Atelier de partage du programme de prise en charge de la reddition des éléments de Boko Haram : Vers la répartition des tâches entre les acteurs pour l’optimisation de l’opération

Le Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses organise depuis hier à Niamey, un atelier de partage avec les partenaires du programme de prise en charge des éléments de Boko Haram en reddition. Le but ultime de cette rencontre de deux jours (19 - 20 février), est de contribuer à l'amélioration du programme, à travers une répartition claire des activités entre les acteurs, sous une coordination plus efficace des entités de l’Etat. Ainsi le partage du contenu du document élargit la participation des partenaires à l'opération engagée par le gouvernement depuis 2016. Ce qui contribuera à l’enrichissement du plan d’action, partant des avis et recommandations qui seront formulés.

Procédant à l’ouverture des travaux, le Directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses, Dr. Abba Issa Alambéji a, dans son discours, passé en revue le fondement du programme ainsi que les actions saillantes intervenues dans sa mise en œuvre. Il a notamment rappelé que, c’est suite à la reddition d'une vingtaine d'éléments de Boko Haram, du fait de la pression militaire de la Force Mixte Multinationale des pays riverains du Lac Tchad, que le Ministre d'Etat Bazoum Mohamed a lancé publiquement cette initiative lors d'un meeting tenu au stade régional de Diffa, le 28 Décembre 2016. A cette occasion, il avait annoncé officiellement la disponibilité des autorités à accueillir tous les fils et toutes les filles de notre pays qui souhaiteraient se rendre, en assurant non seulement leur sécurité mais aussi leur réinsertion socio professionnelle. Dans cette optique, un document intitulé ‘’Document Cadre de prise en charge de la reddition des éléments de Boko Haram’’ a été élaboré pour définir le cadre général et les grandes lignes de l'initiative du gouvernement.

Selon le Directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, le centre de Goudoumaria des repentis, qui est sous la surveillance de la Garde Nationale du Niger (GNN), compte actuellement 233 personnes associées à Boko Haram comprenant des femmes, des enfants et des personnes de nationalité étrangère, toutes prises en charge par l'Etat du Niger et des partenaires du domaine. Dr. Abba Issa Alambéji souligne que le ministère en charge de l’Intérieur a entrepris ces actions sans un cadre légal approprié, ni un plan et un budget préalablement définis et détaillés. Car dit-il, le Document Cadre ne définit que les grandes orientations de l'initiative. D’où la décision de l’élaboration du programme national détaillé, à l'issue d'un atelier tenu en mai 2018 à Diffa. L’opération de prise en charge des ex terroristes, qui est somme toute nouvelle, non seulement dans notre pays mais aussi dans la sous-région, a été pilotée, jusqu'à une période récente, de façon itérative par le gouvernement, accompagné d'un nombre réduit de partenaires. Ce faisant, pour respecter au mieux les standards légaux internationaux, le comité composé des Ministères de l'Intérieur, de la Justice, de la Défense et de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), avec l'assistance de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), a été mis en place pour formuler le document dudit programme.

Dans cette perspective, il convient de mentionner qu’un système d'enregistrement biométrique a été mis en place, avec l'appui de l'OlM qui a permis de former et d'équiper les agents du Service Central de Lutte Contre le Terrorisme. D’après le Directeur de cabinet du ministre d’Etat, il a été recensé la totalité des personnes associées à Boko Haram résidant au centre de Goudoumaria. Les données ainsi collectées permettront le profilage et le triage des personnes sous la tutelle du pôle judiciaire anti-terroriste. Sur ce même élan, ajoute-t-il, une formation religieuse prolongeant a été initiée par le gouvernement avec la contribution du PNUD. Des infrastructures et équipements de formation professionnelle sont en train d'être mis en place avec le concours de la même agence des Nations Unies. Grâce à cette contribution du PNUD, il est attendu que la formation professionnelle dans cinq filières démarre dans les prochains mois.

En effet, par cette démarche d’atelier de partage, le gouvernement entend rassembler le maximum d'acteurs concernés, dans l’optique de définir clairement toutes les étapes du processus de la gestion des personnes associées à Boko Haram en reddition, afin que chacun identifie de façon précise le rôle qu’il peut assurer. Ce qui permettra d'éviter la duplication des actions et de mettre en lumière les lacunes du processus, pour l'optimisation des efforts de tous les acteurs sous la supervision des entités de l’Etat. Et, à l’issue des travaux, le comité de formulation intégrera les contributions pertinentes pour compléter le document du programme national, qui sera présenté aux autorités régionales et nationales.

Mahamane Chékaré Ismaël(Stagiaire)

20 février 2019 
Source : http://www.lesahel.org/

Imprimer E-mail

Politique