Election présidentielle de 2021 : Qu’est-ce qui fait courir Bazoum Mohamed ?

BLe dimanche 10 février dernier, à l’issue d’une réunion presque convoquée à la hâte, le ministre de l’Intérieur Bazoum Mohamed s’est fait désigner candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDSTARAYYA) à l’élection présidentielle de 2021. Bien d’observateurs et d’analystes cherchent à comprendre cette précipitation du patron des flics nigériens à avoir l’ordre de mission du PNDS-TARAYYA pour défendre ses couleurs à la prochaine présidentielle.

C’est à l’issue d’une réunion dite du présidium du parti que le ministre Bazoum Mohamed a été désigné comme candidat du PNDS-TARAYYA à la prochaine élection présidentielle. Cependant, aucune déclaration n’a été faite par la réunion et l’information n’a circulé que les réseaux sociaux et quelques médias privés. Les médias publics et même certains privés proches du pouvoir n’en ont pipé aucun mot. A en croire certaines sources, qui disent rapporter des propos des militants du PNDS-TARAYYA, la réunion du dimanche était prévue pour se tenir ce mercredi 13 février et que selon le règlement intérieur du parti c’est au congrès de désigner le candidat à l’élection présidentielle et non une réunion du présidium. Les mêmes sources affirment avoir entendu des militants du PNDS-TARAYYA que c’est le secrétaire général du parti qui envoie les invitations à des réunions et que c’est lui doit dresser les procès-verbaux des réunions. Or, le secrétaire général attitré du PNDSTARAYYA, en l’occurrence Hassoumi Massaoudou, a quitté le Niger quelques jours après son éviction du gouvernement le 31 janvier dernier. L’un dans l’autre, beaucoup d’observateurs et d’analystes voient une certaine précipitation chez le ministre Bazoum Mohamed à se faire désigner comme le candidat officiel du PNDS-TARAYYA à la prochaine élection présidentielle.

Ces observateurs et analyses se demandent ce qui pourrait expliquer une telle précipitation, alors que le Président Issoufou Mahamadou à qui il ambitionne de succéder n’est qu’à la moitié de son second et dernier mandat constitutionnel. Si certains pensent que c’est simplement une manière pour Bazoum Mohamed de montrer à l’opposition, qui lui reproche de n’être qu’un président circonstanciel, qu’il a un contrôle total de son parti, d’autres pensent que cette obsession à se faire désigner tout de suite et maintenant comme le candidat du PNDS-TARAYYA est une stratégie pour le ministre de l’Intérieur. Ce dernier voudrait prendre les devants et éviter de se faire surprendre, aussi bien par le Président Issoufou Mahamadou que par d’autres camarades du parti qui pourraient nourrir des ambitions et contrarier sa candidature.

Pour les tenants de cette thèse, l’annonce par l’ancien Président de l’Assemblée nationale Hama Amadou d’un présumé «accord secret» entre le Président Issoufou Mahamadou et l’ancien chef de la junte militaire Djibo Salou continue à hanter le sommeil de Bazoum Mohamed qui craint d’être sacrifié au profit de l’ancien de la transition militaire, à qui le Président Issoufou aurait promis un soutien dans le cadre du présumé accord.

Avec la tentative de l’ancien ministre des finances Hassoumi Massaoudou de se lancer dans la course au fauteuil présidentiel, Bazoum Mohamed craindrait aussi que d’autres candidatures cachées ne se manifestent lors du congrès d’investiture et ne compromettent ses chances d’être l’unique choix du PNDSTARAYYA.

Dan Madougou 

22 février 2019
publié le 12 février 
Source : Le Monde d'Aujourd'hui 

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