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Journée d’information et d’échanges avec les médias sur la médiatisation des affaires judiciaires : Échanges fructueux entre les hommes des médias et les différentes professions judiciaires

Le Ministère de la justice et le Haut-commissariat à la modernisation de l’Etat ont conjointement organisé, hier à la Maison de la Presse de Niamey, une journée d’information et d’échanges avec les médias sur la médiatisation des affaires judiciaires. Le thème est : « rôles et responsabilités ». La rencontre a réuni les hommes des médias et les différentes professions judiciaires du Niger pour échanger sur la médiatisation des affaires judiciaires et les conséquences qui peuvent découler d’une communication non maitrisée, d’une information traitée en violation des règles de l’art et au mépris des textes régissant les diverses professions réunies. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Secrétaire général du Ministère de la Justice, M. Ibrahim Jean-Etienne en présence du haut commissaire à la modernisation de l’Etat, M. Omar Saley et de plusieurs invités.

Au cours de cette journée, les journalistes ont été édifiés sur l’organisation et la compétence des juridictions. Une présentation sur les activités de juridiction du tribunal de grande instance, hors classe de Niamey, une autre sur l’ordre des avocats, l’ordre des notaires et celui des huissiers ont été faites aux participants. Toutes ces présentations ont été suivies de débats riches et représentatifs.

Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire général adjoint du Ministère de la justice a indiqué que, le droit d’être informé et d’accéder à l’information détenue par les services publics est un droit consacré par l’article 30 de la Constitution qui lui-même renvoie à la loi quant aux conditions de son exercice. « Les différentes professions judiciaires présentes à cette rencontre sont également régies par des lois qui encadrent leur exercice. Ces fonctions qui participent toutes du pouvoir régalien de l’Etat doivent pouvoir s’exercer dans le respect de l’éthique et de la déontologie qui leur sont propres », a-t-il déclaré.

Selon lui, le développement de nouvelles technologies de l’information avec notamment l’éclosion des médias en ligne, a favorisé l’émergence d’une communication peu soucieuse des règles de fonctionnement de l’Etat et de la société, des valeurs socioculturelles, pour tout dire une communication non professionnelle privilégiant la rumeur, l’intoxication voire le dénigrement systématique, à l’information vérifiée et fiable, tous travers qui peuvent être évités si les acteurs disposaient d’un cadre d’échanges et de dialogue. Faute de ce cadre, « nous assistons à une distanciation des rapports entre médias et acteurs judiciaires préjudiciable à l’opinion, chacun appréciant diversement voire négativement le rôle de l’autre ; en effet, pour les uns, la communication pratiquée souffre de visibilité, l’information relayée ne traduit pas fidèlement le message que l’on veut faire passer quand elle n’est pas tout simplement tronquée en raison nous dit-on de la complexité du langage judiciaire et de la complexité des procédures ou encore quand elle n’est traitée que dans un but de sensationnel et sans souci des conséquences qu’elle peut induire sur l’opinion et le trouble qu’elle peut causer à l’ordre public. Pour les autres, l’accès à l’information est un obstacle insurmontable, voire un refus et le langage utilisé trop ésotérique pour être compris et pour que le message soit fidèlement restitué», a-t-il affirmé.Ibrahim Jean-Etienne a en outre  

expliqué que, c’est pour répondre à ces interrogations et briser ce mur d’incompréhension que ce cadre d’échange a été voulu pour permettre aux hommes des médias d’échanger sans tabou avec les acteurs de la justice que sont les magistrats, les avocats, les notaires et les huissiers. « Nous espérons qu’au sortir de cette rencontre, les médias seront suffisamment édifiés sur l’organisation et le fonctionnement du système judiciaire, et sensibilisés sur les rôles dévolus aux différents acteurs de la justice ; nous espérons aussi que les difficultés que vous éprouvez dans le traitement médiatique des affaires judiciaires trouveront un début de solution pour un meilleur exercice du droit d’informer », a-t-il souhaité.

Il a informé que leur département ministériel a fait le choix d’une communication encadrée, visible et respectueuse des lois et règlements de la République C’est pourquoi, par décret n°2018-908 du 28 décembre 2018, une direction de la communication, de l’information et des relations publiques dont le responsable assure également la fonction de porte-parole a été créée. Elle est désormais en charge de toutes les questions de communication relevant du secteur judiciaire où la presse peut s’adresser à elle chaque fois que le besoin se présente.

Quant au haut commissaire à la modernisation de l’Etat, M. Omar Saley, il a indiqué dans son discours de bienvenue, que cette rencontre participe de la volonté du gouvernement à communiquer avec la presse dans l’esprit d’accès à l’information publique et aux documents administratifs. « L’un des objectifs assignés à cette journée est d’initier les acteurs des médias au mécanisme du traitement de l’information judiciaire et d’établir une meilleure collaboration entre les médias, la chancellerie et les juridictions pour améliorer la qualité de la délivrance des services publics dans ce secteur », a-t-il ajouté. Il a rappelé que, dans le passé, certaines incompréhensions au déficit d’information de part et d’autre ont amené à des situations malencontreuses qui pouvaient être évitées si tous les acteurs ont connaissance de la réglementation. Donc, «les médias constituent un vecteur stratégique de communication pouvant contribuer à la diffusion d’information publique et la sensibilisation des citoyens. C’est pourquoi, les pouvoirs publics leurs accordent une attention particulière. Il a enfin invité les hommes des médias à tirer profit de cette journée.

Seini Seydou Zakaria(onep)

22 février 2019 
Source : http://www.lesahel.org/

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