Assemblée nationale : Clôture de la première session ordinaire au titre de l’année 2019

Assemblée nationale : Clôture de la première session ordinaire au titre de l’année 2019Ouverte le 03 avril 2019, la première session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2019, a pris fin hier à l’hémicycle place de la concertation à Niamey. La cérémonie de clôture présidée par SE. Ousseini Tinni, président de l’Assemblée nationale s’est déroulée en présence du Premier ministre, Chef du gouvernement, SE Brigi Rafini, des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement et ceux du corps diplomatique, des représentants des organisations internationales accrédités au Niger et de plusieurs invités. Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, le président de l’Assemblée nationale s’est félicité du sens de responsabilité et de la qualité du travail abattu par les parlementaires durant les trois mois de session. Il a ensuite évoqué le contrôle de l’action gouvernementale au cours duquel, l’institution a, pour la première fois au cours de la présence législature, examiné une motion de censure. Le président du parlement a appelé les concitoyens à faire en sorte que la bonne organisation du sommet de l’Union Africaine de juillet 2019 soit à la hauteur des attentes. (Lire ci-dessous l’intégralité du discours prononcé par SE. OusseiniTinni).

Le président de l’Assemblée souhaite que le sommet de l’UA soit une grande réussite

« Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Par la grâce d’Allah, Soubahanahou WaTaala, voici que s’achève cette longue session dont certains des points de l’ordre du jour ont tenu en haleine aussi bien les députés que l’opinion nationale !

En cela, elle aura tenu toutes ses promesses car, dans le système politique qui est le nôtre, si les débats parlementaires devaient se faire en vase clos, confinés entre les murs de l’hémicycle, la vitalité de la démocratie s’en trouverait fortement compromise et le système profondément vicié ! Nous discutons et délibérons au nom du peuple et pour lui ; s’il devait être indifférent à ce que nous faisons, nos actions seraient vaines voire dangereuses ! Fort heureusement, à l’Assemblée nationale autant nous parlons beaucoup, autant nous entretenons une écoute vigilante de nos concitoyens, autant nous sommes constamment attentifs à notre environnement !

A cet égard, je voudrais profiter de la présente cérémonie pour féliciter et remercier tous ces concitoyens qui n’hésitent pas à nous interpeller et tous ceux-là qui sacrifient fort volontiers au rite des auditions de nos commissions générales permanentes. Ce fut notamment le cas des oulémas et des hommes d’église qui avaient spontanément répondu à l’invitation de la Commission des Affaires Sociales et Culturelles lors de l’examen du projet de loi relatif à l’exercice du culte au Niger. Leurs conseils et éclairages ont permis à cette commission de mieux comprendre la portée du projet. Pour la commission, mettre ces dignitaires religieux à contribution n’était pas douter des efforts participatifs du Gouvernement lors de la maturation du texte mais,c’était plutôt un acte d’humilité autant que de respect pour nos compatriotes dont laConstitution protège toutes les formes de croyance.

En revanche, tous les députés ont été peinés et choqués des procès d’intention que certains acteurs religieux ont cru devoir leur faire alors que l’examen dutexte n’avait même pas commencé. Les députés ont été surpris de constater que ces acteurs se sont hâtivement laissé aller à des réactions d’intolérance !

Ces actes sont d’autant plus graves que leur violente manifestation est un déni de la foi des autres nigériens. Je l’ai dit à une autre occasion déjà, la religion dominante de notre pays nous exhorte à laisser à Dieu le jugement sur l’intensité de la foi de chacun de ses serviteurs.

En définitive, mon souhait est que les fâcheux évènements liées à l’examen de cet important texte, nous ramènent,tous,aux préceptes moraux élémentaires qui nous enseignent qu’il faut toujours s’assurer de la vraisemblance d’une information avant d’agir, surtout d’agir avec violence. Après tout la religion ne nous rappelle-t-elle pas que toute conjecture est voisine du péché ?

Distingués invités, ce projet en dépit de l’écho assourdissant que son examen a eu, est loin d’avoir constitué l’essentiel de notre ordre du jour. En effet, d’autres textes non moins importants ont été au menu de cette session. C’est notamment le cas de la loi portant régime de l’état civil au Niger, loi dont l’objectif est de réformer ce régime afin de l’amenerau diapason des standards internationaux.

