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Syndicalisme : Les enjeux des élections professionnelles

La Commission nationale des élections professionnelles (CONEP) a remis le vendredi 1er mars dernier, au Premier ministre, Chef du Gouvernement, SE Brigi Rafini, le fichier électoral pour les élections professionnelles, prévues pour se tenir, à la fin du mois de mars 2019. Quelque 185.542 électeurs sont inscrits sur ce fichier. Les élections professionnelles comportent plusieurs enjeux à la fois pour les pouvoirs publics que pour les centrales syndicales.

En plus du fait qu’elles permettront au Niger, d’améliorer son image au plan international, les élections professionnelles permettront aussi, sur le plan national, d’avoir des organisations professionnelles des travailleurs assez représentatives. En effet, à un moment où on observe un foisonnement de centrales syndicales dans le pays (une vingtaine de centrales syndicales, composée des centaines de syndicats membres), il est plus que nécessaire que ces élections se tiennent. Elles aideront les pouvoirs publics, qui ont opté pour la promotion du dialogue social, d’avoir face à eux des centrales syndicales efficaces mobilisatrices et surtout représentatives. L’enjeu aussi de ces élections pour les pouvoirs publics, c’est de pouvoir se déterminer sur la légitimité des centrales syndicales.

Une fois que les élections sont organisées, les pouvoirs publics pourront voir laquelle des centrales a le plus de travailleurs derrière elle et avec laquelle il faut dorénavant discuter et arrêter un certain nombre de décisions. Pour les centrales syndicales, c’est évidemment l’occasion de conforter cette légitimité. L’autre enjeu est existentiel. Etant donné que les centrales syndicales sont des structures qui existent par les textes constitutionnels et reçoivent des subventions avec des fonds publics, l’Etat doit savoir qui il subventionne et comment sont gérées les ressources des contribuables nigériens. En effet, il y a des subventions, annuelles, qui sont accordées pour faciliter le fonctionnement de ces structures, tant par l’Etat que par un certain nombre de ses démembrements, notamment la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE).

Il est donc clair qu’une fois que ces élections sont organisées et qu’on aurait déterminé les centrales les plus représentatives, à un moment donné un choix devrait certainement s’opérer. Ainsi, il y aura sûrement et certainement de ces centrales, qui ne pourront plus bénéficier de subventions de la part de l’Etat et ou de ses démembrements. Un autre véritable enjeu de ces élections, c’est qu’elles participent de la gouvernance dans les activités du monde syndicale. Car avec ces élections professionnelles, qui s’étendent sur l’ensemble du territoire national, les différentes centrales syndicales candidates, doivent avoir, une véritable assise populaire auprès des travailleurs pour engranger des voix et donc être assez représentatives pour être pris en compte. En effet, il ne suffit pas d’avoir une représentation ou un siège à Niamey, aussi faut-il pouvoir mobiliser des électeurs.

Mahamadou Diallo (onep)

06 mars 2018
Source : http://www.lesahel.org/

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Politique