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Soutien affirmé ou non de plusieurs barons du Pnds et de certains partis alliés : Hassoumi Massoudou, vers la consécration avant l'heure

Soutien affirmé ou non de plusieurs barons du Pnds et de certains partis alliés : Hassoumi Massoudou, vers la consécration avant l'heureDe Mohamed Bazoum ou de Hassoumi Massoudou, qui sera le candidat du Pnds à la présidentielle de 2021 ? C'est la question qui fait peur et qui divise au Pnds. Les deux camps qui s'affrontent ne veulent plus rien lâcher. De chaque côté, on s'organise, mobilise et communique par personnes et groupes de pression interposés. Et de plus en plus, les lignes de démarcation se précisent. Les plus irréductibles s'alignent, sans fard, et déclarent leur préférence tandis qu'au sommet du parti, c'est encore le jeu des coulisses. Si Hassoumi Massoudou et Mohamed Bazoum savent, chacun, ceux qui leur sont acquis dans la haute sphère du parti, qu'ils soient politiques ou bailleurs de fonds, ils se contentent pour le moment de compter leurs ouailles et soutiens éventuels. Tout se fait discrètement même si, à l'occasion de la finale du 40ème championnat de lutte traditionnelle qui s'est déroulé à Tillabéry, le voile noir qui couvrait jusqu'ici ce conflit interne au Pnds a été quelque peu levé. Présents dans la tribune officielle, Massoudou Hassoumi, Foumakoye Gado, Alkache Alhada, Karidio Mahamadou, Issoufou Katambe, que l'on dit acquis au ministre des Finances, papotaient entre eux tandis que le président du Pnds, Mohamed Bazoum, aussi présent, se tenait bien à l'écart de cette causerie. Le malaise était perceptible. C'est la première fois que la ligne de démarcation dont on parle au sein du Pnds est nettement visible, réelle et concrète. Le spectacle servi par ces barons du Pnds à Tillabéry vient matérialiser la communication politique, certes non assumée pour le moment, mais de plus en plus tonitruante, qui se fait sur les réseaux sociaux. Une communication qui, si elle n'est pas assumée par les bénéficiaires, n'est pas moins tolérée et peut-être appréciée. Elle préfigure de toute façon une confrontation qui se fera bientôt ouverte et assumée. La lutte sera serrée et furieuse. Les laudateurs et autres communicants autoproclamés se contentent pour le moment de faire valoir le bienfondé de leur choix.

Mohamed Bazoum, de plus en plus isolé dans la haute sphère du parti

De plus en plus isolé dans la haute sphère du Pnds, Mohamed Bazoum, pourtant adoubé par Mahamadou Issoufou, diton, ne semble pas comprendre ce qui lui arrive. Comment est née l'ambition présidentielle du ministre des Finances, qui, s'il reste un des poids lourds du Pnds, est tout de même en train de surprendre plus d'un ? Partie de rumeurs qui se sont progressivement faites persistantes, l'ambition présidentielle de Hassoumi Massoudou s'est affermie aujourd'hui au point qu'elle prend l'allure d'une véritable menace pour Mohamed Bazoum. À peine ce dernier a-t-il fini de faire fléchir le Président Issoufou que l'obstacle Massoudou se dresse sur son chemin. De façon virile et irréversible, apprend-on dans l'entourage du ministre des Finances. La publicité politique débridante qui se développe autour de sa candidature laisse en tout cas penser que Hassoumi Massoudou est plus que dans les startingblocks de l'investiture du parti au titre de la présidentielle de 2021. " Pour ce cadre supérieur de l'administration, militant du Pnds, qui a requis l'anonymat, " il est en pôle-position pour ravir la vedette à Mohamed Bazoum ". Ses partisans, plus que jamais résolus à mener le combat jusqu'au bout, ont désormais un slogan rassembleur : " Le Pnds Tarayya appartient à ses militants et non à un individu. Que les rêveurs se désillusionnent ! ".

Hassoumi Massoudou, bien parti pour ravir le soutien des partis alliés

Outsider imprévu dans la course, Hassoumi Massoudou est, de l'avis d'un membre du bureau politique du Mnsd, en train de damer le pion à Mohamed Bazoum. Il bénéficierait déjà du soutien de certains partis alliés ; des partis qui, s'ils ne se réclament pas encore acquis à une candidature du ministre des Finances, n'en représentent pas moins de solides soutiens qui accepteraient volontiers sa candidature pour le compte de toute la MRN. Une source bien renseignée d'un parti allié sans aucune ambition dans la course à la présidentielle indique que son parti a déjà tranché entre les deux prétendants à l'investiture du Pnds et que la promotion de Hassoumi Massoudou a d'ores et déjà commencé dans les fiefs dudit parti.

Mahamadou Issoufou est-il neutre ou soutient-il l'un des deux protagonistes ?

Dans cette guerre familiale que des personnes pourtant proches de l'un ou de l'autre des deux candidats potentiels à l'investiture du Pnds ont essayé de faire avorter, en vain, nombre de voix s'interrogent sur la position réelle du Président Issoufou. Si certains le disent embarrassé face au choix cornélien qui se présente à lui, d'autres estiment qu'il a publiquement adoubé Mohamed Bazoum pour mieux l'abattre. Hassoumi Massoudou a été présenté, dit-on, dans les rouages de certains lobbys, comme le seul capable de tenir tête à Mohamed Bazoum et de le défier ouvertement. Le fait-il pour son compte ? La situation est confuse. L'alignement supposé de certains pontes derrière Hassoumi Massoudou laisse les observateurs perplexes. C'est le cas de Souleymane Kané et de son épouse, de Foumakoye Gado, de Issoufou Katambe et De bien d'autres dont l'extrême proximité avec le Président Issoufou est incontestable. Auraient-ils reçu un mot d'ordre dans ce sens ? S'il est avéré que cette belle brochette de personnalités du Pnds est acquise au ministre des Finances, c'est que ce dernier n'est pas également si loin d'un soutien caché du Président Issoufou. L'embarras du Président n’est-il pas feint ? En tout cas, les médiations entreprises ont jusqu'ici échoué, faisant place à un fossé nourri par les ressentiments et les récriminations de part et d'autre. Mohamed Bazoum et Hassoumi Massoudou affûtent leurs armes en attendant l'heure de la confrontation. Des démarches visant à consolider sa position et prendre une longueur d'avance sur l'autre sont entamées autour d'eux. Réunions par-ci, visites de courtoisie par-là, le jeu des dames entre Bazoum et Massoudou est en cours. L'imposant arbitre est-il impartial ? Les jours et semaines à venir le diront.

12 janvier 2019
Source : Le Courrier

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