Crise politique en Côte d’Ivoire et au Mali Alassane Ouattara et Ibrahim Boubacar Keïta donnent de leçons de démocratie à Issoufou Mahamadou

Il y a quelques jours, le climat politique de la Côte d’Ivoire s’est dégradé avec la rupture intervenue entre le Président de la République Alassane Ouattara et le celui de l’Assemblée nationale Guillaume Soro. Ce dernier a été contraint de démissionner, suite à son refus de s’afficher comme membre du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), le principal parti de la mouvance présidentielle. Quelques jours seulement après avoir remis sa démission, l’ancien chef rebelle Guillaume Soro s’est répandu dans les médias pour dire tout le mal qu’il pense d’Alassane Ouattara, accusant même ce dernier de lui avoir maintes fois manqué de respect. Mieux, pour sans doute défier son ancien partenaire, le même Soro Guillaume s’est rendu dans sa région natale de Ferkessédougou, où il a eu un accueil de grand jour, avant de se rendre à Daoukro pour y rencontrer l’ancien Président de la République Henri Konan Bédié, un autre opposant affiché d’Alassane Ouattara. Malgré toutes ces «provocations» à l’endroit du Chef de l’Etat ivoirien, l’ancien Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire n’a pas été inquiété dans ses mouvements et a continué à garder sa sécurité que l’Etat de Côte d’Ivoire a mise à sa disposition. Au Mali, depuis les dernières élections présidentielles, le Président réélu Ibrahim Boubacar Keïta et son principal opposant Soumaïla Cissé se regardaient comme chien et chat. Considérant que le premier a été réélu suite à un «hold-up» électoral, le second a refusé de reconnaître sa victoire. Mais, selon Radio France Internationale (Rfi), les deux hommes ont fini par se rencontrer ce mardi 26 février 2019, afin sans doute de se parler et de faire baisser la tension politique dans un Mali déjà confronté aux problèmes sécuritaires et qui a plus que besoin de l’unité de ses filles et de ses fils. Vues du Niger, la situation de la Côte d’Ivoire et celle du Mali sonnent comme des leçons de démocratie aux hautes autorités du pays, principalement le Président de la République Issoufou Mahamadou. C’est dans ce Niger et sous le régime du Président Issoufou Mahamadou qu’un Président de l’Assemblée nationale Hama Amadou a été dépouillé de sa sécurité que l’Etat a mise à sa disposition, parce que tout simplement son parti s’était retiré de la mouvance présidentielle.

Même des sociétés privées de sécurité avaient été mises en garde ne pas lui offrir leurs services. Aussi, depuis la rupture de leur alliance et même quand Hama Amadou a été son principal challenger à l’élection présidentielle de 2016, le Président Issoufou Mahamadou n’a jamais daigné rencontrer le chef de file de l’opposition dans l’optique de décrisper le climat social, tout aussi tendu au Niger. Même le Conseil national de dialogue politique (Cndp), qui constitue un cadre plus ou moins formel de discussions politiques, n’est toujours pas arrivé à créer les conditions d’une rencontre apaisée entre les partisans du Président Issoufou Mahamadou et ceux de Hama Amadou. Le pays continue à vivre dans un climat de profond antagonisme entre les deux groupes qui se vouent une animosité dont Dieu seul connait les limites.

Dan Madougou 

09 mars 2019
Publié le 27 février 2019
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

 

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