Il en est également ainsidu projet de loi sur la cybercriminalité qui a pour ambition de contenir les comportements abusifs découlant d’un usage délictueux, voire criminel des Technologies de l’information et de la communication. Face aux dérives de plus en plus coupables de certains usagers de ces technologies, dérives qui peuvent compromettre la quiétude sociale et même la sécurité de l’Etat,les dispositions de ce projet viennent combler le vide juridiqueliées à la délinquance numérique.

J’espère qu’à l’usage, le texte voté sera à la hauteur de nos attentes et qu’il s’intégrera opportunémentà la riposte globale en la matière lancée par l’UEMOA et la CEDEAO. Cependant, au-delà de ce projet dont le rayon d’action ne couvre pas les usages frauduleux éventuels des TIC en matière électorale, je pense que notre classe politique se doit de parvenir à un consensus tel que ni nos campagnes électorales, ni la vie ordinaire de nos partis politiques ne soient pollués par l’usage détourné des progrès technologiques ! Par-dessus tout, il faut éviter que ces Fake News, ces dangereusesmanipulations de l’opinion à des fins crapuleuses ou avecdes arrières pensées politiciennes, ne perturbentgravement les rapports sociopolitiques dans notre pays.

Si donc la loi qui vient d’être votée ne suffit pas à nous mettre à l’abri de toutes les turpitudes pouvant découler du mauvais usage des TIC, alors, chers collègues, usez de votre droit pour l’améliorer ultérieurement, tenant compte notamment de la rapide évolution technologique dans ce domaine.

L’autre texte sur lequel il me semble utile de revenir est celui rectifiant la loi de finances couvrant le présent exercice budgétaire. En effet, à mon sens, ce collectif est le signe de la vitalité de la gestion de nos finances publiques. Ainsi, en matière de recettes, il s’agissait d’abord,de prendre en compte d’importantes ressources additionnelles internes comme externes et ensuite d’introduire des mesures d’allègement de certains prélèvements fiscaux. En matière de dépenses, le fait saillant est l’inscription de crédits additionnels pour le barrage de Kandadji, pour la sécurité publique, pour l’éducation nationale, pour la préparation de la fête tournante du 18 décembre à Tillabéryet surtout pour l’apurement de la dette intérieure.

En définitive, c’est plus de 106 milliards qui viennent ainsi grossir l’enveloppe budgétaire de l’Etat. La Représentation nationale s’en félicite et en sait gré au Gouvernement pour ces efforts continuels dans la recherche du mieux-être de nos concitoyens.

Efforts qui transparaissent tout particulièrement dans l’importance du nombre de lois de ratification des différents accords de prêts que nous avons adoptés au cours de cette session. Pour le moindre de ces accords, chacun de nous a pu mesurer la charge de travail en amont et surtout l’importance des talents diplomatiques déployés !

S’agissant du contrôle de l’action gouvernementale, l’on notera, que pour la toute première fois au cours de la présente législature, l’Assemblée nationale a examiné une motion de censure. Les débats furent longs, très longs, passionnés et passionnants et, au bout du compte, notre institution, notre démocratie, en sont sortis ragaillardies ! De part et d’autre, l’argumentation était solide, les propos hauts, mais courtois. Opposition et majorité se sont félicitées de la belle opportunité que l’examen de cette motion leur a donnée pourfaire un large panorama de la situation de notre pays.Bref la motion de censure a été discutée dans les formes de l’art !

Outre cet évènement de grande portée démocratique, le contrôle de l’action gouvernementale a pris la forme de nombreuses questions et interpellations parmi lesquelles celles portant sur l’organisation du pèlerinage aux lieux saints de l’islam et sur l’interdiction des déchets plastiques ont retenu l’attention de la grande majorité des députés. Les débats y relatifs furent riches et surtout constructifs avec, à chaque fois, des recommandations fort pertinentes au Gouvernement.

Distingués invités, la motion de censure et les vigoureux débats autour des différentes interpellations de certains membres du Gouvernement ne doivent cependant pas laisser supposer que les relations de la Représentation nationale avec le Gouvernement connaissent des vents contraires ! Bien au contraire, l’Assemblée nationale reconnait et apprécie le courage et la sagesse avec lesquels les affaires de l’Etat sont conduites. Elle se félicite que la compétence et la ténacité du Gouvernement nous aient permis d’éviter tous ces écueils épars sur notre route, qu’ils se nomment terrorisme, crise économique mondiale, aléas climatiques ou pesanteurs socioculturelles. Nous le savons tous, l’environnement naturel et socioéconomique actuel n’est pas des plus engageants ; mais, grâce au sens de responsabilité du Gouvernement, notre pays fait face et poursuit son chemin avec sérénité. L’Assemblée nationale lui souhaite tous les succès possibles !

