Crise au sein du Pnds pour la désignation du candidat à la présidentielle : Hassoumi Massoudou a-t-il fait le "mort" ou cédé à un vulgaire chantage ?

Crise au sein du Pnds pour la désignation du candidat à la présidentielle : Hassoumi Massoudou a-t-il fait le Crise au sein du Pnds pour la désignation du candidat à la présidentielle Hassoumi Massoudou a-t-il fait le "mort" ou cédé à un vulgaire chantage ? Face à plus puissant que soi, il faut savoir se tenir ou périr. Limogé du gouvernement le 31 janvier 2019 alors qu’il menait une course à l’investiture du Pnds contre Mohamed Bazoum, Hassoumi Massoudou a déclaré, à une délégation de l’OFT [Ndlr : Organisation des femmes Tarayya] comprenant l’épouse de son ancien challenger, que « le linge sale se lave en famille et qu’il a été lavé en famille ». Mieux, l’ancien ministre des Finances a ajouté que « la parenthèse est fermée » et « qu’ils allaient travailler ensemble pour le bien du parti ». Une déclaration saluée au sein du Pnds comme l’expression de la capacité des militants de ce parti à transcender les divergences et à surmonter les obstacles pour préserver l’essentiel. Pourtant, il y a tant à dire sur cette sortie médiatique de Hassoumi Massoudou que l’on doit, selon des sources multiples, à l’intrusion de quelques chefs traditionnels dans le champ politique. Outre la mine patibulaire qu’affichait Hassoumi Massoudou lors de cette déclaration, nombre d’observateurs s’interrogent sur la nature de la médiation qui a permis d’aboutir à ce que d’aucuns considèrent comme une abdication de l’ancien prétendant à l’investiture de son parti pour l’élection présidentielle prochaine. A cette déclaration d’abdication de Hassoumi Massoudou a succédé le témoignage, quelque peu boiteux, d’Aichatou Kané Boulama qui indique « qu’il y a eu quelques brèches au sein du Pnds mais qu’elles ont été rapidement colmatées et que le margouillat n’a pu s’incruster ». Tout, dans ces déclarations, sonne comme une sorte de déclaration imposée par le rapport de force interne, le Président Issoufou ayant pris fait et cause pour le candidat Bazoum. Du moins, jusqu’à preuve du contraire. Alors, Hassoumi a-t-il choisi de faire le mort ou a-t-il cédé à un chantage ? Déjà, avant son retour au pays, des bruits ont couru que le secrétaire général du Pnds serait sous le coup d’une menace d’arrestation si jamais il osait faire le dur. Le texte publié sur les réseaux sociaux par maintes sources laissant entendre que Hassoumi Massoudou a mis en avant des intérêts financiers sordides au détriment des intérêts de l’Etat était une piste de ces menaces d’emprisonnement.

Aujourd’hui que « le linge sale a été lavé en famille » et que « la parenthèse est fermée », des sources qui disent connaître les moeurs du régime soutiennent que l’ancien ministre des Finances a cédé au chantage d’avoir affaire avec la justice s’il persiste à se mettre en travers de la voie tracée par le Président Issoufou. Dasn cette logique, il est probable que les chefs traditionnels ayant fait la médiation ont dû appeler Hassoumi Massoudou a plus de réalisme et de sagesse pour ne pas se retrouver derrière les barreaux. Une hypothèse crédible lorsqu’on apprécie le post de la dame Aïchatou Kané Boulama, pourtant perçue comme une adversaire acharnée à la candidature de Mohamed Bazoum. Du reste, la lettre de Pierre Foumakoye Gado aux instances du Pnds indiquant que la candidature de Mohamed Bazoum est l’émanation du président de la République, a de quoi briser nombre d’oppositions au sein du parti.

Hassoumi Massoudou, que l’on crédite d’une intelligence certaine, a-t-il plutôt choisi de faire le mort en attendant de pouvoir affronter le diktat de Mahamadou Issoufou ? C’est une posture probable et qui n’est pas forcément à l’opposé de la première. Céder au chantage en attendant des heures plus propices pour relever la tête et mener le combat peut être une stratégie porteuse. Car, dans cette aventure, l’ancien ministre des Finances n’est pas seul. Tous ceux qui, par sympathie ou par opposition à la candidature de Bazoum, ont décidé de rallier sa candidature, ont fait profil bas depuis que, ouvertement, Foumakoye Gado a écrit que c’est bien le président de la République qui a proposé la candidature du ministre de l’Intérieur. Les choses sont donc floues au sein du Pnds où, manifestement, les colmatages vont continuer jusqu’au congrès extraordinaire d’investiture de Mohamed Bazoum. Et peut-être au-delà.

Doudou Amadou 

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