La Renaissance Acte II : La poursuite de l’affairisme au sommet

Renaissance 2 NigerLa Renaissance II est le prolongement de la Renaissance I dont elle poursuit les actions, nous clame-t-on haut et fort. Ce qui n’a pas été dit, c’est avec certainement son lot d’amateurisme, de gestion catastrophique et la prédation des ressources nationales, ses passe-droits, ainsi que ses affaires aussi gravissimes les unes que les autres. Les derniers concours organisés sous la Renaissance II nous donnent la preuve que la descente aux enfers de notre pays se poursuit avec acuité sous Mahamadou Issoufou. Avec Mahamadou Issoufou, la destruction de l’Etat, au profit d’une oligarchie et une clique aventurière est une garantie. Ce n’est pas surprenant. Car, très tôt, après leur accession à la magistrature suprême, les camarades se sont illustrés par leur amateurisme, et surtout, la violation des lois et règlements de la République, un mépris total pour le peuple souverain. Mis sur le compte de l’inexpérience, les camarades, ont pourtant, malgré les critiques des Nigériens et bien d’observateurs avertis de la gestion des affaires de l’Etat, poursuivi, pleins de suffisance, dans la même lancée, mus par leurs intérêts de clan. Motivés uniquement par leurs intérêts particuliers au détriment de l’intérêt national, ils ont entrepris une politique accélérée d’accumulation primitive et grossière du capital. C’est ce qui explique la prolifération d’affaires qui ont fait et font encore l’actualité, qui éclaboussent plusieurs pontes du régime et proches du chef de l’Etat. Parmi ces affaires sur lesquelles les Nigériens attendent la lumière, nous pouvons citer, le prêt vertigineux et frauduleux auprès d’Eximbank de Chine qui est, un des hauts faits des camarades marxistes léninistes.

De deux milliards (2) de dollars, comme l’a confirmé Xinhua, la très officielle agence de presse chinoise dans une dépêche en date du 9 janvier 2014, le régime a toujours maintenu, dans ses déclarations mensongères et autres. dénégations qu’il est d’un milliard (1) de dollars. Les conditions du remboursement sont tout aussi monstrueuses et opaques que les conditions d’obtention du prêt, car le pétrole que le Niger a, à peine, commencé à exploiter, serait hypothéqué sur des décennies, hypothéquant du coup l’espoir d’un décollage économique de notre pays. Pourquoi le régime de Mahamadou Issoufou a-t-il voulu cacher le montant exact du prêt aux Nigériens, qui pourtant vont le rembourser au prix fort ? N’y a-t-il pas une intention criminelle derrière ces cachotteries ? Et qu’a-t-on fait de ces deux (2) milliards ? Telles sont les questions que se posent les Nigériens , relativement à ce prêt irréfléchi avec de lourdes conséquences sur l’économie nigérienne déjà exsangue. Cela malgré d’une loi annulant une partie de cette de ce prêt. Le miraculeux prêt congolais d’une valeur de cinquante (50) milliards FCFA est du même acabit que le précédent. La moitié de ce prêt, soit vingt cinq (25) milliards, a été empochée, selon le ministre des finances, en direct de l’hémicycle lors de l’adoption du budget 2014, par le gouvernement, alors qu’il n’est pas inscrit au budget. Les institutions financières internationales ont dénoncé les conditions dans lesquelles ces prêts ont été contractés, puisque ne respectant pas les normes internationales en la matière. De même qu’elles se sont inquiétées du rythme d’endettement de notre pays qui a presque atteint le seuil de tolérance. L’achat d’un vieux coucou de seize (16) ans est aussi source d’interrogations. Le seul hangar du Mont Greboun serait chiffré à sept (7) milliards FCFA, suscitant l’incompréhension et la colère des Nigériens dont les priorités sont ailleurs. Ces priorités sont les soins de santé, l’éducation, la sécurité, l’eau potable et l’alimentation, sur fond de quiétude sociale et de cohésion nationale. Toutes ces affaires de milliards mettent en exergue la boulimie et le goût prononcé pour l’agent de nos dirigeants. Ce n’est pas étonnant qu’ils soient allergiques à toute critique qu’ils assimilent aussitôt à du terrorisme, puisque c’est à la mode. Pendant longtemps, ils ont pourtant fait croire aux Nigériens qu’ils sont des hommes de conviction et non portés sur l’agent et les biens matériels. Et le constat est amer, révoltant. Des notions comme l’efficacité de la dépense publique, la bonne gouvernance, l’Etat de droit, ont disparu des discours officiels. Maintenant, Mahamadou Issoufou cherche même à faire disparaître l’opposition politique, institution pourtant consacrée par la Constitution. C’est la renaissance. Dans la droite ligne de la Renaissance I, la Renaissance II poursuit les affaires du Guri system qui confond l’Etat à son clan. Le concours organisé par la fonction publique à l’intention des agents de la santé et qui a été annulé tellement les magouilles étaient énormes et monstrueuses administre la preuve éclatante que la justice, l’équité et l’égalité des chances sont loin des préoccupations des guristes. De centaines de bénis de la République ont été admis à ce concours sur de simples listes envoyées par des personnalités du régime, dont une des premières dames et la présidente de la Cour constitutionnelle. Les Nigériens attendent toujours que ces personnalités, coupables de trafic d’influence, répondent de leur acte.

 Bisso

22 décembre 2018
Source : Le Courrier

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