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Processus électoral : Il n’y aura pas d’élections locales en janvier 2020 au Niger

Processus électoral : Il n’y aura pas d’élections locales en janvier 2020 au NigerC’est presque un truisme de déclarer que le processus électoral nigérien est ankylosé. Tout le monde, pratiquement, sait que le processus électoral est très mal parti et que les élections prévues en début 2020 et courant 2021 sont dans le rouge de l’incertitude.

Ce qui est certain, il n’y aura pas, de l’avis de sources très crédibles qui disent s’appuyer sur le nouveau chronogramme de la commission électorale, d’élections locales en janvier 2020 au Niger.

Un nouveau chronogramme ?

Oui, car la commission électorale de Me Sounna Issaka, un avocat de profession que l’on dit très proche du Président Issoufou, aurait procédé à un recadrage du calendrier électoral sans crier gare. Le chronogramme connu jusqu’ici établit à janvier 2020 la tenue des élections locales, déjà reportées à quatre reprises grâce à une modification circonstanciée de l’ordonnance portant régime des collectivités territoriales. La loi n’autorisant qu’un seul report au départ, elle a été modifiée pour permettre au gouvernement de le faire autant qu’il voudrait. Une modification qui a permis du coup la dissolution anarchique de plusieurs conseils élus qui sont systématiquement remplacés par des administrateurs délégués. Si l’on ne peut réfuter la pertinence des raisons invoquées pour le faire, il reste que ces dissolutions semblent obéir à une sélection politique

.Avec qui la commission électorale a modifié le calendrier électoral ?

De fait, la commission électorale a réaménagé le calendrier électoral en repoussant les élections locales de trois mois. En janvier comme prévu par le chronogramme initial, elles sont désormais programmées pour mai 2020, précisément le12 mai 2020. Un report qui n’a obéi à aucune démarche consensuelle des partis politiques. En outre, reporter ces élections locales constitue, selon une source bien avisée, une violation de la loi puisque la nouvelle mouture de la loi stipule que le nombre de reports cumulés ne doit pas dépasser la durée normale du mandat des conseils élus. En repoussant à mai 2020 la tenue des élections locales, la commission électorale repousse de facto les dates de l’élection présidentielle et des législatives. Selon le nouveau chronogramme, la commission électorale envisage d’organiser les législatives et le premier tour de la présidentielle le 27 décembre 2020. Quant au second tour de la présidentielle, elle est prévue le 21 février 2021. À un peu plus d’un mois de la fin du mandat actuel de Mahamadou Issoufou.

Ce qui est certain, il n’y aura pas, de l’avis de sources très crédibles qui disent s’appuyer sur le nouveau chronogramme de la commission électorale, d’élections locales en janvier 2020 au Niger.

La commission électorale patauge dans un marécage de tâtonnements qui inquiètent au plus haut point.

Le calendrier électoral est, donc, assez corsé pour autoriser la moindre négligence dans l’exécution des activités d’organisation. Pourtant, des indices graves rappellent constamment à quel point le processus électoral nigérien suscite de graves interrogations. Y aura-t-il jamais d’élections aux dates convenues ?

Pour certains observateurs, la commission électorale patauge dans un marécage de tâtonnements qui inquiètent au plus haut point.

« Aucune des échéances électorales du chronogramme établi par la commission de Me Sounna ne sera respectée », confie une de nos sources. Selon lui, le retard sur les étapes préparatoires est si immense qu’il ne peut être rattrapé dans le respect des dates retenues ». « Ce retard, précise-t-il, est de plus de six mois à ce jour ». Dans ce retard qu’il cherche à rattraper coûte que coûte, la commission électorale semble naviguer à vue, s’emmêlant les pinceaux sans trop savoir à quoi elle va aboutir. Les audiences foraines sont un véritable cafouillage. Alors que quelques Nigériens démunis de pièces d’état-civil en ont été pourvus et qu’une bonne partie des registres déjà remplis ne sont pas traités par les juges, une nouvelle quantité de registres d’état civil a été commandée auprès de l’imprimerie Albarka. Ces nouveaux registres ont été placés auprès des chefs de quartier pour continuer l’enregistrement des «citoyens dépourvus de pièces d’état-civil» jusqu’en fin mars 2019. Ce qui veut dire que les audiences foraines vont se poursuivre, au moins, pendant deux mois, voire plus. Or, si les audiences foraines traînent en longueur, elles impacteront forcément le délai fixé par l’opérateur chargé du fichier électoral biométrique pour réaliser et livrer ledit fichier.

Selon l’opérateur technique retenu, il faut un délai de 16 mois pour réaliser le fichier biométrique

La signature avec l’opérateur retenu par le pouvoir, GEMALTO, une société à laquelle certaines opinions prêtent une réputation sulfureuse dans ce domaine n’est intervenue que le 21 février 2019. Avec mois de retard, même suivant le nouveau chronogramme de la commission électorale. Un retard qui semble gêner au point où rien n’a été dit officiellement sur le délai de réalisation du fichier électoral biométrique lors de la signature, ni par l’opérateur ni par la commission de Me Sounna. Pourtant, GEMALTO a bien communiqué au gouvernement et à la commission électorale le délai dans lequel, dans le meilleur des cas possibles, il pourrait le faire. Ce délai est de 16 mois, à condition qu’il n’y ait pas de retard quelconque dans l’évolution du travail. Problème ! Jusqu’à la date du 9 mars 2019, l’avance de 30% du montant convenu dans le contrat fixé à 19 milliards de francs CFA n’a toujours pas été versée à GEMALTO. Or, le démarrage de son travail est suspendu à la fois à ce paiement et à la fin des audiences foraines. Du moins, en principe. Le montant du contrat est d’ailleurs une autre source d’interrogations. Selon une source qui a eu à plancher sur les différentes offres, 19 milliards, c’est pratiquement, la moitié de l’offre du moins disant des concurrents sérieux.

Dans l’hypothèse la plus heureuse, il faut attendre fin juin 2020 pour disposer du fichier électoral biométrique

Les perspectives qui se dessinent sont plutôt chargées d’inquiétudes. Dans l’hypothèse la plus heureuse, il faut attendre fin juin 2020 pour disposer du fichier électoral biométrique alors que le nouveau chronogramme fixe la tenue des élections localesau 12 mai 2020. En conséquence, si les élections locales ne peuvent se tenir qu’en septembre (les mois de juillet et août étant mal indiqués pour des élections dans notre pays pour cause d’hivernage et de travaux champêtres), il faut considérer que les législatives et le premier tour de la présidentielle ne pourront avoir lieu, dans le meilleur des cas, qu’en mars 2021. Mais le plus inquiétant est ailleurs, dans l’impression de plus en plus forte que le processus électoral a du plomb dans l’aile et que c’est planifié.

Voici le chronogramme des élections. À moins, et c’est prévisible, que la commission électorale déclare l’impossibilité pour elle de respecter ce chronogramme. Ce qui, de fait, va installer le Niger dans une situation à la Kabila.

1. ÉLECTIONS LOCALES
  • Campagne électorale : du 1er mai au 10 mai 2020
  • Tenue du scrutin : 12 mai 2020

2. LEGISLATIVES ET 1ER TOUR PRÉSIDENTIELLE

  • Campagne électorale : du 6 décembre au 25 décembre 2020
  • Tenue des scrutins : 27 décembre 2020

3. PRÉSIDENTIELLE 2e tour

  • Campagne électorale : du 2 janvier au 19 février 2021
  • Tenue du scrutin : 21 février 2021

Laboukoye  

24 mars 2019
Source : Le Courrier

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Politique