Déclaration de l’Assemblée nationale suite à l’interpellation du ministre de la Défense Nationale

En sa séance plénière du samedi 8 décembre 2018, l’Assemblée nationale a entendu le Ministre de la Défense nationale répondant à une interpellation d'un groupe de députés sur la situation sécuritaire et humanitaire très préoccupante dans la région de Diffa. Cette interpellation est faite conformément aux dispositions de l'article 117, alinéa 1er du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale.

Le Commissaire du Gouvernement, en sa double qualité de Ministre de la Défense nationale et représentant de son homologue de l'Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes, empêché, a répondu aux questions articulées autour des points suivants :

  • La persistance des attaques et des enlèvements en dépit des efforts consentis par l'État ;
  • Les dispositions prises pour retrouver et ramener les 39 femmes et filles de N'Guéléwa ainsi que les 15 jeunes filles enlevées près de Toumour ;
  • Les mesures à prendre pour atténuer certains effets négatifs dus à l'état d'urgence, notamment du point de vue économique et des violations des droits humains ;
  • Les mesures que le Gouvernement compte prendre pour venir en aide aux populations victimes d'inondations ;

. Les dispositions envisagées par le Gouvernement pour trouver de solutions durables à la récurrence des inondations dues au débordement des eaux de la Komadougou.

Après les réponses apportées par le Ministre et le débat qui s'en est suivi, l'Assemblée nationale est convaincue que la sécurité dans la région de Diffa passe inéluctablement par des actions concertées entre le Gouvernement et les partenaires multilatéraux, d'une part, et la forte implication des populations locales qui ne peut être obtenue qu'à travers la mise en œuvre d'une vraie stratégie de communication en vue d'une franche collaboration avec les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), d'autre part.

À l'issue du débat et des éclaircissements complémentaires fournis par le Ministre, il est apparu clairement que malgré :

  • les énormes moyens déployés par l'État au titre de la sécurité, beaucoup d'efforts restent à fournir pour endiguer l'insécurité dans la région de Diffa ;
  • la présence constante des Forces de Défense et de Sécurité et des forces amies dans la région, des attaques terroristes et des enlèvements des personnes contre rançon sont enregistrés ;
  • les dispositions préventives prises, des inondations provoquées par les eaux de la Komadougou sont récurrentes, aggravant ainsi la situation humanitaire déjà précaire dans la région.

Aussi, préoccupée par la persistance des attaques et des enlèvements tous azimuts des femmes et enfants en dépit des efforts consentis par l'État, l'Assemblée nationale estime-t-elle qu'une nouvelle dynamique doit être impulsée afin que la sécurité règne partout au Niger, et particulièrement, dans la région de Diffa dont il est question ici.

Au regard de tout ce qui précède, l'Assemblée Nationale

Recommande au gouvernement de :

  • Élaborer et mettre en œuvre une vraie stratégie de communication ayant pour objet d'amener les populations à améliorer leur collaboration avec les FDS pour mieux assurer leur défense et leur sécurité ;
  •  Prendre les dispositions adéquates   pour mettre   un   terme   aux attaques terroristes et aux enlèvements des paisibles citoyens ;
  • Prendre des dispositions diligentes et idoines pour ramener toutes les personnes enlevées à N'Guéléwa et à Toumour ;
  • Prendre des mesures appropriées en vue de mettre fin non seulement aux violations des droits humains dans   les zones en   proie à l'insécurité, mais aussi alléger les souffrances des populations sur le plan économique ;

. Prendre, en toute urgence, des dispositions utiles pour aider les populations victimes d'inondations partout dans la région ;

  • Créer un cadre de concertation inclusif regroupant les élus nationaux et locaux, les administrateurs, la chefferie traditionnelle, les leaders d'opinion et religieux, les organisations de la société civile et les FDS;
  • Reprendre les travaux de construction de la route Diffa – frontière Tchad (route du pétrole) en vue notamment d'accroître l'emploi des jeunes de la région ;
  • Redynamiser les comités de paix à tous les niveaux ;
  • Procéder à l'évaluation de l'état d'urgence sur le plan économique et social en vue d'atténuer les effets induits par son application ;
  • Trouver des   solutions   durables   pour prévenir des inondations causées de façon récurrente par le débordement des eaux de la Komadougou ;
  • Superviser et coordonner les activités des humanitaires dans la région de Diffa.

Fait à Niamey, 12 décembre 2018

13 décembre 2018
Source : http://www.lesahel.org

 

Imprimer E-mail

Politique