Lancement officiel du rapport final de l’étude « coût de la faim au Niger » : Les coûts annuels associés à la sous nutrition chez l’enfant sont estimés à 289,7 milliards de FCFA, selon le rapport

L’étude de l’incidence sociale et économique de la sous-nutrition chez l’enfant, conduite un an durant, par le Comité National de pilotage dirigé par le Haut-Commissaire à l’Initiative 3N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens), est à son terme, au Niger. Le rapport final de l’analyse a été officiellement lancé hier matin, à Niamey, par le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage M. Albadé Abouba, représentant le Premier Ministre. Cette cérémonie solennelle consacre la publication des données utiles et nécessaires pour palier l’impact de la sous-nutrition sur le capital humain.

Procédant au lancement du rapport final, le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, M. Albadé Abouba a rappelé d’abord l’intérêt qu’accorde le gouvernement à la question de la nutrition. L’engagement, a-t-il expliqué, est de mettre les enfants nigériens dans des conditions qui leur permettraient de devenir des adultes pleinement épanouis, en bonne santé et productifs. D’où l’adoption de la politique nationale de sécurité nutritionnelle, le 15 Novembre 2018, dont l’objectif est poursuivi à travers la mise en œuvre de l’initiative 3N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens), notamment dans son axe intitulé « amélioration de l’état nutritionnel des nigériens ». C’est aussi dans cette logique qu’a eu lieu le 6 décembre dernier, le lancement de la politique nationale de sécurité nutritionnelle et son plan d’action, par le Premier Ministre, SE. Brigi Rafini, en présence de Mme Gerda Verburg la Sous-secrétaire générale de l'ONU et coordonnatrice du mouvement « Scaling Up Nutrition » (SUN).

«Cela, constitue une déclinaison du programme de la Renaissance initié par le Président de la République, Chef de l’Etat, SE Issoufou Mahamadou » a indiqué M. Albadé Abouba. Ainsi, l’investissement en faveur de la nutrition permettra de susciter une croissance économique durable, en vue d’atteindre l’objectif de réduction du taux de malnutrition aigue et le contenir en dessous du seuil admis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Par la réalisation de cette étude, ce sont des repères pertinents qui sont établis pour des perspectives adéquates. Ce qui fait du Niger l’un des 20 premiers pays africains à disposer d’un tel outil. L’étude dite « Coût de la faim » (COHA), est, en effet, mise en œuvre dans plusieurs pays du continent. Elle est initiée par la Commission de l’Union Africaine (CUA) et le Nouveau Partenariat pour le Développement en Afrique (NEPAD), avec l’appui du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (ECLAC).

Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage a salué et félicité les partenaires et l’équipe pluridisciplinaire de pilotage, constituée des représentants des départements ministériels impliqués directement ou indirectement, en l’occurrence ceux de l’agriculture et l’élevage, de l’éducation, de la santé et de la protection sociale, sous la conduite du Haut Commissariat à l’Initiative 3N. « La production de cette étude au Niger est salutaire pour la mise en œuvre de notre politique nationale de sécurité nutritionnelle. Car les résultats, validés au plan technique, le 20 Juillet 2018, nous permettent de mieux appréhender la situation à certains égards », a soutenu M. Albadé Abouba.

Globalement inspirée des statistiques de l’année 2014, l’étude révèle qu’au Niger, les coûts annuels associés à la sous-nutrition chez l’enfant sont estimés à 289,7 milliards de FCFA, soit 7,1% du PIB par an. Ce qui s’explique, du fait des effets cumulés en termes de dépenses liées à la santé, celles de la scolarité et la perte de productivité sur le marché de l’emploi. Il faut souligner que le modèle de l’étude évalue le nombre de cas supplémentaires de morbidité, de mortalité, de redoublement, d’abandon scolaire et de réduction des capacités physiques pouvant être directement attribués au facteur de la sous-nutrition avant l’âge de cinq ans. Pour le Ministre d’Etat, Albadé Abouba, ces genres d’indices constituent une alerte pour les acteurs et tous les partenaires, afin de mutualiser les efforts pour l’atteinte de l’objectif ‘’zéro malnutrition au Niger ‘’, d’ici 2021.

« Les résultats de cette étude seront d’une utilité capitale pour nombre de politiques publiques», a-t-il relevé, avant de souligner que cela marque le lancement du processus de capitalisation de ces résultats. Auparavant, le représentant du NEPAD, celui du PAM, la Commissaire de l’UA, chargée des affaires sociales, et le Secrétaire général du Haut Commissariat à l’initiative 3N ont tour à tour apprécié les conditions de l’accomplissement des travaux, et l’utilité des informations contenues par le rapport final. Lors de la conférence de presse qui a eu lieu à la fin de la cérémonie, des détails ont été apportés sur la contribution des données de l’étude dans les perspectives de la construction du capital humain.

Mahamane Chékaré Ismaël (Stagiaire)

11 décembre 2018
Source : http://www.lesahel.org

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