L’USAID et le processus électoral au Niger : Me Issaka Souna entre le marteau et l’enclume

L’USAID et le processus électoral au Niger : Me Issaka Souna entre le marteau et l’enclumeOn ne peut dire que Me Issaka Souna, président de la commission électorale installée de façon unilatérale sur la base d’une loi électorale élaborée et adoptée de façon tout autant unilatérale, soit pris entre le marteau et l’enclume. L’USAID, partenaire traditionnel du Niger en matière d’élections, vient d’annoncer une manne de plus de deux milliards à mettre à la disposition du processus électoral, à condition toutefois qu’il y ait un code électoral consensuel et que les élections soient inclusives, transparentes et libres. De quoi provoquer une diarrhée chez Me Souna qui sait à quel point l’absence de ressources financières adéquates plombe le processus électoral, compromettant l’exécution de l’agenda électoral. De fait, selon une source digne de foi, le retard consommé par la commission électorale est déjà assez significative pour ne pas se répercuter sur le calendrier électoral dont les dates initiales ne pourront pas être respectées. L’embarras de Me Souna est d’autant grand que si l’offre de l’USAID n’est pas refusable, il est confronté aux embûches d’un pouvoir décidé à organiser des élections suivant une loi électorale taillée sur mesure et « des élections dont les résultats sont connus d’avance », pour reprendre le mot du président du parti Amine-Amen, Omar Hamidou Tchiana. Ayant particulièrement insisté sur le caractère inclusif, libre et transparent des échéances électorales, l’USAID a jeté le trouble sur la communication de la commission électorale ; une commission électorale qui semble vouloir convaincre que tout se déroule bien comme dans la meilleure des démocraties du monde alors que les faits démentent les propos de ses responsables. 
18 février 2019 
Source : Le Courrier

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