de cultures que les prix des céréales (mil, sorghos et maïs) ont baissé de 4 à 5%. Par contre le prix du niébé a augmenté de 4%.

Concernant le 2ème point de discussion, l’état de mise en œuvre du programme de la renaissance, volet initiative 3N, la réunion s’est appesantie surtout sur la maitrise de l’eau pour les produits agro-sylvo-pastoraux et halieutique. L’objectif à ce niveau est de réaliser 1000 ouvrages prévus dans le plan d’action 2016-2020. A la date actuelle, 301 n’ont pas encore été réalisés faute de financement et 700 ouvrages ont été financés, réalisés ou en cours de réalisation avec un taux d’exécution de 5 à 98%. Dans le domaine de la restauration des terres et de reboisement, sur un objectif de 200 mille hectares par an, plus de 40% ont été exécutés. Par contre concernant les Maisons des paysans, un léger progrès est observé par rapport aux taux d’achèvement. « Nous avons fait des progrès dans la construction des Maisons du paysan. L’objectif est de construire une Maison dans chaque commune pour en arriver au chiffre de 255 Maisons. Pour le moment, nous disposons de 34 Maisons du paysan complètes et d’autres structures connexes qui répondent aux besoins. Ce qui fait 66 à 70% sont couverts. Mais, nous allons commencer d’ici la fin de l’année un programme important de gestion qui va nous permettre de réaliser une Maison du paysan dans chaque commune », a-t-expliqué tout en précisant que, depuis novembre dernier, un mécanisme est mis place qui implique l’ensemble des acteurs concernés, sanctionné récemment par un atelier à Maradi.

Le 3ème point est le ‘’programme riz’’. Selon M. Ali Bety, le Président de la République les a instruits d’élaborer un programme riz qui assure qu’à partir de 2023, il y aura zéro importation de riz au Niger. En effet, le besoin national est passé de 257 000 tonnes en 2010 à plus de 426 000 tonnes en 2019. «La consommation du riz au Niger est rapide. Mais nous observons que la croissance de la production ne suit pas celle de la consommation, parce que l’accélération des aménagements n’a pas suivie. L’objectif aujourd’hui est d’assurer que les 150 milliards de FCFA des frais d’importation annuelle soient éliminés. Par exemple cette année, nous avons importé 526 000 tonnes. Pour faire face, nous allons améliorer notre production et notre rendement, ensuite étendre les surfaces de production. Donc pour atteindre l’objectif, il faut aménager 50 000 hectares de terre d’ici 2023 pour produire 500 à 600 mille tonnes par an», a-t-il indiqué.

M. Ali Bety devait ajouter que pour cela, il y a des mesures instruites par le Président de la République d’étudier le mécanisme de subvention de l’énergie car la moitié de la production des paysans va dans le payement de l’énergie. Une réflexion sera engagée avec le Code rural de voir les dispositions à prendre pour que l’Etat puisse aménager des terres permettant de produire du riz à l’échelle nationale.

Pour ce qui concerne le dernier point de perte poste-récolte au Niger, une étude réalisée a démontré qu’on perd 30% de production, ce qui peut nourrir plus d’un million de nigériens, si on arrive à éliminer ces pertes dans la chaine de production. Donc «le Président de la République, nous a instruits de mener des études pour identifier les pertes afin d’inverser la tendance», a-t-il souligné.

A la fin de la réunion, selon M. Ali Bety, le Chef de l’Etat a instruit les membres du gouvernement d’effectuer des missions de suivi de la campagne pour constater son installation d’ici la fin du mois de juillet.

Seini Seydou Zakaria (onep)

 19 juillet 2019 
Source : http://www.lesahel.org/

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