En parlant de succès, comment ne pas évoquer tous ce que notre diplomatie engrange patiemment, mais résolument. Je veux parler de notre élégante entrée au conseil de sécurité, du récent honneur que ces pairs de la CEDEAO viennent de faire au Président de la République, de la tenue prochaine de la réunion ministérielle de l’Organisation de la Coopération Islamique dans notre pays, je veux surtout parler de ce rêve devenu réalité de l’organisation à Niamey d’une conférence au sommet de l’Union Africaine !

Chers collègues députés, c’est l’occasion pour nous tous d’assumer au mieux notre fonction de représentation en appelantnos concitoyens à prendre la mesure de tous les enjeux de cet important évènement. Il s’agit pour tous les nigériens, particulièrement ceux résidant à Niamey de se dire que sa réussite est l’affaire de chacun.

Notre capitale va accueillir d’éminentes personnalités, il s’agit des principaux dirigeants de l’Afrique et des représentants de haut niveau d’autres continents ! Je pense que la fierté que nous ressentons de voir notre pays ainsi honoré est, à mon sens, une motivation suffisante pour que notre sens inné de l’hospitalité, la légendaire courtoisie sahélienne, la générosité, nous encouragentà faire un bon accueil à chacun de nos hôtes !

Ai-je besoin de rappeler que ce sommet est l’occasion inespérée de dire au monde qui nous sommes ? Non pas,ce pays objet de ces statistiques déshumanisées, mais un pays fait de citoyens à la culture millénaire, de citoyens courageux et résolus face à toutes les adversités, de citoyens armés d’une volonté inébranlable de transformer leurs défis en opportunité !

Nous avons ainsi l’occasion de parler directement au monde sans passer par les lunettes déformantes de certains médias, montrons donc à nos hôtes notre générosité de cœur, cet esprit de charité humaine qui nous a conduit à prévoir le renoncement à notre souveraineté, si cela était la condition pouvant hâter l’avènement de l’unité de notre continent.

Chers concitoyens de Niamey, vous le savez, chez nous l’étranger est une bénédiction, on lui donne ce que l’on a de meilleur. Donc, je ne pense pas qu’il me soit nécessaire d’appeler le chauffeur de taxi, l’hôtesse d’accueil, le restaurateur, le chaland, le boutiquer et tous les citadins à être nos dévoués ambassadeurs auprès de tous ces frères africains qui viennent chez nous par amitié et par solidarité. Soyons donc tous patients, aimables et polis à l’égard du plus humble comme du plus éminent de nos hôtes. Je vous le demande, chers concitoyens, au nom de la Représentation nationale dans son ensemble !

Faisons en sorte que le succès de ce sommet soit à la hauteur des efforts et sacrifices qu’il aura coûtés. C’est ici le lieu de rendre un vibrant hommage à tous ceux qui ont donné forme à ce projet qui semblait au départ un défi hors de notre portée, pour maintes et maintes raisons.

Hommages donc et gratitude à l’endroit de tous ces compatriotes qui lui ont donné vie ; de l’humble manœuvre aux cadres engagés et efficaces, diplomates ou ingénieurs, qui n’ont ménagé ni leur temps personnel ni leur santé pour métamorphoser Niamey et le rendre digne de ses illustres invités.

Hommage et gratitude au Gouvernement dont tous les membres ont cru et soutenu le projet.Hommage et gratitude

infinie au Président de la République SEM IssoufouMahamadoupour lequel mon vocabulaire n’arrive pas à traduire le mérite, le respect et l’estime de nos concitoyens pour avoir lancé et tenu ce pari !

S’agissant du Président, éloges et remerciements sont superflus. Du reste je sais qu’il n’en est pas demandeur ! Donc parler pour dire qu’il a comme toujours tenu parole, que c’est un visionnaire, qu’il est volontaire et résolu, tout cela n’est pas nécessaire car ce qui est évident parle pour soi !Pour paraphraser Camus, je dirai qu’il semble chercher à dépasser la trivialité du quotidien pour nous rendre plus fort quenotre condition…

Depuis 2011, il nous démontre tous les jours que la volonté, comme la foi peut soulever des montagnes, toutes ces montagnes de doute et de déficit de confiance qui handicapent nos projets de grandeur !

