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Déclaration de l’opposition politique : L’opposition politique appelle à la restauration de la démocratie

 Déclaration de l’opposition politique : L’opposition politique appelle à la restauration de la démocratie Image d'illustration (Déclaration de l'opposition lors de la manifestation du 11 novembre 2018)Le 24 novembre 2018, l’opposition politique a rendu publique une déclaration dans laquelle les partis politiques des différents fronts de l’opposition ont appelé leurs militants, ainsi que tous les nigériens soucieux du devenir du pays, à une vaste mobilisation pour restaurer la démocratie et l’Etat de droit. « L’opposition politique nigérienne lance un vibrant appel à l’ensemble de ses militantes et militants et au-delà, à tous les nigériens à se mobiliser pour restaurer la démocratie et l’Etat de droit au Niger ». Restaurer la démocratie et l’Etat de droit, le Niger en a grand besoin. Car depuis bientôt 8 ans le Niger vit sous une gouvernance politique et économique chaotique, classant le Niger dernier depuis 2011. La paupérisation des nigériens devient chaque jour grandissante, en même temps ils sont écrasés par une répression fiscale des plus iniques. Surendetté, le Niger peine à faire face aux groupes armés et autres bandits de grand chemin qui endeuillent chaque jour les populations de plusieurs contrées du pays, en particulier à Diffa et à Tillabéry. Pendant le même temps, les libertés fondamentales, individuelles comme collectives sont quotidiennement bafouées. L’emprisonnement est devenu la règle pour les opposants, les journalistes et les acteurs de la société civile, et non l’exception. Cette déclaration fait suite à la sortie de l’opposition du Comité chargé de réfléchir sur le Code électoral et le Règlement intérieur du Conseil national du dialogue politique (CNDP). L’on se rappelle que ce comité a été mis en place par le Premier ministre, chef du gouvernement, le 5 octobre 2018, en vue de rechercher les solutions consensuelles électorales et la normalisation du fonctionnement du CNDP. Jusqu’ici, l’opposition a boycotté les réunions du CNDP, et a été accusée maintes fois de ne pas vouloir la paix en adoptant une attitude belliciste, alors que c’elle qui subit chaque jour que Dieu fait les assauts d’un pouvoir en situation d’échec. Ces accusations viennent parfois paradoxalement de ceux-là mêmes qui sapaient la cohésion sociale et l’unité nationale. C’est « pour faire montre de sa bonne foi, l’opposition politique nigérienne donnait son adhésion totale ». La mise en place de ce comité constituait un réel motif de satisfaction chez nombre de citoyens, au-delà du scepticisme de certains qui, à juste titre, doutaient fort de la sincérité de la majorité au pouvoir. Et, finalement, ce ont les appréhensions des sceptiques qui se sont avérées.

Car, très tôt, la majorité à travers ses représentants au sein du Comité ad hoc, et ses porte-voix sur les différents canaux de communication, a vite fait de montrer sa vraie figure faite de double langage. Le PNDS-Tarayya a renoué avec « les manigances, les fauxfuyants, les manœuvres politiciennes et autres reniements », selon l’opposition. Détruisant tout coup les fondements même de la création du Comité ad hoc : l’inclusivité et le consensus. C’est ainsi que sur les articles 8, 12, 80 et 81, les positions du pouvoir n’ont pas fléchi. Le maintien de ces articles tels leur permettrait, d’une part, d’exclure qui ils veulent et, de l’autre, ouvrir un boulevard présidentiel à leur candidat. Or, pour l’opposition politique « les élections doivent être transparentes, crédibles, équitables et inclusives ». Par ailleurs, elles doivent se tenir dans un environnement assaini sous la supervision d’un juge électoral impartial avec un fichier électoral fiable ». Toutes choses que ne garantissent pas les articles 8, 12, 80 et 81, ainsi que la CENI maison actuelle. Ce sont toutes ces raisons qui ont amené l’opposition politique à se retirer du Comité ad hoc, et à exiger l’organisation d’un dialogue inclusif en présence de témoins nationaux et internationaux, la mise en place d’un dispositif de suivi des décisions, et la réhabilitation du CNDP. Pour l’instant, l’opposition politique ne saurait être liée par les conclusions du comité, les actes de la CENI et le Règlement intérieur du CNDP. Et appelle à une mobilisation conséquente pour la restauration de la démocratie et de la démocratie.

Bisso  

04 décembre 2018
Source : Le Courrier

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