Forfaitt-ORANGE-4G

Processus électoral : Le forcing suicidaire d’Issoufou en faveur de qui ?

Processus electoral Issoufou Bazoum Hassoumi Brigi Salou Sani Abba Les camarades nigériens, veulent à leur convenance, se confondant au Niger qu’ils ne sauraient pourtant pas représenter seuls, fussent-ils une majorité qui gouverne le pays, tenir des élections à leur seul profit, loin des règles de la compétition saine d’une démocratie normale. Le pays est à tous et chacun, de quelque condition qu’il soit, a son mot à dire dans la marche du pays et notamment par rapport aux grands sujets qui ont trait aux préoccupations majeures de la nation. Personne ne peut être laissé sur les marges, abandonné à la lisière du pays pour constituer un petit peuple de seconde zone. On n’est Nigérien ou on ne l’est pas.

Peut-être ne croient-ils plus en leur majorité, à la solidité et à la force des partis et des hommes qui les soutiennent pour «écraser» les Nigériens et détruire le Niger et son économie. Aussi, ne peuvent-ils pas être capables d’organiser des élections honnêtes dans le pays. Ils n’ont pas su gouverner sagement pour répondre aux attentes légitimes des Nigériens qui vivent aujourd’hui les affres de la médiocrité d’un socialisme avarié et diviseur, comme jamais, ils ne sauront tenir des élections crédibles dans le pays, comme du reste, ils l’ont déjà démontré en 2016. La seule chose dont ils ont été capables – et tous les Nigériens le leur reconnaissent volontiers – est d’avoir su «mélanger» les Nigériens, les amis, les familles, les partis politiques, la société civile et les syndicats au point de «tuer» le syndicalisme dans le pays. Même l’USN n’est plus qu’un pauvre «machin», un pauvre agneau qui gît sous les griffes cyniques du socialisme, victime de ses turpitudes et de ses accointances dangereuses avec le pouvoir.

Ils doivent se réjouir de la bénédiction d’un putsch qu’ils appelaient de leurs vœux et qui les porta au pouvoir, quand, sans pudeur, ils appelaient, au su et au vu de tout le monde, l’armée à «ne pas obéir à un ordre manifestement illégal». La junte qu’ils avaient employée pour remporter les élections de 2011, s’est inspirée de sa science électorale conçue dans la fraude, par un marché de dupe a-t-on appris, pour les aider à venir au pouvoir, d’où sans doute, le deal, qu’on évoquait dans la presse et dans les salons feutrés, pour soupçonner un retour de l’ascenseur au profit de leur bienfaiteur, le général étoilé qu’une révélation a dû contraindre à la discrétion pour laisser passer la bourrasque soulevée depuis des jours et entretenus sur les réseaux sociaux.

Ils avaient la technologie de la fraude électorale. Ils savent surtout que celle-ci s’organise en amont, pendant et en aval des scrutins. C’est pourquoi, dans l’indifférence totale des critiques qui fusent de toute part, ils continuent, têtes baissées, à poursuivre la conduite solitaire du processus, n’écoutant ni acteurs, ni partenaires inquiets pour la stabilité d’un pays on ne peut plus trop fragile. «L’avant, le pendant et l’après des scrutins», sont des instants cruciaux des élections pendant lesquelles, les scientifiques de la fraude savent s’organiser pour avoir le contrôle du processus afin de le diriger à leur guise, à leur convenance, et surtout à leur seul profit.

L’avant

Les Nigériens se rappellent de la manière dont les élections de 2016 avaient été conduites par les caciques du régime qui n’ont jamais voulu écouter personne, pour favoriser un climat apaisé afin de créer les conditions d’élections justes, acceptées de tous. A l’époque, une gestapo était à la manœuvre pour contrarier et taire toute résistance tant que la France et Hollande savaient se. taire, faisant semblant de ne rien voir. Ils voulaient une victoire, n’importe laquelle, soit-elle la plus sale et la plus avilissante. Les complicités et les soutiens des Tuteurs Blancs, leur donnaient la force de tenir même dans la turpitude. Ils décapitèrent un parti de ses poids lourds régionaux en mentant à leur compte pour les confondre dans un vrai faux coup d’Etat pour les envoyer en prison, n’épargnant même pas leur candidat à la présidentielle, qu’une frayeur les poussait à «isoler»– le mot est du ministre de l’Intérieur de l’époque – ne pouvant accepter en démocrates sincères, à armes égales, que Hama Amadou batte campagne comme son challenger solitaire.

