Doutes et inquiétudes sur la Présidentielle 2021 : Candidats incertains pour dates incertaines

Image d'illustrationImage d'illustration L'élection présidentielle à venir est sans aucun doute pleine de doutes d'inquiétudes. Outre que les dates semblent s'étirer indéfiniment, conduisant la Ceni de report en report, les candidats, pour la première fois, ne semblent pas certains d'y prendre part. Une situation inédite qui explique et justifie amplement le titre de cet article : " Candidats incertains pour dates incertaines ". Incapable d'exécuter de façon rigoureuse l'agenda qu'elle s'est, elle-même, librement, donné, la Ceni cafouille dans le travail, amalgamant audiences foraines et centres d'enrôlements, installations techniques et.. de l'opérateur, etc. Les audiences foraines sont loin d'être achevées qu'elle se lance dans la localisation de centres d'enrôlement. En fait, la Ceni est prise dans l'étau de sa léthargie et de ses balbutiements de départ. Un constat sur lequel deux éminents membres de la Ceni ont attiré, très tôt, l'attention du président de la Ceni et du gouvernement. Dans un document soutenu, Nafiou Wada et Mariama Katambé ont relevé le retard immense que la Ceni a déjà enregistré dans la mise en oeuvre de son agenda. Mais, leur alerte, louable, a été ignorée et passée pour lettre morte. Le cafouillage a continué, avec en toile de fond un pilotage à vue qui ne cadre pas avec les exigences d'un processus électoral. Le résultat se trouve dans le tripatouillage incessant du chronogramme. Le résultat se trouve dans un récent report de la date de tenue des élections locales, envisagées pour le 29 septembre 2020. Me Sounna, qui a lancé les couleurs de ce nouveau report, avait indiqué, lors d'un point de presse, que le fichier électoral ne sera disponible qu'en juillet 2020.

Le chronogramme actuel ne tient pas la route

Un examen minutieux du chronogramme des élections laisse entrevoir les tâtonnements de la Ceni qui chevauche dans la mise en oeuvre de ses activités si bien que l'on ne sait plus à quel niveau d'exécution réel elle se trouve. Pour certains, c'est un désordre délibérément orchestré tandis que pour d'autres, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une incapacité notoire de l'équipe de Me Sounna Issaka à conduire le processus électoral. Si le fichier est réceptionné en juillet, les élections locales sont improbables en septembre du fait de travaux champêtres qui traînent habituellement jusqu'en octobre. De toute façon, en plus de l'affichage des listes électorales et tout le processus de réclamation et de correction éventuelle, il n'est pas raisonnable de procéder à la distribution des cartes électorales en période de démobilisation générale des populations.

Doutes également sur les candidats

À ce jour, cinq candidats ont été officiellement investis par leurs structures politiques. Hama Amadou de Lumana, Mahamane Ousmane de Tchandji-Hankouri, Seïni Oumarou de Nassara, Mohamed Bazoum de Tarayya ? Mahamane Hamissou de Hakika. En bout de liste, d'autres profils pointent, à savoir ceux d'Ibrahim Yacoubou de Kishin Kassa, du général Salou Djibo et qui sais-je encore. Pour le moment, ils se font investir, avec toutefois un doute persistant : qui sera candidat et qui ne le sera pas ? C'est le flou total, tant des informations dignes de foi parlent d'une opération appelée " secouer le cocotier ". Longtemps agitée et propagée par la rumeur publique, l'opération en question verra des têtes couronnées tomber. 27 dossiers divers seraient déjà au niveau du Parquet et n'attendent que la fin de la conférence UA-ZLECA pour être ouverts. Selon des informations dignes de foi, il y aura des victimes parmi les candidats investis et candidats probables. C'est donc la grande expectative. Une angoisse morbide s'installe, nous a-t-on rapporté, dans certains camps politiques, déstabilisant des acteurs politiques jusqu'ici sereins et confiants.

Laboukoye 

23 juin 2019
Source : Le Courrier

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