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MNSD Nassara : Grandeur et décadence

MNSD Nassara : Grandeur et décadenceLe MNSD était au départ un mouvement qui devait réunir dans un même creuset toutes les filles du Niger. Les initiateurs de ce mouvement, au premier rang desquels le président Kountché, étaient dans une logique de parti unique très à la mode en ces temps. Le Niger avait, à l’instar du Zaïre et du Togo, une voie de développement exclusivement africaine. La particularité est que le modèle repose sur des leviers purement locaux : la samaria au Niger. A la mort du président Kountché, son successeur, le défunt général Ali Saibou, mettra toutes les structures en place, organisera un référendum qui aboutira à la naissance de la deuxième République. A peine installée, elle sera balayée par la conférence nationale. L’installation, au début des années 90, du multipartisme permettra au Parti-Etat de devenir un parti, le plus important du pays. Il aurait fallu une coalition, l’Alliance des Forces du Changement, pour barrer la route au Nassara.

Après plusieurs péripéties, l’ancien parti-état parviendra, par les urnes, au pouvoir. Leur champion deviendra, en 1999, président de la République. Tandja sera réélu en 2004 pour un second mandat à l’issue duquel il doit quitter le pouvoir. Au cours de ce deuxième mandat, le président Tandja se séparera deson compagnon et premier ministre. Il enverra Hama Amadou en prison qui créera, avec d’autres cadres du MNSD et pas des moindres, un parti politique. Empêtré dans ces problèmes, le président Tandja décidera de s’octroyer un bonus de trois ans. Il organisera un référendum. En février 2010 un coup d’état militaire mettra fin à la sixième République et le pouvoir du MNSD. Toujours premier parti politique aux différentes élections, le MNSD sera rétrogradé à la deuxième place au cours des élections de 2011. En 2016 le parti arrivera troisième. Il faut rappeler qu’entre temps, le secrétaire général du parti, AlbadéAbouba, a quitté, avec des amis, le MNSD. C’est de la dégringolade.

Depuis quelques temps, la situation empire. En prévision au congrès du parti prévu le 23 mars 2019 à Tahoua, le renouvellement des structures pose problème. Samedi dernier, le renouvellement de la section de la région de Niamey a failli tourner au drame. Le vice-président de cette section et président de la sous-section de la commune cinq, Issoufou Tamboura et plusieurs autres membres du bureau sortant de la section de Niamey n’ont pas reçu de mandat pour le renouvellent. Tamboura informé se pointera, avec certains de ses soutiens, au CCOG, lieu de la réunion. Il voulait simplement protester. Sa tentative de prise de parole tournera court. Les esprits chauffèrent et des coups de poing furent échangés. Le salut de Tamboura et ses soutiens viendra des policiers en faction au Centre Culturel Oumarou Ganda. Un des soutiens de Tamboura a été sérieusement molesté. Le président Tamboura a porté plainte. L’affaire sera probablement traitée mardi prochain.

SANDA 

15 mars 2019
Source : Le Nouveau Républicain

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Politique