Dans la perspective des élections de 2021, toujours dans la peur de perdre le pouvoir et de répondre de leur mauvaise gestion, ils prirent les précautions, pour verrouiller le processus et s’éviter toute concurrence rude qui pourrait compromettre leurs chances de triompher loyalement. Prétextant la révision des textes électoraux sur des points retenus de manière consensuelle, ils profitent pour modifier à leur profit, des articles sensibles, dont certains ont même été manipulés à des fins personnelles pour barrer la route, au même candidat qui gêne et qu’une incarcération n’aura pas été suffisante à affaiblir. Malgré leur volonté de le diaboliser, de nuire à sa réputation, les Nigériens finirent par le lui imposer au second tour. Mais ne pouvant pas comprendre par un tel fait la stature de l’homme et son envergure nationale, ils continuèrent dans les mêmes peurs à le craindre, pour ne penser que des moyens de l’éviter à l’affronter. Il fallait alors détourner les textes pour l’empêcher carrément de se présenter, justifiant de fait que cet homme reste le plus populaire, et sans doute aussi, le plus apte à sauver ce pays des déviances socialistes et d’une gouvernance. merdique. Les grandes nations qui nous regardent, peuvent ainsi comprendre la supercherie, pour réaliser que rien ne saurait justifier objectivement le harcèlement dont il est victime et surtout cette fixation maladive de socialistes qui ont trop peur de la démocratie, du leader du Moden/Fa Lumana et de ses sagesses qui ont pu éviter au Niger en 2016 bien de périls. Hama Amadou, n’est pas de l’ordre des hommes qu’on peut écraser pour aller dormir sur ses lauriers. Comme un autre, il n’est pas seul ! Et c’est sans doute pour cela que bien d’observateurs s’effraient pour le pays. Les gourous du système Guri doivent faire attention à leurs vanités pour éviter à ce pays des épreuves inutiles que des sagesses peuvent nous faire éviter.

C’est dans la même logique qu’il faut comprendre la mise en place d’une CENI unipolaire répondant aux seules préoccupation du Pnds – non même de la MRN – et ce pour les seules ambitions démesurées de caciques du pouvoir socialiste qui ne veulent rien céder pour conserver le pouvoir, le plus longtemps possible pour s’éviter des humiliations face à une histoire qui ne retient malheureusement d’eux aucune bonne réputation. Au regard de la composition actuelle de la CENI horriblement rose, rien ne peut rassurer la classe politique dans son ensemble à se hasarder dans une telle aventure pour légitimer un processus biaisé, et des résultats préfabriqués qu’on en sortira pour légaliser un pouvoir moribond fondé sur l’injustice et la gabegie que les Nigériens décrient et rejettent dans leur ensemble depuis des années. L’attitude de l’opposition, est tout à fait légitime et défendable de ce point de vue quand on sait que le Pnds, pour de telles observations à tout le moins inquiétantes, en d’autres temps, aura déjà remué ciel et terre pour se faire entendre. Pourquoi donc ce même parti qui prétend être le plus grand de l’échiquier soutenu par ailleurs par une multitude de partis politiques inféodés au système, peut avoir une attitude aussi surprenante que peureuse pour refuser d’écouter des adversaires politiques «minoritaires» qui ne demandent rien d’autre qu’un jeu transparent pour l’aider à triompher dans la gloire et la dignité ? De quoi le Pnds peut-il avoir si peur d’aller dans une élection inclusive, juste et crédible ? Pourquoi Hama Amadou les hante tant pour trembler à la seule prononciation de son nom ? Les Camarades, peuvent-ils manquer de bravoure à ce point ? Qui l’eut cru ? Difficile de reconnaître les Lions…

Bazoum et ses camarades doivent et peuvent comprendre que les Nigériens, ne peuvent accepter aujourd’hui, comme hier eux ne pouvaient l’accepter, qu’un processus électoral soit détourné au seul profit d’un clan, qui plus, dans le pays, ne fait pas le bien. Cette CENI-maison et cette loi électorale taillées sur mesure pour assurer la victoire d’un régime qui a fait ses preuves négativement et que les Nigériens ne sont pas prêts de reconduire, s’il faille forcer à aller avec aux prochaines consultations, sont porteuses d’incertitudes majeures pour le pays. Ils sont en effet nombreux à le décrier dans l’opposition et l’on sait qu’en plus, il y a des voix muettes au sein du pouvoir qui ne sauraient les cautionner jusqu’au bout même si, par quelques déclarations qui leur sont arrachées, certaines d’entre elles continuent à dire qu’elles soutiennent le régime pour éviter d’être congédiés du festin rose, malheureusement frugal depuis peu que le temps des vaches maigres les a surpris sur les chemins de l’aventure. Chacun, lorsque voyant le pire venir, ne peut que se mettre du côté de la nation et du peuple trahi pour se libérer du joug d’un système défaitiste qui n’exclut pas le pire pour rester aux affaires – entendre le mot dans son essence économique – en conservant le pouvoir.

