Guerre d’invectives et de menaces sur les réseaux sociaux : Le Pnds s’enlise dans la crise

 Guerre d’invectives et de menaces sur les réseaux sociaux : Le Pnds s’enlise dans la criseCes dernières semaines, les yeux des Nigériens sont braqués sur le Pnds Tarayya où l’horloge semble avoir été quelque peu déréglée. Ça tourne vite et même très vite, pour ne pas avoir le tournis. Du 31 janvier 2019 à la fin de ce mois de février, que d’évènements qui se succèdent au gré des agendas politiques, connus ou secrets, des uns et des autres, mais aussi au rythme des humeurs et des ressentiments des partisans des camps en présence. Le limogeage brutal de Hassoumi Massoudou du gouvernement, le 31 janvier, puis la désignation par le président de la République en personne, de Mohamed Bazoum comme candidat du Pnds Tarayya à l’élection présidentielle prochaine, le 18 février, et enfin l’aveu de Hassoumi Massoudou qui prétend que la parenthèse est désormais fermée, le 22 février, laisse supposer que « le linge sale a été lavé en famille » et que tout est désormais rentré dans l’ordre. Et pourtant, des choses se passent qui indiquent que tout ne semble pas baigner dans l’huile et que les militants du Pnds sont loin de vivre dans le meilleur parti politique possible. Selon des sources dignes de foi, le parti rose est au bord de l’implosion, miné par une guerre de clans sans merci. Invectives, insultes, menaces de représailles et même de mort, les audios qui circulent sur les réseaux sociaux donnent la mesure du climat délétère qui règne au sein du Pnds. Les camps en conflit ne se font aucun cadeau. Dans cette guerre de déclarations tapageuses et violentes auxquelles se livrent les militants, les gros bonnets du parti ne semblent nullement gênés et interpellés. Ils gardent un silence troublant, comme pour dire qu’ils sont impuissants pour y mettre fin ou qu’ils en sont les commanditaires. Tantôt, c’est un partisan de Mohamed Bazoum qui s’en prend à un détracteur, tantôt c’est quelqu’un d’autre qui «descend» proprement le candidat déclaré du Président Issoufou. Les relations au sein du Pnds semblent de plus en plus tendues, le feu couve, comme s’il y a, derrière, une main invisible qui l’attise.

La liquidation politique de Hassoumi Massoudou n’est que la face visible de l’Iceberg

La guerre d’invectives, d’insultes et de menaces en cours au sein du Pnds est la preuve que la liquidation politique de Hassoumi Massoudou n’est que la face visible de l’Iceberg. Si nombre de militants du Pnds ont cru de bonne foi que cela suffirait à mettre un terme à la crise qui secoue le parti, ils en ont pour leurs comptes. Ils sont fondés à le croire puisque Mohamed Bazoum n’a, en principe, plus de concurrent au sein du Pnds pour l’investiture du parti qui est déjà calée au 31 mars prochain. Et la lettre de Pierre Foumakoye Gado renseignant que la candidature du ministre de l’Intérieur est l’émanation du président de la République, est venue pour tout cimenter. On dit par ailleurs que nombre de pontes du parti au pouvoir se sont, bon gré mal gré, ralliés à ce choix de Mahamadou Issoufou. Or, tout semble faire croire que les différents actes posés, y compris la décision du Président Issoufou d’adouber Mohamed Bazoum, ne sont que des colmatages, pour reprendre le mot de la ministre du Plan, Aïchatou Kané Boulama.

Le congrès extraordinaire d’investiture de Mohamed Bazoum, qui s’annonce comme une simple formalité, risque d’enregistrer une candidature spontanée, voire deux.

Si le pôle de la crise qui secoue le Pnds Tarayya semble avoir été déplacé depuis que Hassoumi Massoudou a été écarté du chemin de Mohamed Bazoum, il n’en reste moins vrai que la médiation des «chefs traditionnels» pour recoller les morceaux entre l’ancien ministre des Finances et le président de la République, est perçue comme un pavé dans la mare. À l’initiative de qui cette médiation a été conduite ? Le décryptage des propos de l’ancien ministre des Finances, à l’occasion de la visite d’une délégation de l’OFT [Ndlr : Organisation des femmes Tarayya], corrélés à la tension qui monte crescendo au sein du Pnds, révèle que le ver est toujours dans le fruit. Selon une source crédible, les militants du Pnds doivent s’attendre à des épreuves encore plus difficiles dans les prochains jours et/ou semaines. Le congrès extraordinaire d’investiture de Mohamed Bazoum, qui s’annonce comme une simple formalité, risque de se transformer en une foire d’empoigne terrible. Trop d’aspects importants de la crise qui couve au sein du parti rose demeurent insaisissables. Selon une source interne au Pnds, le congrès extraordinaire pourrait enregistrer une candidature spontanée, voire deux.

On soupçonne des manœuvres sournoises visant à opposer au dernier moment à Bazoum, un Brigi Rafini, un Sani Issoufou dit Abba, le fils du président de la République et non moins directeur de Cabinet, et même un Hassoumi Massoudou.

La guerre d’invectives qui a cours sur les réseaux sociaux corrobore cette éventualité. Outre Mohamed Bazoum, le candidat déclaré et adoubé par le Président Issoufou, on soupçonne des manœuvres sournoises visant à opposer au dernier moment à Bazoum, un Brigi Rafini, un Sani Issoufou dit Abba, le fils du président de la République et non moins directeur de Cabinet, et même un Hassoumi Massoudou que certains esprits farouches considèrent toujours comme étant en selle. S’ils doivent être rassurés par la position officielle du Président Issoufou, les partisans de Mohamed Bazoum restent pourtant les principales sources de ces soupçons incommodes. Plus on s’achemine vers l’épilogue de la crise, plus elle semble se complexifier et présenter de nouveaux défis. Mohamed Bazoum, qui doit être l’homme le plus heureux du Pnds, serait pourtant habité par l’angoisse du lendemain, incertain que Mahamadou Issoufou tiendrait parole jusqu’au bout. Le congrès d’investiture est-il en mesure de mettre un terme à la crise ? Rien n’est acquis à l’avance, le temps qui sépare de l’élection présidentielle étant de deux ans. Deux années au cours desquelles beaucoup d’eau passera certainement sous les ponts.

Laboukoye

04 mars 2018
Source : Le Courrier

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