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Célébration du cinquantenaire du CRDTO/CELHTO : 50 ans au service des cultures et du savoir

Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement du Niger, SE. Brigi Rafini, a présidé hier matin à Niamey, la cérémonie officielle de lancement des activités entrant dans le cadre de la célébration du Cinquantenaire du Centre d’Etude Linguistique et Historique par Tradition Orale de l’Union Africaine (CELHTO-UA). Trois jours durant, les universitaires et autres spécialistes de la culture et des traditions orales africaines auront à échanger sur le bilan et les perspectives du CELHTO-UA qui fête ses 50 ans au service des cultures et des milieux universitaires africains. La célébration de ce cinquantenaire sera clôturée par les travaux du 6ème Sommet des Institutions Culturelles d’Afrique et de la Diaspora (SICADIA).

Dans son discours de lancement des activités du cinquantenaire, le Premier Ministre, SE Brigi Rafini a souligné l’importance de la participation des Chefs traditionnels africains à ses activités. « Ils sont les gardiens de nos coutumes et doivent être au centre de la réflexion menée par le CELHTO », a-t-il dit.

A l’entame de la cérémonie, le Coordonnateur du CELHTO-UA et Chef de Mission de l’Union Africaine au Niger, M. Komi N’kégbé Foga TUBLU, a indiqué que la rencontre offre un cadre d’échanges et de réflexion sur le parcours de cette institution à un moment où des réformes sont en cours au sein de la grande institution panafricaine qu’est la Commission de l’Union Africaine. Dans le cadre de ces réformes, le mandat du CELHTO a été étendu en 2015, au développement des cultures africaines dans leur richesse, leur diversité et leurs convergences. M. Komi N’kégbé Foga TUBLU a ajouté que le CELHTO a beaucoup contribué « à appréhender les problèmes de développement du continent sous un prisme africain en vue de mettre les cultures africaines à contribution pour promouvoir le développement du continent ». Il a enfin lancé un appel solennel à l’ensemble de ses partenaires, étatiques et non étatiques, afin qu’ils « donnent leur appui pour relever les grands défis de développement auxquels fait face notre continent ».

La Directrice des affaires sociales Mme Cissé Mariama représentant la Commissaire en charge des affaires sociales de la Commission de l’Union Africaine a, dans le discours qu’elle a prononcé, souligné qu’au fil des années et en fonction de l’évolution de son

organisation mère qui est passée de l’OUA à l’UA et en tenant compte des impératifs du secteur culturel, le CELTHO-UA s’est adapté pour être aujourd’hui, un maillon important du volet culture de l’Agenda 2063. Elle a ajouté que la construction de l’Afrique, conformément à cet agenda « ne pourra se réaliser sans la valorisation et la prise en compte de nos valeurs culturelles pour une Afrique prospère, intégrée, pacifique et sécurisée, acteur et partenaire fort sur le plan mondial ». Mme Cissé Mariama a exprimé «la reconnaissance de la Commission de l’Union Africaine à la République du Niger qui abrite et continue d’accompagner le CELHTO», ainsi qu’aux personnes qui œuvrent pour la reconnaissance culturelle africaine.

(Lire ci-dessous l’intégralité du discours prononcé par le Premier ministre, SE. Brigi Rafini).

«Grâce aux efforts de notre organisation commune qu'est l'Union Africaine, et grâce à l'Etat du Niger, le CELHTO se porte bien ; cela est le signe irréfutable qu'il est là où il devait être » déclare SE. Brigi Rafini

Mesdames et Messieurs

Chers invités.

Voilà cinquante ans, que le Centre d'Etudes Linguistiques et Historiques pour la Tradition Orale (CELHTO) a été créé ici à Niamey sous le nom de Centre de Recherche et de Documentation pour la Tradition Orale (CRDTO) par la signature d'un accord de siège entre l'Organisation des Nations-Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO) et l'Etat du Niger. En Cinquante ans beaucoup a été fait dans le sens de la croissance et de la valorisation de la tradition orale africaine : on peut citer :

-La constitution d'archives sonores et audiovisuelles sur les traditionsorales africaines depuis 1970 ;

-La production d'ouvrages sur la base des études des culturesafricaines à travers la tradition orale ;

-La production d'un revue scientifique dénommée les cahiers duCELHTO...

Au-delà des activités festives, le cinquantenaire du CELHTO doit être l'occasion de jeter un regard rétrospectif sur les grands résultats engrangés à la lumière des défis et surtout de faire des projections sur l'avenir.

