Candidat du Pnds pour la présidentielle prochaine Mohamed Bazoum aurait-il agi à couper l’herbe sous les pieds du Président Issoufou ?

 Alors que son challenger, Hassoumi Massoudou, a été logiquement éliminé de la course à l’investiture du Pnds pour la présidentielle prochaine et qu’on attendait de sa part sérénité et confiance, Mohamed Bazoum a surpris plus d’un en se faisant coopter, le dimanche 10 février 2019, par le Comité exécutif national (CEN) du parti comme le candidat sur l’identité duquel il y a tant de spéculations. Seulement, ledit Comité exécutif national qui a pris cette décision n’aurait pas enregistré la présence de trois régions d’importance : Tahoua, Dosso et Tillabéry. Une absence de taille qui appelle à de graves interrogations. Mohamed Bazoum a-t-il réellement le soutien du Président Issoufou ? La question vaut son pesant d’or, la précipitation avec laquelle cette réunion est intervenue, pratiquement au lendemain de la disgrâce de l’ancien ministre des Finances et en l’absence du Président Issoufou du territoire national, étonne. Pourtant, les militants du Pnds sont les premiers à soutenir que les écrits et autres propos relatifs aux dissensions nées au sein du Pnds ne sont que de la pure spéculation et les auteurs sont bien connus. L’allusion est directe et les militants de l’opposition se sentent indexés. Mais, il y a bien sûr plus que de la spéculation dans cette affaire. L’interrogation principale des militants du Pnds qui critiquent sévèrement pour des tendances à chercher des failles qui n’existeraient pas dans les rangs du parti rose, trouve curieusement, par cette surprenante réunion du CEN, une réponse cinglante.

En voulant couper court aux rumeurs et spéculations en cours, Mohamed Bazoum et les siens semblent avoir jeté de l’huile sur le feu. Au lieu de mettre un terme à la confrontation entre clans opposés, la décision issue du CEN du 10 février attise les ressentiments et les désirs de revanche.

L’état d’esprit au sein du Pnds, parti culièrement au sommet où les consultations se multiplient, est plus que désastreux depuis le choix porté sur le président du Pnds « à l’unanimité des membres présents du CEN », selon les communiqués qui ont fusé sur les réseaux sociaux. Ce malaise grandissant est perceptible dans le fait qu’aucune déclaration publique du parti n’a consacré cette décision. Et si, comme le suggèrent certaines sources, Mohamed Bazoum n’a pas beaucoup foi en la parole du Président Issoufou et qu’il a agi à le mettre devant le fait accompli, les jours et semaines à venir semblent chargés de nuages. Le Président du Pnds gagnera-il son pari d’être le candidat du Pnds ?

Doudou Amadou 

22 février 2019
publié le 12 février 
Source : Le Monde d'Aujourd'hui 

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