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Mission du Président Issoufou en Arabie Saoudite en pleine polémique Kashoggi : À quelles fins et pour quels profits ?

Mission du Président Issoufou en Arabie Saoudite en pleine polémique Kashoggi : À quelles fins et pour quels profits ?Nombre de Nigériens s’étonnent que le Président Issoufou ait embarqué à la fois, et son directeur de Cabinet, Ouhoumoudou Mahamadou, et son fils et directeur de Cabinet adjoint, Sani Issoufou dit Abba pour les intimes. Et si pour certains, la présentation d’Abba aux princes régnants d’Arabie Saoudite est synonyme d’une intention de dévolution du pouvoir d’Etat, de père en fils, il reste que des spécialistes de ces monarchies ont une tout autre lecture de ce déplacement insolite du chef de l’Etat avec ses deux plus proches collaborateurs et…parents. La motivation, selon eux, n’a rien à voir avec la politique et ses perspectives au Niger. « Ce qui, disentils, caractérise ces genres de missions, c’est ce que l’on reçoit personnellement ». Les monarchies du Golfe sont réputées pour leur largesse vis-à-vis de leurs hôtes. Tous les membres d’une délégation étrangère en visite d’amitié ou de travail sont tous arrosés jusqu’au dernier. Ce sont généralement, expliquent-ils, des missions que tous ceux qui peuvent, dans l’entourage immédiat du chef de l’Etat, ne veulent pas rater. S’il s’agit d’une réalité, il n’en demeure pas moins vrai que l’intrusion d’Abba sur la scène internationale ne peut s’expliquer par une motivation pécuniaire. Elle procède d’une préparation de l’intéressé à de plus hautes fonctions politiques, sous le parapluie de son président de père. Présenté à des personnalités de première importance d’un pays aussi riche que l’Arabie Saoudite à qui le père a rendu d’éminents services, notamment dans la tentative d’isolement du Qatar sur la scène internationale, Abba intrigue de plus en plus dans les cercles politiques nigériens. Au Pnds où il n’était vu que pour le fils du présiden,Abba devient progressivement un sujet de préoccupation, voire d’inquiétude.

Sur un tout autre plan, la visite du Président Issoufou en Arabie Saoudite, en pleine polémique sur la décapitation du journaliste saoudien Jamal Kashoggi dans les locaux du Consulat de son pays en Turquie, est très mal vue. Interprétée comme une totale allégeance à un pays qui est au centre de vives critiques, nombre d’observateurs à travers le monde accusant le prince héritier Mohamed Ben Salman d’être derrière cette horreur cannibale, la visite de Mahamadou Issoufou prend carrément le contre-pied de la tendance mondiale. Condamnée par les Etats unis, la France et d’autres grandes puissances occidentales, l’Arabie Saoudite se démène pour trouver une issue de sortie honorable qui ne remette pas en cause la dévolution du pouvoir monarchique au fils désigné de l’actuel roi du pays. La visite de celui-ci en Tunisie, à l’invitation pourtant du président tunisien, a suscité une levée de boucliers de la part de larges pans de la société tunisienne, catégoriquement opposés à l’arrivée sur leur sol de celui qu’ils pensent avoir sur les mains la décapitation du journaliste Kashoggi.

Unique chef d’Etat à ce jour, y compris en Afrique, à fouler le sol saoudien depuis que la macabre découverte du Consulat saoudien en Turquie est faite, Mahamadou Issoufou compte y tirer le plus grand profit. De quelle nature et à quelle fin ? Les Nigériens, eux, doutent que ce soit dans l’intérêt de leur pays, le Président Issoufou ayant choisi, comme tant de fois, de quitter alors que le peuple est en deuil, frappé par des attaques terroristes.

Laboukoye

03 décembre 2018
Source : Le Courrier

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