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Conférence sur la violence sexuelle en milieu scolaire et dans l’administration : « En milieu scolaire les femmes et les filles évoluent dans un contexte largement défavorable à leur épanouissement » affirme Madame Fatou Aw Sidibé

Dans le cadre de la célébration de la journée Internationale de la femme, une conférence a été organisée le vendredi 8 mars dans l’amphithéâtre de l’IFTIC, par l’Alliance des Jeunes pour un Développement Endogène (AJDE). La conférence a été animée par Madame Fatou Aw Sidibé sur le thème « Violences sexuelles en milieu scolaire et dans les administrations publiques et privées : Défis et perspectives ».

D’entrée de jeux, Mme Fatou Aw Sidibé a rappelé les contextes de violences faites aux femmes. Ces violences peuvent être, selon la conférencière, exercées dans tous les domaines de la vie : travail, couple, famille, école, rue, milieu hospitalier, transports. « Elles prennent la forme de violences physiques, psychologiques, économiques, administratives, verbales, et peuvent être exercées ponctuellement ou sur des périodes très longues », a-t-elle ajouté.

Parlant de la violence sexuelle, la conférencière explique qu’il s’agit de toute violence à l’encontre des femmes qui a pour cible sa sexualité. Elle a ensuite souligné que le viol est un crime qui est défini par le Code pénal comme ‘’tout acte sexuel, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise (si la femme est endormie, droguée, alcoolisée, faible à cause d’un handicap, terrorisée par la contrainte ou les menaces, paralysée par l’aspect incontrôlable et incompréhensible de l’agression)’’. Mme Fatou Aw Sidibé a par ailleurs fait cas des autres formes de violences sexuelles qui selon elles sont toutes les autres formes d’agressions sexuelles, commises sur mineure ou majeure, avec ou sans attouchement : « agression sexuelle», «atteinte sexuelle», «exhibition sexuelle». « Toutes sont punies sévèrement par la loi, quel que soit le lien existant entre agresseur et victime », poursuit-elle.

« En milieu scolaire les femmes et les filles évoluent dans un contexte largement défavorable à leur épanouissement » soutient la conférencière car l’école n’assure plus la sécurité des filles et des femmes. Elle engendre des disparités qui perturbent toutes leurs vies. Selon Mme Fatou, les femmes et les filles sont confrontées à un certain nombre de violences en milieu scolaire et cela n’est pas sans conséquences à court et long termes sur leur vie. La conférencière précise que la violence « peut prendre la forme de châtiments corporels, d’abus sexuel (avances sexuelles, attouchements), de négligence, de maltraitance verbale ou psychologique, de violence entre enfants de bande ou de harcèlement. Elle a des conséquences préjudiciables sur les individus et même sur la société ».

Selon la conférencière, ces violences que subissent les filles à l’école, affectent leur apprentissage, leur personnalité et même leur avenir. Cela se traduit souvent par un déclenchement des comportements de violence chez eux ; l’abandon de l’école ; la détérioration de l’estime de soi ; les troubles de la personnalité des élèves qui amènent à poser des actes anti sociaux. Pour prévenir ces violences faites aux femmes, la conférencière rappelle que l’Etat comme les Organisations de la société civile ont des rôles importants à jouer au sien des écoles et de l’administration : « Ils protègent les citoyens en général, les filles et les femmes en particulier contre la violence au sein de l’école et de l’administration en leur offrant un environnement sûr » précise Mme Fatou Aw Sidibé. En outre selon toujours la conférencière, ces institutions doivent être par excellence attentives aux besoins de toute la population dont les filles et les femmes. A cet effet, elles font de l’éducation et de la culture de la responsabilité citoyenne des outils importants pour combattre les violences basées sur le sexe.

La conférencière indique l’école de par sa mission prépare des femmes et des hommes respectueux des valeurs humaines par le changement de comportement des enfants. Ce qui aura aussi à court et long termes un impact qualitatif sur les familles et les communautés. Partant de cette mission, l’école ne devrait pas être un lieu de violence pour les individus qui la fréquentent. A la fin de son expose, la conférencière a énuméré un certain nombre d’actions à mener afin de combattre les violences sexuelles dans le but de créer un environnement scolaire rassurant. Il s’agit de «la sensibilisation, l’information et la formation des enseignants et des élèves sur la non-violence ; l’introduction de méthodes disciplinaires non violentes et non sexistes, la mise en vigueur d’une législation scolaire conséquente ».

Pour arrêter ce fléau social, la conférencière a proposé entre autres « la lutte contre l’impunité en mettant en place des institutions répressives avec compétences et ressources suffisantes, l’accès facile à la justice et aux soins; la sensibilisation des parents, leaders, enseignants par l’APE, les AMES, les COGES et les citoyens dans le cadre de la lutte contre la stigmatisation ; l’utilisation des medias pour des émissions sur la culture de la paix et de la citoyenneté responsable et enfin bannir les règlements à l’amiable ».

Issoufou Adamou Oumar (ONEP)

11 mars 2019
Source : http://www.lesahel.org/

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