Mesdames et Messieurs

A l'origine le CELHTO avait en charge la collecte, l'étude de la tradition orale, la promotion des langues africaines, la reconstruction de la mémoire et de la conscience historique de l'Afrique et de sa diaspora. Il a vu son mandat s'élargir, depuis 2005, en une tâche de développement d'une véritable ingénierie des cultures africaines dans leur richesse, leur diversité et leurs convergences pour en faire un des maillons essentiels de la valorisation et de la prise en compte de la culture dans la politique de développement de nos Etats.

Mesdames et Messieurs,

Que le Niger abrite une institution à la mission culturelle aussi holistique, n'est pas un fait du hasard. Notre pays est, en effet, une terre de culture. Son patrimoine se caractérise aussi bien par les arts rupestres, les documents oraux que par les biens culturels immobiliers. Carrefour de cultures, le Niger a connu des migrations humaines importantes qui ont forgé une civilisation brillante et florissante empreinte du sceau de la générosité et de l'hospitalité.

Les grands massifs montagneux, les plateaux sahariens et les principaux cours d'eau ont accueilli très tôt des communautés humaines, depuis le paléolithique ancien jusqu'à l'arrivée du métal, il y a près de 4000 ans. Plus tard, les grands ensembles sociopolitiques se sont formés autour du Kawar, de l'Aïr, du Kanem-Bornou, du Songhay et des États Hausa, creusets multimillénaires de tous les peuplements actuels du Niger, ce qui constitue son originalité et sa diversité.

Mesdames et Messieurs,

Le Niger est aussi l'épicentre de l'aire soudanienne, siège des royaumes successifs tels que ceux du Ghana, du Mali, du Songhay et de Sokoto. C'est sans doute toutes ces raisons qui ont milité en faveur du choix de notre pays pour abriter ce centre africain. Aujourd'hui cinquante ans après, nous pouvons être fiers d'avoir contribué à travers l'implantation de ce centre à Niamey, au rétablissement de la vérité scientifique sur l'histoire de notre continent et de la célébration de ses dignes filles et fils qui l'ont façonnée.

Grâce aux efforts de notre organisation commune qu'est l'Union Africaine, et grâce à l'Etat du Niger, le CELHTO se porte bien ; cela est le signe irréfutable qu'il est là où il devait être. En effet, mon pays porte l'idéal du CELHTO à savoir la renaissance de l'Afrique. Pour preuve, le Programme politique du Président de la République appelé Programme de la Renaissance vise tout comme l'un des objectifs du CELHTO la promotion et la valorisation de la culture de notre pays et s'articule parfaitement avec la Renaissance culturelle, telle que la conçoit l'Union africaine.

La République du Niger ne pourrait trouver meilleur allié que le CELHTO dans l'atteinte des objectifs culturels inscrits dans leProgramme de Renaissance culturelle de SEM Issoufou Mahamadou, Président de la République. Cette institution est, en effet, à nos yeux, la meilleure structure agissant en profondeur sur le fait culturel africain, car ayant été investie en plus de sa mission originelle de protection et de promotion des traditions orales africaines, de celle de la valorisation des cultures africaines dans leur richesse, leur diversité et leurs convergences.

Mesdames et Messieurs,

Cette célébration sera l'occasion d'organiser le sixième Sommet des institutions culturelles d'Afrique et de la Diaspora qui va consacrer le SICADIA comme un grand cadre de concertation pour l'ensemble des acteurs culturels institutionnels de notre continent et de ses diasporas. Je voudrais ici remercier l'ensemble des partenaires sur ce projet notamment l'Observatoire des Politiques culturelles en Afrique (OCPA) et l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Le Niger, pour sa part, en tant que pays hôte s'engage encore résolument à accompagner ce processus afin de faire du CELHTO une institution qui compte dans la nouvelle architecture de la Commission de l'Union africaine en gestation dans le cadre des réformes. Une institution aussi prestigieuse que le CELHTO dont le mandat vise l'autonomie du continent à l'égard des visions culturelles extérieures par l'affirmation d'une identité culturelle favorisant l'intégration et le développement fdu continent doit être activement soutenue

C'est donc autour de ce mandat et des perspectives comme le développement d'une politique de numérisation et d'exploitation scientifique des archives, la conservation des archives sonores des centres de recherches et Radios nationales, le lancement d'un programme de collecte de données par la canal des radios rurales quej'invite les responsables du CELTHO à poursuivre avec ardeur ce travail pour le rayonnement de la culture africaine.

Sur ce, je déclare lancée l'activité entrant dans le cadre de la célébration du cinquantenaire du Centre d'Etudes Linguistiques et Historiques par Tradition Orale (CELHTO).

Je vous remercie.

Onep

Souleymane Yahaya
04 décembre 2018
Source : http://lesahel.org/

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Politique