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Gestion des renaissants : La déception des Nigériens sur toute la ligne

‘’Notre pays n’est pas pauvre, les ressources dont il dispose sont immenses. Elles sont simplement mal gérées par les gouvernants’’. C’était ça la litanie favorite du président Mahamadou Issoufou lorsqu’il était l’opposant auréolé du qualificatif ‘’historique’’.

Un investissement productif desdites ressources implique, selon lui, la consécration de l’essentiel desdites ressources dans les secteurs sociaux de base, à savoir la promotion de la santé, de l’éducation et du monde rural dont la survie est intimement liée aux aléas climatiques. Concernant ce dernier volet précisément, il promettait de créer les conditions permettant au monde rural de ne plus dépendre de la pluviométrie pour assurer leur épanouissement durable par l’investissement de ressources conséquentes dans ce secteur qui occupe plus de 80% de la population nigérienne.

Il promettait de déconnecter la production agricole de la pluviométrie par l’exploitation des eaux de surface et du sous-sol pour permettre aux paysans d’être actifs en toute saison. Pour relever ce défi, la recette consistait à mettre fin à la dissipation des ressources publiques par une lutte acharnée contre la corruption et les pratiques assimilées. Ses discours étaient attractifs pour ne pas dire envoûtants.

Ils lui ont permis d’accéder au pouvoir en 2011, à l’issue d’une lutte âpre contre la volonté du président Mamadou Tandja de prolonger de 3 ans supplémentaires son deuxième mandat et d’une transition militaire qui n’a pas véritablement joué franc jeu dans la conduite du processus électoral.

Pour l’amélioration de la production agricole, le programme de la renaissance a lancé un programme dénommé 3N (les Nigériens nourrissent les Nigériens) qui n’a pratiquement rien changé sur le terrain en termes de modernisation de l’agriculture.

A elle seule, la théorie ne saurait constituer une recette miracle pour booster les rendements agricoles dans un pays où les paysans, dans leur écrasante majorité, recourent aujourd’hui encore aux outils aratoires rudimentaires pour exploiter leurs champs.

Ledit programme n’a pas solutionné ce problème. Et mêmes les intrants et semences améliorées qui sont positionnés dans les points de vente du pays ne sont pas accessibles à de nombre d’entre eux.

Du coup, la sécheresse continue de rimer avec famine dans notre pays. Le deuxième point sur lequel porte notre réflexion, c’est la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics.

Le président Issoufou Mahamadou avait pris l’engagement de combattre farouchement ces pratiques néfastes une fois au pouvoir. Quel constat peut-on établir par rapport à la tenue de cet engagement ? Il est tout simplement décevant sur toute la ligne au bout de plus de 7 ans de gestion de l’Etat par les renaissants. Pour faire sensation, flouer les Nigériens, sous son premier mandat, il a créé des nouvelles structures dédiées à la lutte contre les deux fléaux. C’est tout ! Car dans les faits, les lignes ont plutôt reculé, la corruption et les détournements des deniers publics ont pris des proportions inégalées dans les hautes sphères de l’Etat.

Les pontes du système s’adonnent à ces pratiques à visage découvert en toute impunité. C’est un véritable désastre et d’ailleurs la principale raison pour laquelle les tarayyistes manœuvrent activement pour s’incruster au pouvoir en 2021. En vue d’échapper aux poursuites inévitables en cas d’alternance.

Tawèye

09 décembre 2018
Source : Le Canard en Furie

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