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Course à l’investiture du Pnds pour la présidentielle de 2021 : Hassoumi Massoudou écarté, Mohamed Bazoum s’inquiète des intentions réelles du Président Issoufou

Course à l’investiture du Pnds pour la présidentielle de 2021 : Hassoumi Massoudou écarté, Mohamed Bazoum s’inquiète des intentions réelles du Président Issoufou Le limogeage, jeudi 31 janvier 2019, de Hassoumi Massoudou, secrétaire général du Pnds et jusqu’alors ministre des Finances du gouvernement Brigi Rafini, l’inamovible Premier ministre, n’a pas fait que des heureux dans le camp de Mohamed Bazoum, son challenger dans la course à l’investiture du parti pour la présidentielle de 2021. Le président du Pnds et ministre de l’Intérieur en particulier est dans une sorte d’expectative, faite d’espoirs fous, mais aussi d’inquiétudes. Si le limogeage de Hassoumi Massoudou est nettement perçu par les partisans de Mohamed Bazoum comme une sorte de victoire dans la course à l’investiture du parti, il est de plus en plus perçu dans le cercle du ministre de l’Intérieur et candidat à la candidature du Pnds comme une sorte d’avertissement qui ne dit pas son nom. Hassoumi Massoudou, dont on n’a pas encore connaissance du point de chute éventuel ne peut être de toute façon laissé en rade sur un train piloté par Mahamadou Issoufou. Autour de Mohamed Bazoum, la prudence est donc de rigueur. Outre que le limogeage de Hassoumi peut se révéler un couteau à double tranchant, rien ne dit non plus que son challenger est écarté de la course qui l’intéresse au plus haut point. S’il est si vrai que Hassoumi a été renvoyé du gouvernement pour cause d’indiscipline, ce n’est pas suffisant pour rassurer Mohamed Bazoum qui n’est pas de la dernière pluie. Pourquoi est-ce le Président Issoufou qui sanctionne pour une faute qui est supposée relever de la discipline au sein du parti ? Une sanction du parti, attendue par les partisans du ministre de l’Intérieur et président du parti au détour de la réunion du bureau politique du Pnds, le vendredi 1er février 2019, aurait satisfait à leurs attentes. C’est à tous points de vue la sanction appropriée. Curieusement, c’est le Président Issoufou qui joue au pompier en signant un décret dont la forme traduit, certes, à tous points de vue, que l’ancien ministre des Finances s’est attiré le courroux du Président Issoufou. Et justement, c’est là où le bât blesse.

Pourquoi, pour une faute d’indiscipline au sein du parti, est-ce le Président Issoufou qui sanctionne Hassoumi ?

Le Président Issoufou n’a-t-il pas agi à sauver la tête de son homme de confiance face à la revendication d’une sanction politique du parti qui sonnerait à jamais le glas de ses ambitions présidentielles ? Considéré par des sources crédibles comme le candidat du Président Issoufou, Hassoumi Massoudou ne s’est pas lancé dans la course à l’investiture du parti au hasard. Crédité du soutien inconditionnel d’un grand nombre de leaders au sein du Pnds, Hassoumi Massoudou ne peut être liquidé, du jour au lendemain, comme un malpropre. Par-delà ses relations particulières vieilles de quatre décennies, au minimum, avec le Président Issoufou, l’ancien ministre des Finances incarne au sein du Pnds l’espoir d’une rebelote. Mohamed Bazoum, qui sait que son challenger est plus que jamais dans la course, redoute l’effet boomerang d’une sanction qui, jusqu’à preuve du contraire, n’en est pas une. Si le bureau politique ne l’a pas sanctionné, c’est Hassoumi Massoudou n’a visiblement rien perdu de son poids et de son aura au sein du Pnds. Il garde par conséquent toutes ses chances de poursuivre son chemin. Des sources indiquent, à toutes fins utiles, que la sanction de Hassoumi pourrait être l’alibi pour frapper et anéantir définitivement Mohamed Bazoum et frayer ainsi un boulevard pour Hassoumi. Une fois Bazoum Out, l’homme que des sources internes au Pnds continuent de présenter comme le candidat du Président Issoufou pourrait être alors plébiscité sans accrocs. Dans l’unité préservée du Pnds et…l’assurance d’une victoire à la présidentielle prochaine.

A.DOUDOU  

11 février 2019
Publié le 05 féfrier
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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Politique