Election présidentielle 2021 : La déliquescence du camp de Mohamed Bazoum continue

Mohamed Bazoum Campagne Presidentielle(Article publié le 30 janvier) Des sources bien informées ont indiqué au Courrier qu’une quarantaine d’élus locaux d’une région bien en vue du Niger ont séjourné, récemment, à Niamey en vue de rencontrer le Président Issoufou et d’intercéder en faveur d’une candidature de Mohamed Bazoum, ministre de l’Inté- rieur, président du Pnds et candidat probable à la pré- sidentielle prochaine. Une initiative de partisans engagés ou une mission commanditée ? Quoi qu’il en soit, cette démarche traduit, d’une part que rien n’est encore gagné pour Bazoum, d’autre part que le Président Issoufou n’a pas encore départagé les deux protagonistes. Portée à la connaissance d’un cadre du Pnds qui dit savoir de quoi il parle, l’information a suscité des commentaires liés à l’état d’esprit dans le camp des partisans du ministre de l’Intérieur. Les informations publiées par la presse agaceraient au plus haut point. Le Président Issoufou, dont le soutien est prépondérant dans cette bataille fraternelle, est donc devenu la cible d’une offensive de charme et de séduction, essentiellement par le camp de Mohamed Bazoum, note notre informateur.

Si ce dernier prétend avoir le contrôle du parti, ce qu’un de ses thuriféraires a confirmé dans un post sur les réseaux sociaux, Hassoumi Massoudou bénéficierait surtout, nous a-t-on confié, au Courrier, d’un large soutien de grands lobbys politico-financiers au sein du Pnds. Des lobbys qui travailleraient, telles des fourmis, dans la plus grande discrétion, et dont l’échec est plutôt non envisagé, selon notre source. La mission des élus locaux peut-elle d’ailleurs être couronnée de succès lorsqu’on nous murmure, depuis plus d’un an déjà, que le candidat véritable du Président Issoufou est son actuel ministre des Finances ?

Mohamed Bazoum serait-il en campagne électorale avant l’heure ?

Signalé dans son terroir natal en fin de semaine passée, le président de l’Assemblée nationale, plutôt perçu pour être un farouche partisan de son parrain au sommet du Pnds, est allé relever de sa présence une cérémonie de restitution de logements sociaux en faveur des handicapés. Un séjour qui a mis à profit pour fignoler un certain nombre de choses sur lesquelles Le Courrier reviendra de façon détaillée.

Au même moment, Mohamed Bazoum, enfilant son boubou de ministre de l’Intérieur, a trainé sa bosse dans la région Est du Niger, à Diffa. À l’occasion, il a tenu, devant les autorités administratives et coutumières, civiles et militaires, des discours alambiqués qui font les petits débats dans tout le Niger. Ses propos, qui dépassent parfois le cadre strict de ministre de l’Intérieur, ont été trouvés extravagants et discourtois, particulièrement vis-à-vis des autorités coutumières. Une mission et des discours sous un air de campagne électorale avant l’heure. À Niamey, nombre de gens le tournent en dé- rision, estimant que le bonhomme ne ménage aucun détail pour se faire porter à la tête de l’État à moindres frais : sans assise populaire et sans les qualités requises pour être chef d’État. Mohamed Bazoum est en fait un homme qui n’a pas sa langue dans la poche ou plutôt un homme qui, lorsqu’il commence à parler, ne s’entend plus parler. Il lui arrive ainsi de tenir des propos mal placés, sinon avec une forte connotation d’arrogance et de mépris.

Hassoumi Massoudou, un choix de cœur et de raison du Président Issoufou

La mission des élus locaux auprès du Président Issoufou est un acte de lobbying qui cache mal, selon notre informateur, la peur du lendemain chez Mohamed Bazoum, l’angoisse d’un lâchage qu’il aura d’autant plus de mal à digérer qu’il ne l’a, jusqu’à une date récente, envisagé dans ses calculs. Le penchant soupçonné du Président Issoufou pour une candidature de Mohamed Bazoum au titre du Pnds tiendrait, selon nos sources, à une situation des plus sérieuses. S’il n’a pas osé extérioriser et étaler au grand jour son choix, c’est parce que le Président Issoufou se sent, à l’heure actuelle, dans l’obligation de ménager Mohamed Bazoum.

Pourtant, tous les pontes du Pnds, quel que soit par ailleurs leur tendance, savent que Hassoumi Massoudou est pour le Président Issoufou, à la fois un choix de cœur et de raison.

Est-ce un hasard si la plupart des sommités du Pnds se rallient discrètement à la candidature de Hassoumi Massoudou ?

« Mohamed Bazoum contrôle l’appareil du parti, mais jusqu’à quand ? », s’interroge un magnat du système qui souligne que les 78% des sections revendiquées pour Mohamed Bazoum peut devenir, du jour au lendemain, 15% et le tour est joué.

Hassoumi Massoudou continuerait d’ailleurs à rassembler autour de sa personne ceux qui font les décisions, c’est-à-dire les grands prescripteurs du parti, ainsi que tous ceux qui seraient allergiques à la personne de Mohamed Bazoum.

(Article publié le 30 janvier)
02 février 2019
source : Le Courrier

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