Orange Money 300%

Maradi/Crise au CPR Inganci : Kassoum Moctar a failli être débarqué …. !

Kassoum Moctar CPR Inganci 01Il s’en est fallu de peu. Kassoum Moctar, Président du parti CPR Inganci et actuel ministre de la jeunesse et des sports, a tout simplement failli être violemment éjecté de son poste du président de son parti, n’eut été l’intervention expresse des pouvoirs publics. Son exclusion du CPR devrait être actée le samedi 10 novembre dernier par 6 des 8 délégations régionales, venues ici même à Maradi en « congrès extraordinaire », son fief prétendu, avec la rageuse détermination de lui régler son compte. Mais la Mairie, puis la police, sur instructions fermes venues d’en haut, ont interdit « la manifestation », malgré la décision de justice qui l’autorisait.

Il n’ya plus de doute : Le CPR Inganci est au bord de l’implosion. Désormais, il y’a d’un côté Kassoum Moctar de plus en plus seul, et de l’autre, des structures régionales qui s’insurgent contre sa gouvernance du parti, des militants frustrés, humiliés, voire exclus du parti, à l’image du député Kabirou Ibrahim Maidagi dont l’exclusion a été prononcée par Kassoum Moctar le 5 novembre … sur les réseaux sociaux.

« Allah wadaran siyassa ! »

Beaucoup à Maradi se demandent encore qu’est-ce qui a bien pu arriver de « satanique », pour séparer les deux amis, pourtant connus comme « inséparables ». On savait déjà que le pouvoir et l’argent sont les briseurs des grandes amitiés. Désormais, il faudra y ajouter la politique...

« Allah wadaran siyassa ! » (Que Dieu maudisse la politique), s’est indigné un acteur politique notoire de Maradi en son temps, devant ses propres turpitudes. C’est avec la même indignation que les maradawas regardent se briser sous l’autel de la politique, la grande amitié qu’ils connaissaient entre Kassoum Moctar et Kabirou Sarki Dogo. Ils ont encore en mémoire cette bagarre qui a défrayé la chronique ici à Maradi, entre Sani Attiya et Kabirou, du temps où Kassoum était Maire central de Maradi. C’était pour riposter contre les « agressions » de l’indiscipliné opérateur économique qu’était Attiya à l’époque. Plus pathétique encore, quand Ibrahim Yacouba, le propre frère de Kabirou a créé son parti le MPN, ce dernier ne l’a pas suivi, préférant rester avec Kassoum Moctar au CPR Inganci, convaincu que l’amitié pouvait surclasser la fraternité.

Le vin est tiré…

Les deux amis d’hier ne se parlent plus aujourd’hui. Le Député Kabirou Ibrahim est, d’après des sources proches du CPR, la 8ème personnalité exclue du parti par Kassoum Moctar en moins de 3 mois. « C’est la preuve que rien ne va plus à la tête du parti », note avec amertume ce militant qui requiert l’anonymat et qui, pas plus qu’hier seulement, était un zélé défenseur du « Président Kassoum ». « Tu as vu son problème avec Kabirou pour une histoire de poste? Mais c’est au delà de ce qu’on peut imaginer comme erreur de jeunesse », ajoute-t-il, tout scandalisé.

En effet, c’est au départ « une histoire de poste » de Rapporteur Général de la commission des finances de l’AN qui est au centre du contentieux entre les deux amis. Un poste que les députés membres de la commission ont confié à Kabirou Ibrahim Maidagi du CPR par 10 voix contre 1, mais que son président de parti voulait qu’il échoit à son challenger du même parti qui lui n’a récolté qu’une seule voix, à l’issue du vote. Normalement après ce choix des députés, les choses devraient en rester là. Mais, parait-il selon des proches du député Kabirou, Kassoum Moctar a continué à manœuvrer, autour de Bazoum notamment, allant même jusqu’à le présenter comme un « opposant » au sein de la mouvance.

Le 5 novembre dernier, Kassoum Moctar franchit le rubicon et prononce « l’exclusion temporaire pour une durée d’un an » du parti de son ami Ibrahim Maidagi Kabirou, l’un des 3 députés de son parti. C’est la goutte d’eau qui fera déborder le vase. La réplique ne s’est pas faite attendre. Le 10 novembre, des délégations de Tillabéry, Dosso, Tahoua, Agadez, Zinder, Niamey se sont donné rendez-vous à Maradi sous le leadership du député Kabirou, pour prendre une décision capitale.

Sauver le soldat Kassoum !

C’est en ce moment précis que les pouvoirs publics interfèrent pour « sauver le soldat Kassoum » de l’humiliation. Le 8 novembre, le député Kabirou reçoit des courriers de la Mairie et de la police lui intimant de ne pas tenir la rencontre dont il prévoyait d’organiser avec ses camarades venus des autres régions au niveau du marché Attiya. Le même jour, il attaqua ces injonctions à la Justice. Le 10 novembre, le Tribunal de grande Instance de Maradi, dans une attestation de jugement rendu, lui donne raison. Malgré cette décision de la Justice, les autorités régionales, maintiennent l’interdiction et procède même à un déploiement des forces de l’ordre au lieu prévu pour la rencontre.

5 jours plus tard, Kassoum Moctar débarque à Maradi pour constater les dégâts et sauver ce qui peut l’être. Sur les réseaux sociaux, il publie les images de son périple de Guidan Roumdji à Aguié en passant par Maradi recevant de nouveau militants. De ce chassé-croisé, l’opinion de Maradi n’a malheureusement retenu que la vidéo virale qui en était issue, dans laquelle on voyait le Ministre-Président « distribuer » 10 000 F à tout un village !

De l’avis de tous les commentateurs de Maradi, le CPR Inganci traverse une crise d’une magnitude extrême. Une crise de gestion qu’ils imputent directement au président du parti. Beaucoup prévoit ici des lendemains cauchemardesques pour la jeune formation, notamment des défections massives au profit d’autres partis de la mouvance présidentielle.

El Kaougé Mahamane Lawaly

20 novembre 2018
Source : Le Souffle Maradi

Imprimer E-mail

Politique