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Scandale de la réhabilitation route Tahoua-Arlit : Les députés devant leurs responsabilités !

Scandale de la réhabilitation route Tahoua-Arlit : Les députés devant leurs responsabilités !« Il y a eu un premier versement de 15 milliards FCFA qui ont permis de démarrer les travaux et Areva est prêt à verser les tranches suivantes. Pour cela, les négociations continuent ». Telle est la réaction de Kadi Abdoulaye, ministre de l’Equipement, lors de son interpellation, il y a de cela quelques jours, devant le parlement nigérien, relativement à la réhabilitation de la route Tahoua-Arlit

Cette réplique du gouvernement intervient après la révélation faite par l’ancien ministre d’Etat, Omar Hamidou Tchiana qui demandait au Premier ministre, Chef du gouvernement, Brigi Rafini, de « dire au peuple nigérien où sont passés les 100 millions d’euros d’Areva pour la réhabilitation de la route TahouaArlit dans le cadre de l’accord de partenariat stratégique signé en 2014 ». En reconnaissant de facto que son gouvernement a reçu un versement de la première tranche, le ministre de l’équipement, dans ses gesticulations ridicules, et sans avoir apporté les preuves des travaux effectués sur ce tronçon a, sans le savoir, plongé son régime dans un imbroglio lourd de conséquences. Retour sur un dossier rocambolesque de violation flagrante de la loi, un exercice que conjugue chaque jour les renaissants au pouvoir sur les rives du fleuve Niger. Selon nos informations, tout  serait parti du gel par Areva du projet Imouraren qui n’était en réalité qu’un éléphant blanc, vendu par la société française aux autorités nigériennes pour juste lever des fonds.

Informé par ses anciens employeurs de cette situation, le président Issoufou, focalisé sur son second mandat et comptant sur leur soutien, aurait accédé à leur demande, nonobstant une contrepartie. Ce qui aboutit à la signature d’un accord de partenariat stratégique sous l’égide du ministre d’Etat, ministre des mines et du développement industriel de l’époque.

 De cet accord, il est ressorti le financement de l’Irazer, la construction de l’immeuble devant abriter les sociétés minières et la réhabilitation de la route Tahoua-Arlit.

 De ces trois financements, un a été débloqué (Immeuble), une première tranche a été débloquée pour le second (RTA) et celui de  l’Irazer serait renvoyé aux calendres grecques.

 S’agissant du financement de l’Immeuble, une enveloppe de 6,5 milliards fCfA a été dégagée et versée dans un compte ouvert à Ecobank. Le décaissement se faisait au fur et à mesure de l’avancement des travaux de l’immeuble qui est aujourd’hui visible sur la voie menant à l’Aéroport International Diori Hamani de Niamey.

En ce qui concerne le financement de la RTA qui serait de l’ordre d’une soixantaine de milliards de francs CfA, AREvA aurait suggéré de faire un premier décaissement de l’ordre d’environ 15 milliards de fCfA et le reste suivra en fonction de l’avancement des travaux sur la route. Mais ici, contrairement à celui de l’immeuble où l’argent a transité par un compte bancaire, les autorités de 7ème République auraient mis tout un stratagème pour que le premier décaissement transite par le trésor.

 Des années durant, contrairement aux affabulations monstrueuses du ministre de l’équipement, aucun centime n’a été engagé sur ce semblant de route qui continue à endeuiller des milliers de personnes chaque année. C’est pourquoi, ce scandale doit réveiller les députés nationaux de leur sommeil légendaire pour qu’ils se ressaisissent enfin et pour leur honneur, en demandant des comptes au Premier Ministre ainsi qu’au chef de l’Etat comme dans le cas en 2007, de l’affaire dite du fonds d’aide à la presse qui a vu une « majorité sans âme » renverser son propre Premier Ministre qui a été par la suite poursuivi pour « crimes de détournement ».

Par Moussa Aksar

05 décembre 2018 
Source : L'Evènement 

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