Les élections générales s’approchent : L’opposition nigérienne patine

Les élections générales s’approchent : L’opposition nigérienne patineDans deux ans, le Niger organisera les élections générales. Il est connu de tous, la dernière année du mandat de chaque Président de la République en exercice constitue pour les formations politiques nigériennes, des moments d’effervescence au cours de laquelle les challengers aiguisent leurs couteaux. Si pour les partis politiques de la majorité, l’on sent une certaine cohésion, il n’en est pas de même au sein de l’opposition politique nigérienne. En effet, chaque jour des candidats pour les prochaines élections annoncent leurs candidatures. Pour le moment, trois groupes sont connus des nigériens. Il s’agit du camp de Ibrahim Yacouba, ancien Ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de la renaissance acte II. Après avoir passé deux bonnes années au sein du gouvernement, Ibrahim Yacouba a été remercié par le Président de la République. Depuis lors, le président du MPN Kishin Kassa ne rate aucune occasion pour vilipender le régime et tous ceux qui sont avec lui. Au cours de son congrès tenu à l’arène de lutte traditionnelle, il y a moins d’un mois, Ibrahim Yacouba a été investi par les congressistes pour défendre les couleurs de leur parti aux prochaines élections présidentielles. En dehors du président du PUND Salama Akoli Daouel, aucune formation politique n’a manifesté pour l’instant son intention à suivre Ibrahim Yacouba dans son aventure de conquête du fauteuil présidentiel. Pourtant il se réclame toujours de l’opposition. Du côté du camp de l’ancien président de la République, Mahamane Ousmane, les lignes commencent à bouger. Depuis les dernières élections législatives, Mahamane Ousmane a été élu député national pour le compte du Mouvement Nigérien pour le Renouveau Démocratique (MNRD Hankouri). Selon certains observateurs, cette formation politique est dirigée par un inconditionnel de Mahamane Ousmane. Évoluant au sein de l’opposition FRDD, certains partis politiques n’ont pas voulu octroyer la présidence de ce regroupement à Mahamane Ousmane. Parmi ces formations politiques qui livrent une guerre de tranchées à Nafarko figure le MODEN Fa Lumana de Hama Amadou. En fin tacticien de la politique, Mahamane Ousmane a élargi son assiette, en créant un autre parti politique, le Rassemblement Démocratique et Républicain (RDR Thandji), conduit par l’ancien vice-président de l’Assemblée Nationale et l’un de ses fidèles Falké Bacharou.Il y a quelques jours, les partisans de Mahamane Ousmane ont fini par se regrouper en fondant une alliance dénommée «Alliance Démocratique et Républicain (ADR) ». Avec cette nouvelle retrouvaille de Mahamane Ousmane, il se pose comme un candidat incontournable pour les prochaines élections présidentielles, faisant du coup une coépouse pour les partisans de Hama Amadou qui tiennent mordicus à leur candidat.

Pour le moment, l’opposition est subdivisée en trois groupes antagonistes, celui de Ibrahim Yacouba, Mahamane Ousmane et Hama Amadou. Seul point commun, tous ces regroupements s’éloignent du ring au moment où la majorité au pouvoir se prépare pour conquérir une fois de plus le fauteuil présidentiel. Les querelles de clocher développées au sein de l’opposition donnent des fortes chances à la majorité actuelle de les battre à plate couture pour les prochaines élections générales. Comme pour les précédentes élections de 2016 où l’opposition est partie en rang dispersé pour faire face au président sortant Issoufou Mahamadou et candidat du PNDS-Tarayya, celles de 2021 risqueront d’être encore plus fatales pour les partis de l’opposition. Mais attendons de voir !

20 janvier 2019 
Source : Le Troisième Œil

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