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Poursuite des travaux de la première Session ordinaire du Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) au titre de l’année 2019 : Echanges sur les potentialités du secteur de l’artisanat

Les travaux entrant dans le cadre de la première session ordinaire du Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) au titre de l’année 2019 se poursuivent activement au Palais des Congrès de Niamey sous la présidence de M. Saley Saïdou, président du CESOC. Hier, les conseillers ont suivi avec beaucoup d’intérêt, l’intervention du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, M. Ahmed Botto sur « la contribution du secteur de l’artisanat au développement socio-économique du Niger ». A travers cet échange, les conseillers veulent savoir davantage sur ce secteur combien porteur pour l’économie nationale afin de formuler les recommandations nécessaires pour son développement.

Dans l’ensemble, les participants ont reconnu que s’il est développé, le secteur de l’artisanat peut être l’un des moteurs du développement de notre économie. Dans ces propos préliminaires, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat a souligné que c’est un secteur créateur d’emplois par excellence, et également un régulateur qui permet de réduire le taux de chômage. Il s’agit, selon lui, d'un secteur économique qui fait la fierté du Niger, de par sa richesse et sa diversité, ainsi que l’engouement qu’il suscite auprès des clientèles à travers le monde entier.

Parlant des potentialités de l’artisanat dans le pays, le ministre Ahmed Botto a estimé que la valeur ajoutée et la répartition des revenus qu’il génère constituent des sources de richesses au bénéfice de toutes les couches de la population, en particulier les plus économiquement faibles. « Un autre atout que présente ce secteur, c’est son organisation. Le Niger compte en effet une Chambre des Métiers de l’Artisanat dont tous les organes sont opérationnels, huit Chambres Régionales des Métiers de l’Artisanat, dont les organes ont été mis en place, une Fédération Nationale des Artisans, huit Fédérations Régionales d’Artisans, plus de 40 Fédérations Sous Régionales d’Artisans, plus de 2 000   Organisations Professionnelles d’Artisans (OPA) de base, légalement reconnues », a-t-il ajouté.

Citant le rapport de l’Enquête Nationale sur le Secteur informel réalisée en 2012 par l’Institut National de la Statistique (INS), le conférencier a relevé que la structure de l’économie nigérienne était composée de 10,97% de formel et 89,03% d’informel en 2008. « Les activités de l’artisanat représentant la part la plus importante du secteur informel. Il s’avère donc très difficile de mesurer son poids réel, afin de déterminer l’étendue de son importance dans l’économie nationale », a-t-il indiqué.

Parlant de l’emploi dans le secteur de l’artisanat, le ministre Ahmed Botto a rappelé qu’en 2015, il a été dénombré 900 000 emplois pour 432 000 micros et petites entreprises, tenant compte du taux de croissance annuel du secteur estimé à 2,5%. « Mais ce chiffre reste largement en deçà de la situation réelle car aujourd’hui, les artisans eux-mêmes estiment leur nombre à environ 1 200 000 personnes réparties à travers le pays. L’absence d’études actualisées au plan national ne permet pas d’officialiser ces données statistiques », a-t-il fait remarquer. S’agissant de la contribution au PIB, la part du secteur de l’artisanat était déjà évaluée à 20% en 1990 selon le diagnostic réalisé par le BIT. « Malgré la sous-estimation liée à la non - prise en compte de plusieurs dizaines de métiers, les données statistiques générales fournies par l’INS ont fixé cette contribution à 17,72% en 2013, 17,54% en 2014 et 17,53 en 2015 », a-t-il expliqué.

Pour ce qui est du chiffre d’affaire annuel enregistré par les artisans, a-t-il poursuivi, son appréciation peut se faire sous deux angles. Premièrement en termes de participation aux foires et salons avec l’appui financier et l’encadrement technique du ministère. « Plus de 200 artisans nigériens participent annuellement à différentes manifestations commerciales à travers le monde. Dans ces circonstances, il est enregistré variablement des chiffres allant de 120 000 000 à 150 000 000 FCFA. Ce chiffre n’inclut pas les commandes reçues dans le cadre du partenariat établi à l’occasion de la participation aux foires et salons » a-t-il précisé. Deuxièmement, a-t-il ajouté, « en termes de chiffres d’affaires globaux au plan national, ils seraient estimés à environ cent huit (108) milliards pour les 900 000 artisans dénombrés, sur la base du chiffre d’affaires estimé à un milliard deux cent millions réalisés annuellement par un échantillon national constitué de dix milles artisans structurés ayant bénéficié de l’accompagnement d’un vaste programme de développement de l’artisanat».

En réponse aux différentes questions posées, le ministre a relevé que d’après une étude de l’UEMOA, le taux de l’informel au Niger est le plus élevé dans cette zone, avoisinant les 90% contre 45% pour le Bénin et 50% pour le Burkina Faso. Cette situation, n’encourage pas les investisseurs à investir dans le secteur. Pour essayer de réduire l’informel, le ministère en charge du Tourisme s’est inscrit dans une logique de la formation des artisans afin non seulement de réduire le taux d’analphabétisme dans le secteur et d’encourager la promotion d’un artisanat de compétitivité.    

Pour ce qui est de la protection de nos produits, le ministre en charge du Tourisme et de l’Artisanat a reconnu que beaucoup de nos produits artisanaux ne sont pas protégés car le processus de cette protection demande un certain nombre de compétence et des moyens. Il a assuré que le Ministère s’est inscrit dans cette dynamique pour que notre artisanat soit dans la logique de durabilité et du progrès. « Il ne s’agit pas seulement de produire mais plutôt de faire quelque chose de qualité qui satisfait la demande », a-t-il déclaré. Au sujet de la question d’évasion financière notamment l’importation des produits artisanaux, le ministre Ahmed Boto a assuré que le Ministère est en train de renforcer son plaidoyer au niveau des entreprises et institutions à acheter nos produits locaux. Par ailleurs, M. Ahmed Botto a annoncé que le Sommet des Chefs d’Etats sera aussi une opportunité pour nos artisans pour écouler leurs produits à travers des foires qui seront organisées au niveau des sites identifiés.

Mamane Abdoulaye(onep)

 19 février 2019 
Source : http://www.lesahel.org/

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