Depuis des jours, faisant la sourde oreille aux interpellations somme toute crédibles de l’opposition, de la société civile et de certains partenaires, le régime fonce, refusant tout compromis qui mettrait le pays à l’abri de turbulences redoutées par les observateurs de la scène nationale. D’ailleurs, sur quelle force peuvent compter les «illuminés» du régime pour croire qu’ils peuvent conduire le pays par le forcing jusqu’à l’atteinte hypothétique de leurs objectifs si peu pensés pour le mieux-être du Niger et des Nigériens ? Pourtant, dans le silence des fatalismes et des résignations, les plus lucides peuvent percevoir des signes qui présagent des temps difficiles pour notre démocratie et pour la stabilité de notre pays mais aussi pour notre économie. Comment, ne pas compter avec la hargne vengeresse du mal terroriste, qui ne passe plus une semaine pour frapper et défier un régime fanfaron qui ne compte pourtant que sur des forces étrangères, quand il ne peut faire confiance aux siennes pour faire face à la situation sécuritaire devenue très préoccupante ces derniers temps ?

Le Niger sur une trajectoire très glissante

Les socialistes nigériens s’en foutent. Le pays, sa quiétude, sa cohésion, ne semblent guère les préoccuper. Ne comptent chez que leur confort qu’il leur faut préserver à tout prix. Dans un pays fait de colères multiples, de malaises profonds, entourés de foyers de tension multiples, cerné par la violence barbare de bandits invisibles et sans identité traçage, il y a de quoi s’effrayer d’un gouvernement muet et indifférent finalement face aux drames que vivent les Nigériens face aux enlèvements et aux excursions meurtrières d’un terrorisme sournois. Depuis des jours, la France donne l’exemple : un peuple vaillant qui se battre quand il le faut, ne reculant devant rien. A celui qui expliquait qu’une manifestation de nuit est un péché mortel, impossible dans les démocraties normales et civilisées et notamment en France, les Françaises et les Français, par le soulèvement des ‘’Gilets Jaunes’’, depuis des jours, montrent qu’un peuple, mis dos au mur par un pouvoir qui refuse de l’écouter, ne peut que faire face à des colères populaires incontrôlables. La France de ces derniers jours, donne à réfléchir : ceux qui servent de modèles à nos socialistes aliénés et complexés, montrent qu’ils sont tout aussi capables, face à la misère et au désespoir, de barbaries, quand on voit les violences et les feux qui brûlent depuis des jours, dans cette grande et belle France devenue triste ces derniers jours par les arrogances et l’indifférence d’une jeunesse et d’une immaturité qu’un hasard de l’histoire a portées à la tête de cette grande nation.

Le Niger n’a pas plus de chance que les autres nations : il y a à faire attention, ensemble, pour nous éviter des turbulences dommageables pour notre cohésion et notre avenir et ne pas encore retarder notre marche vers le progrès attendu depuis la conférence nationale pour quitter un rang qui ne nous a que trop humiliés dans le monde. Car, qu’on soit du pouvoir ou non, qu’on le reconnaisse et le dise ou qu’on le taise à dessein, une chose est évidente pour tous : le Niger va mal. La majorité des Nigériens le crient, tant pis qu’on ne les écoute pas ; les autres, le sandwich avarié encore à la bouche, se taisent, le temps de finir le régal, mais le réveil pour ceux-là risque d’être terrible : ils ne verront que les poussières d’un vent ravageur !

Quand l’envie de manger fait perdre à des hommes la tête et des lucidités, il faut croire qu’un pouvoir «sourd et aveugle», ne soit à la dérive…

Et les Nigériens doivent se réveiller pour éviter au pays le pire. Avant qu’il ne soit tard !

Gobandy  

08 décembre 2018
Source : Le Monde d’Aujourd’hui

Imprimer E-mail

Politique