Justice : Amadou Salifou perd la manche !

Justice : Amadou Salifou perd la manche ! L’ancien président de l’Assemblée nationale Amadou Salifou, responsable régional du MPR Jamhuriya de Niamey, a perdu la manche devant le Tribunal face à Albadé Abouba, président du parti. Selon une ordonnance rendue, le juge des référés renvoie la cause et les parties devant le Tribunal de Grande Instance Hors classe de Niamey statuant en matière civile et condamne Amadou Salifou aux dépens. Ci-contre l’ordonnance rendue par le juge des référés.

Attendre, nonobstant le démenti apporté par personne interposée, donne lieu à des commentaires qui frisent souvent le sensationnel. Lorsque, par les dires de son porte-parole, il se réserve le droit de se présenter aux prochaines élections, et d’aviser en temps opportun, l’on peut croire qu’il reste en embuscade pour surgir peut-être un autre jour, dans le déroulement du plan d’un deal secret qui le lierait à Issoufou Mahamadou en personne. En nourrissant cette ambition, c’est du moins ce que donnent à croire ses indécisions, l’on ne peut croire au démenti apporté par rapport à un certain nombre d’allégations portées contre lui, relativement à des ambitions présidentielles qu’il nourrirait. Cette intrusion, malgré la sortie du porte-parole du Général, ne peut qu’ajouter aux doutes de Bazoum, même si pour un autre, sur les réseaux sociaux, le débat autour de l’article 47 n’a pas lieu d’être, et que Bazoum serait soutenu par des foules immenses, pourtant invisibles. La candidature de Bazoum semble ainsi être un cocktail explosif qui risque à terme de faire éclater un parti qui n’a pas su gérer avec intelligence, la phase de l’alternance interne, toute chose qui ne peut que rendre encore plus incertaine l’alternance globale pacifique que l’on attend vainement depuis plus de trois décennies que nous sommes en démocratie.

Le temps des cassures ?

Inévitablement, le PNDS ne peut résister aux contrecoups qui l’assaillent depuis des jours, cultivant des contradictions internes insurmontables en son sein. Logiquement, dans les prochaines semaines, voire dans les prochains mois, l’on pourra s’attendre, à la sortie de Massaoudou de ses silences, pour jouer sa survie politique, notamment en se démarquant de « son » PNDS qui l’a humilié et livré à la vindicte de ses adversaires. Sans doute qu’il doit intelligemment – et ce n’est pas l’esprit qui lui fait défaut – préparer sa riposte et ce sera, il va sans dire, le grand coup qui sapera à jamais un parti qui avait cru qu’il pouvait surmonter toutes ses crises, tous ses antagonismes, toutes ses contradictions. Le temps de l’irréparable est arrivé et c’est une donne de laquelle, forcément, le parti de Bazoum doit compter. Ainsi, en plus des oppositions institutionnelles connues, le candidat doit faire face à d’autres oppositions plus coriaces qui sortiront de son environnement politique et elles seront d’autant plus impitoyables, qu’elles connaissent ses faiblesses pour s’en servir à bon compte pour le liquider. C’est peut-être aussi dans cette veine que l’on veut voir ces manipulations sournoises de l’article 47 qui le visent depuis des semaines. Il ne finira pas de faire face à ces nouvelles adversités, qu’une autre qui peut lui paraitre comme celle de la trahison, surgira pour vouloir l’anéantir à jamais. Salou Djibo sortira des bois pour faire face à son destin, avec, ainsi qu’on le redoute, le soutien de celui-là même, qui l’a propulsé au-devant de la scène, en le préférant à Massaoudouqui était en duel avec lui. Et lorsqu’il se rendra compte qu’il n’est qu’un dindon d’une farce, sans doute va-t-il se raviser pour comprendre que sa survie résidera en sa capacité à faire la paix avec des adversaires qu’il a su méticuleusement détestés, pour affronter le système hideux qui se joue de lui. Et, comme cela est déjà arrivé dans le pays, à travers d’autres schémas, Bazoum sera, dans le meilleur des cas, un puissant opposant pour faire face, avec toute l’opposition, à son propre système pour résister et exister politiquement.

La politique est un labyrinthe dans lequel, poussé par des envies ou par des ambitions, il peut être difficile de s’en sortir. Bazoum, depuis des jours, mesure les cruautés des jeux politiques dont il peut avoir minimisé les effets, comptant sur sa philosophie. Pourtant, ce n’est qu’un début et il lui reste encore à voir.

Et la même question revient : les carottes seraient-elles cuites pour lui, définitivement ?

« Time will tell… »

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1er juin 2019 
Publié le 23 mai 2019
Source : Le Nouveau Républicain

 

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Politique