Congrès extraordinaire d’investiture du PNDS-Tarayya : Course prématurée pour la succession du Président Issoufou

Congrès extraordinaire d’investiture du PNDS-Tarayya : Course prématurée pour la succession du Président IssoufouAlors même que le Président Issoufou Mahamadou n’a pas encore fêté le troisième anniversaire de son accession au pouvoir dans le cadre de son second quinquennat, une course effrénée pour sa succession est engagée. Prématurée, elle cache les multiples actions réalisées par le Président de la République au profit de la population, tout en focalisant les esprits sur des enjeux qui sont pour l’instant mineurs. Le 31 mars prochain, le PNDS tiendra son congrès extraordinaire d’investiture à Niamey. C’est ce qui a été décidé à l’issue de la réunion du Comité exécutif national ténue le samedi 16 février dernier à Niamey. Quels sont les véritables enjeux de ces assises ? Le candidat désigné pourra t-il maintenir l’unité et la discipline au sein du parti ? Le Président de la République, bien qu’au-dessus de la mêlée, a-t-il dit son dernier mot sur cette question qui suscite beaucoup d’inquiétudes chez les militants ? Autant de questions qui taraudent les esprits et qui font l’objet de nombreuses analyses, les unes plus subjectives que les autres.

Une semaine seulement après la dé- signation par le Comité exécutif national du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme de leur candidat officiel pour les présidentielles de 2021, l’instance suprême du PNDS accélère la procédure. En effet, le comité exécutif du Pnds-Tarayya envisage de tenir son congrès d’investiture le 31 mars 2019 à Niamey. Celui-ci doit en principe entériner le choix porté sur le président du parti, Mohamed Bazoum, comme candidat aux prochaines élections présidentielles. Ce congrès permettra de fixer les militants sur le choix du candidat officiel du parti mais aussi de clore définitivement le débat sur cette question.

Il aura aussi le mérite d’huiler à temps la machine électorale en vue de la conservation du pouvoir en 2021. Seulement, la précipitation avec laquelle la procédure est engagée à son revers. Car à deux ans des élections, les maquettes les plus improbables peuvent se jouer et compromettre tous les calculs. C’est cela la crainte de nombreux observateurs qui assimilent cet empressement à des inquiétudes quoique inavouées.

Au sein des structures du parti, il est vrai que le débat sur la question de la succession n’est véritablement pas engagé et aucune voix autorisée n’est sorti publiquement pour éclairer la lanterne des militants et au-delà l’opinion publique. Cela a permis l’afflux des folles rumeurs sur l’état de santé du parti. Pour les détracteurs du parti, on avance l’idée selon laquelle la désignation du candidat aux présidentielles à trois ans des élections est l’œuvre de quelques membres influents du parti. Elle n’est pas le résultat d’un consensus mais d’une ‘’imposition’’. Les décisions, dit-on, viennent du sommet du parti mettant du coup le militant devant le fait accompli. A défaut d’une version officielle sur l’état de santé du parti, l’opinion se fie aux ragots distillés à dessein. Ce ne sont que des ragots, bien entendu !

L’issue du congrès d’investiture du 31 mars prochain donnera un aperçu très limpide sur le climat politique d’avant les présidentielles de 2021. Cela permettra de mesurer les chances des réussites des partis politiques en fonction de leur état de santé. Pour le PNDS, l’enjeu est de préserver la cohésion du parti, indispensable pour la conservation du pouvoir.

Le candidat désigné, qui qu’il soit, aura à relever de nombreux défis. D’abord, le défi de taille à trait au maintien de la cohésion au sein du parti. De sa création à ce jour, le parti n’a fait que progresser en terme de mobilisation des militants. Cela, de l’avis de nombreux observateurs, n’a été possible que grâce aux qualités du président Issoufou. A la tête du parti, Issoufou Mahamadou a su maintenir l’unité et la discipline au sein du Pnds Tarayya. Même ses pourfendeurs sont unanimes sur ses qualités humaines surtout son sens de leader. Et ce sont ses valeurs humaines combinées à la loyauté des militants qui justifient les réussites du parti.

Ensuite, le second défi est relatif à la discipline. Sur ce point, le candidat désigné a intérêt à veiller sur la discipline tout en cultivant l’esprit de tolérance. Car le parti a plus de chances de remporter les élections quand il l’affrontera dans l’unité. Pour le moment, le parti se porte bien.

Aussi, il faut dire que même si aucune voix dissidente ne s’est prononcée de façon officielle sur la désignation du candidat aux présidentielles, les observateurs estiment que le moment est inopportun pour mettre sur la table la question de la succession du Président Issoufou. A l’heure actuelle, le débat qui vaille c’est celui de la réussite du sommet des Chefs d’Etat de l’Union Africaine. Un événement parrainé par le magistrat suprême et auquel il tient. Au-dessus de la mêlée, le Président Issoufou est préoccupé par le déroulement de son programme politique. C’est sur ce point qu’il doit être soutenu afin qu’il concrétise ses promesses électorales. Toutefois, l’on pense qu’il n’a pas dit son dernier mot sur cette question vitale pour la conservation du pouvoir par le parti ?
M.H

04 mars 2019
Publié le 19 février 2019
Source : L'Actualité

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