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Table ronde d’Abidjan des partenaires techniques et financiers du Programme Kandadji : 436 millions de dollars US mobilisés pour financer la 2ème phase de la réinstallation des populations

partenaires techniques et financiers du Programme KandadjiLe Programme du barrage Kandadji d’une importance stratégique pour la vie économique et sociale du Niger, vient de bénéficier d’un appui conséquent dans le processus de sa réalisation : environ 436 millions de dollars américains, dont 60 millions de la Banque africaine de développement, chef de file des partenaires du programme Kandadji, ont été mobilisés pour la mise en œuvre du Plan d’action de réinstallation (PAR 2), pour un besoin de 432 millions de dollars. C’est ce qu’annonce le communiqué de presse publié à l’issue de la table ronde que la Banque africaine de développement (BAD) a organisée le 30 novembre 2018 à Abidjan.

La table ronde d’Abidjan des partenaires techniques et financiers sur le financement du Plan d’action de réinstallation (PAR 2) de la deuxième phase des populations qui seront affectées par le programme Kandadji, a eu lieu sous la présidence conjointe de Mme Aichatou Boulama Kané, ministre du Plan du Niger et de M. Charles Boamah, Vice-président principal de la Banque africaine de développement.

La mise en œuvre du PAR 2 permet d’accélérer le processus de la réalisation du barrage de Kandadji. Près de 50 000 personnes situées dans 24 villages seront concernées par cet aménagement.

L’engagement exprimé par les partenaires en mobilisant 436 millions de dollars dénote de leur détermination commune à accompagner le gouvernement du Niger dans ses efforts de voir ce projet phare aboutir. «Le Programme Kandadji a toujours été l’une des priorités du Président de la République, SE Issoufou Mahamadou qui suit de très près sa mise en œuvre et surtout, il tient fermement à faire tourner les tribunes de Kandadji avant la fin de son mandat », faisait remarquer le Directeur général de l’Agence du Barrage Kandadji (ABK), M. Amadou Harouna, récemment dans nos colonnes.

La réalisation du programme Kandadji devrait contribuer entre autres à réduire la variabilité saisonnière du débit du fleuve Niger, à améliorer la sécurité alimentaire et les conditions de vie des populations, à renforcer la capacité de production d’énergie hydroélectrique. C’est un programme à la fois stratégique, structurant, multisectoriel, de portée nationale et transfrontalière. Le site du barrage Kandadji est situé sur le fleuve Niger, à 180 kilomètres de Niamey et à 60 kilomètres en amont de la frontière du Mali. Sa réalisation attendue depuis des décennies peut être une solution durable aux attentes des populations du Niger.

Les populations bénéficieront d’une nette amélioration de leurs conditions de vie grâce à la satisfaction de leurs besoins en électricité, en eau, et à l’amélioration de la sécurité alimentaire. Le programme contribuera à l’amélioration de l’accès à l’eau pour le développement agricole, permettant ainsi de mettre en valeur le potentiel des 45 000 hectares de terres irrigables de la Vallée du Niger. Il contribuera également à réduire la variabilité́ saisonnière grâce à la création d’un réservoir d’une capacité́ suffisante de 1,443 milliard de mètres cubes, qui répond aux exigences de soutien d’étiage, le déstockage de l’eau pour renforcer le débit du fleuve, de 120 mètres cubes par seconde à Niamey. L’augmentation de la capacité́ de production nationale d’énergie hydroélectrique, d’une capacité́ de 130 mégawatts, et d’une production de 629 gigawatts-heure est également prévue. Ce qui permettra d’améliorer le taux de couverture des besoins du pays en énergie. Enfin, le programme contribuera au renforcement de l’intégration régionale.

Mais la réinstallation des populations qui doivent quitter leurs lieux d’habitation, de cultures, et d’autres activités constitue une étape clé dans le processus de la réalisation du programme Kandadji. Le Vice-président principal de la Banque africaine de développement, a relevé l’importance du PAR 2 qu’il a qualifié d’étape significative dans la réalisation du programme. « En raison des impacts structurants de Kandadji sur l’économie nigérienne, nous devons joindre nos efforts et faire de ce programme phare une réalité, sans plus attendre», a dit M. Charles Boamah.

« Aujourd’hui, malgré les imperfections inhérentes à toute œuvre humaine d’envergure et en dépit de la complexité de Kandadji, l’enthousiasme des populations, ainsi que la forte détermination des hautes autorités du Niger sont restés fermes. Aucun programme de développement n’aura suscité un intérêt aussi durable et une attente aussi forte de la part de la nation nigérienne », a déclaré pour sa part Mme Kané Aichatou Boulama. Aussi, a rappelé la ministre du Plan, « l’élaboration du PAR 2 a fait l’objet de larges consultations publiques durant l’été 2018 : l’occasion de partager les résultats avec les populations, d’être à l’écoute de leurs préoccupations, et de saluer le concours efficace de la société civile pour la réussite de ces consultations ».

Pour Abderahim Bireme Hamid, Secrétaire exécutif de l’Autorité du Bassin du Niger, « le programme Kandadji fait partie du Plan d’action de développement durable (PADD) du Bassin du Niger. Or le PADD, et en particulier la construction des barrages de Fomi et de Kandadji, constitue une mesure efficace d’adaptation aux effets du changement climatique, en raison de la mise en place de grands réservoirs d’eau pour l’irrigation en saison sèche et du maintien des débits d’étiage ».

Une douzaine de partenaires financiers et techniques soutiennent le gouvernement Nigérien dans le programme Kandadji dont les enjeux hautement stratégiques justifient les efforts et les énergies qu’ils lui consacrent.  

Souley Moutari(onep)

06 décembre 2018
Source : http://www.lesahel.org

 

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