Pour autant, il ne nous appartient pas de lui tresser des lauriers, nous laissons cette tâche à l’histoire ; elle le fera comme elle le fait aujourd’hui à DIORI HAMANIet à SEYNI KOUNTCHEdont la justesse de certaines de leurs décisions ne s’était découverte aux nigériens que bienprogressivement.

Quant à vous autres, chers collègues députés, je vous invite à donner à notre classe politique le secret de vos attitudes consensuelles chaque fois que l’intérêt national est en jeu afin qu’elle puisse dépasser malentendus,suspicionset antagonismes pourengager ses membres, chacun dans le rôle que la providence lui attribue, dans le combat contre nos adversaires communs, le terrorisme et tous ces fléaux qui entravent notre marche en avant. Il nous faut tous ensemble travailler pour le retour définitif de la paixafin de réaliser nos rêves de grandeurs !

Notre jeunesse est prête à y contribuer si nous arrivons à la fédérer autour de projets qui exaltent sa fierté. Voyons donc grand, affrontons tous ces obstacles qui semblent nous défier, transformons le climat, creusons des canaux, construisons digues et barrages et libérons nous de l’attentisme et de l’assistanat. Si l’on a pu métamorphoser Niamey en si peu de temps, tout nous est possible. Allons donc résolument au jihad contre la pauvreté et toutes les misères qu’elle traine dans son sillage !

La Représentation nationale et tous ses membres accompagneront le mouvement d’ensemble avec une législation adaptée, dans le cadre d’un parlementarisme rationalisé, j’allais dire d’un parlementarisme de combat.

Cependant, Distingués invités, Mesdames et Messieurs, pour que nos bonnes résolutions deviennent réalité et qu’elles transforment notre pays, des changements structurels et sociaux sont indispensables, particulièrement dans les secteurs éducatif et agricole.

En matière d’éducation, la situation qui perdure depuis plusieurs décennies nécessite des réformesprofondes pour rehausser la qualité de l’enseignement notamment par la responsabilisation de tous les acteurs.

Cela est particulièrement vrai de l’Enseignement supérieur où les grèves se succèdent régulièrement jusqu’à compromettre les années académiques, au grand désarroi de l’opinion publique et des citoyens. En effet lorsque des incidents à caractère personnel ou les plus anodins peuvent déclencher de longs arrêts de cours, c’est que le malaise est d’ordre social.

Au nom de la Représentation nationale, je voudrais en appeler au sens de responsabilité de chacun afin qu’au nom de l’intérêt national l’enseignement supérieur puisse remplir sa mission principale qui est de former l’élite dont notre pays à un besoin criard.

S’agissant de l’Agriculture, il faut se féliciter des changements récents qui s’introduisent progressivement dans le monde rural dont la productivité s’accroit régulièrement, même si le rythme n’est pas encore suffisant pour nous conduire rapidement à la souveraineté alimentaire et nutritionnelle. A cet égard, la Représentation nationale exhorte le Gouvernement à accélérer la mise en œuvre de la politique agricole afin que le secteur contribue davantage à la croissance économique et qu’il puisse créer des emplois plus qualifiés. Comme on l’a dit souvent, il faut travailler à moderniser le système cultural actuel et passer résolument à l’irrigation de masse et à un élevage plus intensif tout en réorganisant les producteurs autour des valeurs de progrès, aux antipodes des pesanteurs actuelles.

Pour l’heure, distingués invités, il nous reste à souhaiter que la campagne agricole qui vient de démarrer puisse combler les attentes du monde rural grâce notamment à la disponibilité des intrants et à leuraccessibilités aux paysans. Il faut égalementsouhaiter que les surfaces cultivées s’accroissent ;dans cette optique, je me dois de renouveler mon appel à l’endroit de mes collègues et de tous les citadins afin qu’ils participent directement à la présente campagne en cultivant au moins un champ personnel.

En espérant être entendu, distingués invités, chers collègues, je déclare close la première session ordinaire de l’année 2019 en remerciant nos partenaires du Gouvernement pour le rôle actif qu’ils ont joué dans son déroulement, le personnel administratif pour son dévouement et la presse pour les rapports fidèles qu’elle fait de nos travaux à nos concitoyens.

Vive la République,

Vive le Niger,

Je vous remercie, la séance est levée.


Onep
02 juillet 2019
Source :  http://www.lesahel.org/

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