Lancement officiel du projet MERIEM : Apporter des solutions innovantes pour prévenir la malnutrition dans les trois pays ciblés par le projet

Lancement officiel du projet MERIEM : Apporter des solutions innovantes pour prévenir la malnutrition dans les trois pays ciblés par le projetFace à l’insécurité alimentaire récurrente dans les pays du sahel avec comme corollaire la malnutrition chronique chez les enfants qui constituent l’avenir de la région, le projet «Mobiliser des Entreprises Sahéliennes pour des Réponses Innovantes et à large Echelle contre la Malnutrition (MERIEM)» entend s’appuyer sur le secteur privé des trois pays que sont : le Niger ; le Burkina Faso et le Mali pour apporter des solutions appropriées à la malnutrition dont les effets sur la croissance des enfants sont irréversibles. En effet, le projet MERIEM dont les activités ont été officiellement lancées par le ministre du commerce et de la Promotion du Secteur Privé par intérim, M. Ahmed Boto, vise à démontrer que des solutions commerciales peuvent contribuer à prévenir durablement la malnutrition.

Dans son allocution de lancement des activités du projet MERIEM, le ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé par intérim, M. Ahmed Boto, a précisé que la pertinence d’un tel projet réside en ce que le phénomène de la malnutrition chronique constitue une réelle préoccupation pour les Etats sahéliens eu égard aux multiples conséquences négatives dont elle est la cause sur l’avenir des enfants, sur leur santé et sur leur émancipation intellectuelle. En outre, ce projet de par son objectif, se relève comme un instrument qui concourt à la mise en œuvre de l’Initiative 3N, une stratégie de développement à travers l’autosuffisance alimentaire.

Notant que la malnutrition chronique constitue un facteur handicapant pour les effets de développement, il a indiqué que c’est en connaissance de cause que le ministère du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé travaille depuis 2007 en étroite collaboration avec l’ONG GRET et ses partenaires dans le cadre d’un projet dénommé PAFAN pour soutenir et accompagner les unités de production d’aliments spécifiques pour enfant, notamment des farines fortifiées dans une dizaine de localités du pays, permettant ainsi aux ménages ruraux d’accéder à une alimentation de qualité. Cette synergie d’actions, a dit le ministre du commerce par intérim, justifie le rôle de premier plan que le secteur privé peut jouer surtout dans la prévention de la malnutrition, en fournissant à temps réel des produits de qualité pour l’alimentation des enfants. Dans cette optique, a-t-il ajouté, le projet MERIEM s’appuiera sur les initiatives des entreprises locales œuvrant dans ce domaine, ainsi que sur le savoir-faire de ses partenaires, afin d’étendre les efforts à une plus large échelle dans les grandes villes du pays. ‘’Nous osons espérer que le consortium de mise en œuvre du projet MERIEM qui regroupe des ONG, des experts du secteur privé et des chercheurs puisse permettre de relever ce défi. C’est justement à cette condition que les solutions commerciales pourront contribuer à prévenir durablement la malnutrition pour ainsi répondre positivement aux objectifs visés par les principaux bailleurs du projet que sont l’AFD et la fondation Bill et Melinda Gates’’, a ajouté le ministre du commerce par intérim.

Auparavant, la directrice du département transition démographique et sociale de l’Agence Française de Développement, Mme Marie-Pierre Nicollet, a souligné toute l’importance d’investir dans la nutrition, tout en affirmant que le combat contre ce fléau constitue en soi un déterminant de la réussite de toutes les autres actions de développement, tout en participant puissamment à l’égalité des chances. « L’originalité du projet MERIEM n’est pas de réparer la malnutrition, mais de la prévenir en invitant le secteur privé à se mobiliser pour prévenir cette maladie à travers des solutions innovantes. Y a-t-il un chemin, un juste milieu entre les programmes nutritionnels d’urgence du Programme Alimentaire Mondial (PAM) réservés aux plus vulnérables et d’achat d’aliments fortifiés importés inaccessibles financièrement pour le plus grand nombre ? Qu’est-ce qu’un investissement solidaire, sinon la capacité qu’auraient les entreprises sahéliennes à démontrer qu’elles peuvent répondre à un objectif tout en ménageant les conditions de leur rentabilité financière, à tout le moins une rentabilité suffisante à la reconduction de l’investissement ? L’investissement solidaire en faveur de la nutrition est-ce un réservé au secteur privé non lucratif ? Ou est-ce de la responsabilité sociétale de toutes les entreprises ? C’est à cette question qu’ont souhaité répondre deux donateurs aussi différents que la fondation Gates, née du travail d’une entreprise capitaliste iconique et l’Agence Française de Développement, banque de développement publique, née pour sa part de l’effort rédistributif du contribuable français. La création de cette plateforme partenariale qu’on appelle MERIEM fait sens’’ a précisé la directrice du département transition démographique et sociale de l’Agence Française de Développement.

Pour sa part, l’Ambassadeur de France au Niger, S.E Alexandre Garcia, a indiqué que ces dernières années l’Afrique subsaharienne a vu sa population malnutrie augmentée de 64 millions de personnes en dépit des investissements réalisés. Cette situation peut s’expliquer par une croissance démographique exponentielle, limitant les effets de l’aide au développement. Le changement climatique affecte les capacités de production des investissements limités dans les services de base et des évolutions de mode vie. Les conséquences de la malnutrition sur les individus sont irréversibles et font peser un poids à l’économie (augmentation des dépenses de santé ; difficultés d’apprentissage et limitation de la force de travail). Lutter contre la malnutrition doit donc être considéré comme un pré-requis aux investissements réalisés notamment dans l’éducation ; la formation professionnelle et le secteur productif. Avec l’aide de la communauté internationale, a dit l’Ambassadeur de France au Niger, les Etats particulièrement touchés par la malnutrition se sont dotés des politiques publics visant à prendre en charge et à prévenir la malnutrition avec des impacts qui restent cependant limités.

Hassane Daouda(onep)

15 février 2019 
Source : http://www.lesahel.org/

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