Anniversaire du PNDS : Sous le signe de la morosité et du service minimum pour occulter les dissensions internes

Anniversaire du PNDS Sous le signe de la morosité et du service minimum pour occulter les dissensions internesLe parti des camarades marxistes léninistes, admirateurs de Staline l’Exterminateur a soufflé ses 28 bougies ce samedi 12 janvier 2019. Un anniversaire, décalé en raison, selon eux, de la fête du 18 décembre 2018 qui s’est déroulée à Zinder. Mais cela ne suffit pas à expliquer la morosité remarquable qui a caractérisé cette fête qui, en d’autres temps, a donné lieu à une ostentation notoire. Qui plus est, cette année, les camarades se sont contentés de la devanture du siège national de leur parti pour marquer cette fête. Comme les partis politiques de l’opposition à qui ils ont l’habitude, la force publique aidant, de refuser les places publiques. Simplicité, oui, la fête s’est déroulée dans la simplicité. Trop de simplicité même, sans le tintamarre qu’on leur connait, même pour rien. Cette simplicité n’a pas trompé les observateurs avertis. Car, en vérité, il se passe une guerre de tranchée qui fait rage pour la succession en leur sein. Malgré les dénégations par ci par là. Les Nigériens sont habitués, au demeurant habitués aux reniements spectaculaires des camarades ainsi qu’à leurs discours trompeurs où la réalité crève pourtant les yeux. Ce n’est pas pour rien que les deux pressentis au couronnement du parti ont, chacun à son tour, tenté de marquer les esprits des convives et l’opinion à sa manière. Hassoumi Massoudou a organisé une conférence et Bazoum a lu un discours où il a à peine pu cacher sa peur et son angoisse. Un discours dans lequel, le ministre de l’intérieur dispute la vedette au président du parti et même au président d’une CENI contestée par l’opposition, une adresse dans laquelle Bazoum a parlé des sujets qui lui tiennent à cœur. Car, en vérité, il s’est adressé à luimême, comme pour se donner du courage et se convaincre luimême de la véracité de ses dires. Car, de ses dires, chacun a sa petite idée, à commencer et surtout par ses propres camarades. Des thèmes variés mais déjà lieux communs, ont été abordés par un Bazoum portant maladroitement sa triple casquette. Des mots aimables aux alliés, les réalisations à l’occasion des fêtes tournantes que Bazoum qualifie de belle intuition du Président Issoufou alors qu’elles ont été initiées par le Président Tandja, la récente victoire éclatante des forces de défense et de sécurité, à qui il a rendu hommage, sur les terroristes.

Il a également évoqué le travail de la CENI et du comité chargé de réfléchir sur cette même institution caporalisée par son parti et le règlement intérieur du CNDP. Et immanquablement de l’opposition qu’il tente, comme à son habitude d’infantiliser, alors que c’est cette même opposition immature, comme ils se plaisent à le dire, qui les empêche de dormir. A l’entendre, on a l’impression que la CENI est le fruit d’un large consensus de toute la classe politique nigérienne, alors que tout le monde connait la réalité. La CENI ne représente que le pouvoir, se confondant même à une structure du PNDS. Et c’est la raison pour laquelle même elle fait partie de l’agenda du Comité mis en place en catimini par le Premier ministre. Sinon, pourquoi demander de réfléchir sur la CENI ? Et pourquoi mettre en place un comité en place pour réfléchir sur la composition de la CENI s’il ne doit tenir que des propositions qui agréent le pouvoir ? Même si on occupe le pouvoir d’Etat, on ne se donne pas le droit de réfléchir pour le camp adverse. Pour Bazoum, seuls les articles 12 et 80 pourraient susciter un débat et donc susceptibles de modifications. Le reste est parfait puisque ce sont eux les camarades qui l’ont pensé ou adopté. Grossière erreur, qu’elle soit feinte ou réelle. Car, l’opposition politique, que beaucoup ne sont pas loin de rejoindre, combattra (ils l’ont affirmé à plusieurs reprises) certaines dispositions avec la même énergie avec laquelle le pouvoir les défend. Pourquoi le comité mis en place par le pouvoir avec comme témoin le NDI a ramené la durée de l’inéligibilité de 3 ans (sa proposition première) à 1 an si ce n’est pas en considérant la condamnation (par contumace) de Hama Amadou à un an de prison ferme ? Les choses sont claires pour tout le monde. Au point où certains des camarades n’hésitent pas à prendre l’article 8 et bien d’autres pour un acquis historique puisqu’il permettrait de disqualifier l’obstacle irréductible depuis la Conférence nationale. En vérité l’allocution du président du PNDS ne visait qu’à occulter les dissensions internes qui déchirent le parti. De plus en plus le C.V de Bazoum et Hassoumi rivalisent sur les réseaux sociaux. Transférer la bagarre interne sur un autre terrain ne la résout pas. Charger l’opposition qui ne fait que constater ne règle pas le problème de quelqu’un qui perd de plus en plus ses soutiens à l’intérieur de son parti. Et c’est étonnant de voir aujourd’hui d’un militant du PNDS, soit-il son président, s’offusquer quand sont révélées les divisions internes de ce parti qui s’est spécialisé dans la division des partis adverses. Arrivé au pouvoir en 2011, le PNDS en a fait une politique d’Etat, un véritable programme qui a pour but de diviser les partis politiques de l’opposition comme ceux alliés, en vue de les affaiblir. De bonne guerre dira-t-on. Chaque parti politique, dans le cadre de la conquête et la gestion du pouvoir d’Etat, se réjouit de l’affaiblissement des partis concurrents. Et tout parti, même allié, est un potentiel concurrent. Mais qu’on ne plaigne pas du retour de la manivelle, surtout pour quelqu’un qui s’en gargarisait il y a 3 ans et qui disait haut et fort que c’est une force pour eux. Encore que l’opposition n’y est pour rien. Elle est seulement aidée par l’échec de ce parti au pouvoir qui conduit le Niger dans les abimes. La leçon dans l’histoire est que ça n’arrive pas qu’aux autres. C’est pourquoi la bienséance recommande la modération. Le discours de Bazoum, au cours de cet anniversaire qui s’est limité au service minimum a révélé sans le dire les déchirures qui couvent au sein de son parti. Et il risque d’être l’agneau du sacrifice, les camarades étant prêts à utiliser les mêmes armes qu’ils ont utilisées ensemble contre les autres cette fois-ci contre lui. Cette stratégie des caniveaux a déjà commencé.
Bisso

21 janvier 2019
Source : Le Courrier

Imprimer E-mail

Politique