Hama Amadou, Hassoumi Massaoudou et l’ivoirien Soro Guillaume : Tous lâchés par leurs amis politiques !

HHama Amadou, Hassoumi Massaoudou et l’ivoirien Soro Guillaume : Tous lâchés par leurs amis politiques !Entre l’ancien Premier ministre du Niger Hama Amadou, l’ancien ministre des finances nigérien Hassoumi Massaoudou et leur jeune frère et ancien Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire Soro Guillaume, il y a comme une sorte de croisement des sorts sur le plan politique. Tous ont été lâchés par leurs amis, à un moment où ils n’avaient pourtant besoin que de leur petit coup de pouce pour accéder à la plus haute fonction de l’Etat.

En 2007, alors qu’il s’apprêtait à lui succéder à la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, qui arrivait à son terme en 2009, l’ancien Premier ministre Hama Amadou fut lâché par son vieil ami politique Tandja Mamadou. Sans avoir apparemment, rien vu venir, il fut emporté par une motion de censure, largement votée par des députés de sa propre majorité qu’il qualifia, sous l’effet de l’amertume, de «majorité sans âme». Le coup fut, on ne peut plus, fatal pour Hama Amadou qui vit ainsi son rêve de devenir Président de la République se briser comme une brique en argile sous les pneus d’un véhicule. Il fallait donc tout reprendre à zéro pour cet homme dont personne ne pouvait douter de la forte expérience et du charisme pour présider aux destinées du Niger.

En ce début de l’année 2019, deux autres acteurs politiques, un nigérien et un ivoirien, ont aussi vu leurs rêves d’accéder à la magistrature de leur pays, sérieusement brisés par des amis politiques dont ils n’attendaient, tout comme pour Hama Amadou avec Tandja Mamadou, qu’un petit coup de pouce. Le nigérien est le désormais ancien ministre des finances Hassoumi Massaoudou. Après un parcours de plus de 40 ans et ayant constaté que son ami et Président de la République Issoufou Mahamadou tend vers la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, lui aussi a voulu, comme pour le cas de Hama Amadou, se lancer dans la course à la succession de son ami. Mais à sa grande surprise et pendant qu’il effectuait une visite de travail à l’intérieur du pays, Hassoumi Massaoudou apprit la décision de son ami de l’exclure son gouvernement, histoire de lui couper les «vivres» et le freiner dans sa course vers le fauteuil présidentiel.

Même si contrairement à Hama Amadou, aucune menace d’arrestation ne plane sur sa tête – du moins pour le moment – l’ancien ministre des finances sait que le coup à lui porter par son ami est si fatal qu’il ne lui donne autre chance de faire réaliser son rêve.

En Côte d’Ivoire, c’est presque face au même sort que se retrouve le jeune Président de l’Assemblée nationale Soro Guillaume. Alors que lui aussi nourrissaient des fortes ambitions de lui succéder en 2020, il a été lâché par son ami Alassane Dramane Ouattara, l’homme qu’il a pourtant aidé à accéder au pouvoir après une rébellion armée qui a endeuillé la Côte d’Ivoire et qui a fini par avoir raison du pouvoir intransigeant de Gbagbo Laurent. Sous prétexte de ne pas prendre sa carte du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le nouveau parti du président Ouattara, le jeune Soro a été contraint de céder son très stratégique poste de Président de l’Assemblée nationale, perdant du coup l’outil qui allait beaucoup l’aider à concrétiser son rêve de devenir Président de la République de Côte d’Ivoire.

L’homme est aujourd’hui obligé de rejouer ses cartes et de perdre une bonne partie de son précieux temps à refaire un parcours politique qu’il avait mis des années à construire. Ainsi se passe donc la politique en Afrique. Vous pouvez passer tout votre temps à vous préparer pour la réalisation de vos ambitions et voir votre rêve brisé à la fin par des personnes en qui vous avez placé tout votre espoir.

Sanda

04 mars 2019
Publié le 14 février 2019
Source : Le Nouveau Républicain

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