Forfaitt-ORANGE-4G

Après son investiture comme candidat du Pnds Tarayya : Bazoum Mohamed continuera-t-il à diriger le processus électoral ?

Après son investiture comme candidat du Pnds Tarayya : Bazoum Mohamed continuera-t-il à diriger le processus électoral ?Même si l’indépendance de la Commission électorale est consacrée par les textes au Niger, cette institution reste toujours sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Et le fait que son budget provienne essentiellement du gouvernement fait de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) une institution très dépendante du gouvernement. Lorsqu’un ministre de l’Intérieur est candidat à une élection, surtout présidentielle, il se pose un sérieux conflit d’intérêts. Comment un tel ministre peut-il ne pas chercher à mettre les chances de son côté, surtout lorsqu’on est face à une CENI dont beaucoup de membres sont, à tort ou à raison, soupçonnés d’être proches du même parti politique que le ministre concerné ? C’est pratiquement dans ce schéma que l’on se retrouve désormais depuis hier dimanche 31 mars 2019, avec l’officialisation de la candidature du ministre d’Etat chargé de l’Intérieur Bazoum Mohamed. L’homme est, pourrait-on dire, désormais juge et partie. Même si aucun texte n’a interdit cela, le législateur n’ayant sans doute jamais eu à l’esprit qu’un tel cas de figure, peut se présenter au Niger, pour oser le prévenir, il est moralement impropre qu’un candidat déclaré à une élection présidentielle soit continue à trôner à la tête du ministère de l’Intérieur, avec la possibilité de faire des manoeuvres en sa faveur. Même dans les pays occidentaux où les gens observent une certaine éthique et où les institutions ne badinent pas avec leur indépendance, une telle situation est inacceptable.

Quand c’est dans nos pays où trop souvent les gens mettent en avant leurs intérêts personnels avant ceux du pays, cela est très dévastateur.

Il est évident que connaissant le poids réel de ses autres adversaires, Bazoum ne décidera jamais de lui-même de renoncer à cette opportunité qu’il a de prendre une certaine longueur d’avance sur ses challengers. Le Président Issoufou Mahamadou, qui a promis de créer les conditions d’une vraie alternance en 2021, pourra-t-il le faire partir de son gouvernement ou même lui changer de portefeuille ministériel, sans s’attirer son courroux et celui du Pnds Tarayya qu’il semble désormais contrôler totalement ? Les autres partis qui ont des candidats aux prochaines élections, notamment la présidentielle, doivent se battre pour amener le Président Issoufou Mahamadou, en sa qualité d’arbitre central, faire en sorte que les règles du jeu soient scrupuleusement respectées par tous les concurrents et que le meilleur gagne.

09 avril 2019
Publié le 1er avril 2019
Source : Le Canard en Furie

 

Imprimer E-mail

Politique