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Rencontre d’échanges entre le Gouvernement et la Secrétaire générale de l’ONU chargée des questions de nutrition : Le gouvernement du Niger s’engage à investir dans la nutrition à travers une politique

En mission de travail à Niamey, la Sous-secrétaire générale de l’ONU, Mme Gerda Verburg, également coordonnatrice du mouvement SUN (Scaling Up Nutrition) a eu hier matin, une rencontre d’échange hier matin, avec le gouvernement dans la salle de banquet de la Primature. Cette rencontre présidée par le Premier ministre, Chef du gouvernement, S.E Brigi Rafini a été l’occasion pour les autorités nigériennes de présenter, à leur hôte, la Politique Nationale de Sécurité Nutritionnelle et son plan d’action multisectoriel 2017-2019. Cette politique a été élaborée en prenant en compte les huit (8) engagements de Malabo auxquels le Niger a librement souscrit afin de combattre la malnutrition sous toutes ses formes.

Le document de la Politique Nationale de Sécurité Nutritionnelle a été présenté par le Haut-commissaire à l’Initiative 3N M. Ali Bety. Cette présentation rappelle d’abord le contexte dans lequel le Niger a élaboré son document en matière de politique et stratégies permettant de lutter efficacement contre la malnutrition, un véritable fléau qui annihile considérablement les efforts du gouvernement. En effet, entre 2007 et 2008, les crises mondiales majeures (alimentaire, financière et pétrolière) ont lourdement impacté l’alimentation et la nutrition des populations. Ces crises ayant bouleversé le monde entier ont davantage éveillé les consciences pour une contribution plus accrue et une mobilisation sans précédant en faveur de la nutrition. C’est aussi dans ce contexte que le mouvement « Scaling Up Nutrition » a vu le jour en 2010. Son objectif est de plaider pour le renforcement de la nutrition en faveur des 60 pays membres du mouvement SUN dont le Niger.

La présentation montre aussi que la malnutrition a affecté fortement les Nigériens avec des disparités. Il est donc nécessaire d’investir dans le domaine de la nutrition. Les données du document explique que la malnutrition engendre des pertes allant jusqu’à 16% du produit intérieur brut en Afrique. Un (1) dollar investi dans la nutrition rapporte 16 dollars en retour sur investissement. Par ailleurs, il faut relever que la politique nationale de sécurité nutritionnelle et son plan d’action reposent sur huit (8) piliers principaux. Elle est mise en œuvre à travers une approche multisectorielle et inclusive pour identifier la lutte contre la malnutrition sous toutes ses formes et accélérer l’atteinte des résultats et de l’impact sur l’amélioration de l’état nutritionnel et de santé. S’agissant du budget de la politique pour la période de 3 ans (2017-2019), le document affiche une prévision totale de 364 millions d’euros répartis sur les huit engagements.

En 2016, la contribution du budget national pour la nutrition est estimée à 11% dont 10% sur les interventions sensibles à la nutrition (agriculture et systèmes alimentaires sensibles à la nutrition). La nutrition représente environ 6% du coût global des programmes d’actions prioritaires du PDES 2017-2021 et 10% à 15% sur les aspects sensibles (agriculture-système alimentaire sensible à la nutrition-éducation sensible à la nutrition-protection sociale gouvernance).

En réagissant à la présentation de la politique nationale de sécurité nutritionnelle du Niger, la Sous-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Gerda Verburg a indiqué que cette présentation est claire dans la mesure où elle donne les détails de tous les aspects de la politique. Toutefois, elle a attiré l’attention du gouvernement sur le fait que la malnutrition est un fardeau qui réduit considérablement les efforts de développement du Niger. Pour étayer son argument, Mme Gerda Verburg s’est appuyée sur les résultats de l’étude sur le coût de la faim réalisée avec le soutien de l’Etat du Niger à travers le Haut-commissariat à l’Initiative 3N, le Programme Alimentaire Mondial, la Commission de l’Union Africaine et le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). Cette étude a révélé que 7,2% du produit intérieur du Niger est dépensé pour la lutte contre la malnutrition.

C’est pourquoi, la Sous-Secrétaire générale de l’ONU a estimé que le Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage doit veiller sur la production alimentaire pour que le Niger soit définitivement épargné de la malnutrition. « Nous avons remarqué que plusieurs ministères sont impliqués dans le combat en faveur de l’éradication de la faim au Niger. Ce qui est une bonne chose. Il faut continuer dans ce sens pour arriver à un résultat probant », a conseillé Mme Gerda Verburg. A l’issue de cette rencontre d’échanges, le ministre de la Santé publique, Dr. Idi Illiassou Mainassara et Mme Gerda Verburg ont co-animé un point de presse. Pour la Sous Secrétaire générale de l’ONU, la lutte contre la malnutrition est un grand défi pour le Niger dans la mesure où 45% de ses enfants sont en retard de croissance et 53% des femmes souffrent d’anémie. Néanmoins, elle reste optimiste quant à la capacité du Niger à faire des progrès remarquables dans la lutte contre la malnutrition.

Pour sa part, le ministre de la Santé publique, Dr. Idi Illiassou Mainassara a noté que les problèmes alimentaires et nutritionnels peuvent constituer un frein au développement d’un pays. Au Niger, le gouvernement a consenti des efforts substantiels avec l’appui de ses partenaires. Les actions menées dans le cadre de la lutte contre la malnutrition ont permis de réduire de façon significative le taux de la malnutrition aiguë et de la malnutrition chronique. Mais, Dr. Idi Illiassou Mainassara a reconnu que le Niger est toujours au niveau du seuil d’alerte. La malnutrition aigüe tourne autour de 10 à 15% tandis que la malnutrition chronique est à 40%.

Il faut rappeler que peu avant cette rencontre élargie aux membres du gouvernement, la Sous Secrétaire générale des Nations Unies et coordinatrice du mouvement SUN (Scaling Up Nutrition), Mme Gerda Verburg a d’abord été reçue en audience par le Premier ministre Brigi Rafini.

Hassane Daouda(onep)

06 décembre 2018
Source : http://www.lesahel.org

 

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