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11ème sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine à Addis-Abeba (Ethiopie) : Le Niger approuve les propositions des réformes de la Commission de l’UA

Issoufou Adis Abeba 17 11 18Le Président de la République, Chef de l’Etat, SE. Issoufou Mahamadou a pris part, le samedi 17 novembre dernier, au 11ème sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernements des pays membres de l’Union Africaine. Ce sommet extraordinaire a porté sur la réforme institutionnelle visant à donner plus d’efficacité à l'action de l'organisation. Le Niger a approuvé les propositions faites par la Commission, notamment la structure et le portefeuille des hauts fonctionnaires ainsi que le processus de leur recrutement et de leur départ et les innovations introduites dans la gestion administrative. Il y a également la transformation du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) en agence de développement ainsi que l’intégration du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) dans les structures de la Commission. La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée, par M. Paul Kagamé, Président rwandais et président en exercice de l’Union Africaine en présence des dirigeants africains, du Premier ministre Ethiopien, M. Abiy Ahmad et du président de la Commission, M. Moussa Faki Mahamat ainsi que plusieurs experts.

Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont, durant deux jours, discuté des questions relatives aux réformes de l’organisation panafricaine, qui fait face à des défis multiformes, liés notamment à des dysfonctionnements structurels, des difficultés financières et des lacunes en matière de coordination au sein de son système institutionnel. A l’ouverture des travaux, le Président Paul Kagamé a indiqué que l’objectif de ce 11ème sommet extraordinaire est de faire avancer les réformes institutionnelles de l’Union Africaine partout dans le monde. Il s’agit pour lui de garantir au peuple l’avenir qu’il mérite. « Nous devrons travailler sur des propositions détaillées pour rendre la Commission plus efficace, basée sur la performance. Lorsque nous sommes unis, rien n’est impossible au continent », a-t-il dit. Le président en exercice de l’UA s’est félicité de la levée de la sanction par le Conseil de sécurité des Nations Unies sur l’Érythrée. Cette action va contribuer au processus de normalisation dans la corne de l’Afrique. Il a, par ailleurs, souhaité à son homologue du Gabon, M. Ali Bongo un prompt rétablissement.

Pour le Premier ministre éthiopien, la réforme institutionnelle est pertinente compte tenu des problèmes au niveau national. « Nous devrons serrer les rangs pour prospérer. Nous avons besoin d’une commission capable et active pour mettre en œuvre notre agenda continental et ses priorités. Les réformes commencent par les dirigeants qui doivent fixer les attentes et l’élan nécessaire. Pour y parvenir, nous devons mettre en place, les mécanismes de rédition des comptes. Notre administration en est consciente et attachée à ses principes », a-t-il martelé avant de dire que, son pays est en train d’entreprendre un renouveau ces (7) sept derniers mois à travers l’élaboration et la mise en œuvre de plusieurs stratégies de développement.

Comme la réalisation des objectifs fixés nécessitent la force motrice d’une gouvernance efficace, légère et transparente au sein de la Commission, M. Abiy Ahmad a affirmé, qu’ils devront travailler pour la paix et la sécurité, ceci implique une bonne mobilisation de ressources pour réaliser les priorités. « L’Ethiopie a introduit l’octroi de visa aux africains pour renforcer l’intégration régionale. Lorsque, les esprits sont ouverts pour les idées, les marchés sont libres pour les échanges. L’intégration régionale qui a abouti à la création d’une communauté économique africaine est l’aboutissement de la vision de l’Union Africaine, depuis les premières heures de sa création », a souligné le Premier ministre éthiopien, avant dire que, la réforme à l’Union Africaine mérite leur encouragement. Pour lui, les décisions sur le financement sont au cœur de la réforme. En 2012 les Etats membres ont couvert juste 3% du budget de l’Union Africaine. Le chiffre est passé en 2017 à 14%, alors que les finances sont au centre de l’agenda de l’organisation.  

Auparavant, le président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Ahmat Faki a énuméré la rationalisation de leurs méthodes de travail, le renforcement de la coordination avec les Communautés économiques régionales, la meilleure prise en compte des dimensions genre et jeunesse dans le fonctionnement de l’Union, et les pas franchis sur la voie de l’autonomie financière. Pour lui, c’est sur ce dernier point que les progrès sont les plus significatifs. Ils se sont traduits par une amélioration du processus budgétaire, grâce à l’implication des ministres des Finances membres du F15, une diminution de leur dépendance envers les partenaires internationaux, et un accroissement substantiel de la contribution des États membres au Fonds de la paix. « Donc, il est tout aussi important que le Sommet consolide les progrès enregistrés sur le plan financier » a-t-il estimé. Ce sommet leur offre également l’occasion d’échanger sur d’autres aspects de la réforme, notamment le renforcement de l’efficacité des organes de l’Union. « L’objectif est de recueillir vos orientations pour aider l’Unité chargée de la réforme à approfondir la réflexion, avant de soumettre des propositions concrètes en février prochain», a déclaré M. Moussa Mahamat Faki.  

Pour le président de la Commission de l’UA, la réforme institutionnelle est un impératif. Elle est, en fait, consubstantielle à l’Acte fondateur de l’Organisation. « L’Union africaine, faut-il le rappeler, a été créée pour accélérer le projet d’intégration économique et d’unité politique qui est au cœur du panafricanisme. Tout en respectant la souveraineté de nos États, elle part du constat que, dans le monde actuel, ces souverainetés chèrement acquises ne peuvent être préservées que, si elles sont mises en commun. La nature de notre Union et l’ambition dont l’Agenda 2063 est l’emblème, exigent donc que notre Union se réinvente sans cesse pour s’adapter à son environnement et maintenir le cap fixé», a-t-il soutenu. Au-delà de l’effort porté sur les structures et les procédures, la réforme est aussi, surtout, une affaire de volonté politique. Par ailleurs, en marge de la tenue du 11ème sommet, le comité des représentants permanents et le Conseil exécutif se sont penchés sur différents aspects de la réforme. Ils ont soumis un nombre de recommandations à l’appréciation des Chefs d’Etat. Créée en 1963 sous l'appellation de l'Organisation de l'Union Africaine (OUA), devenue en 2002 l'Union Africaine (UA), l’institution a des défis multiformes à relever.

Enfin, il faut noter que le Chef de l’Etat est accompagné dans ce déplacement par M. Ouhoumoudou Mahamadou, ministre Directeur de Cabinet du Président de la République et M. Kalla Ankouraou, ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur.

Seini Seydou Zakaria, envoyé spécial(onep)

 

Allocution du Président de la République, au 11ème sommet extraordinaire de l’UA

«Toutes ces réformes doivent concourir à faire de notre organisation et de sa Commission, des structures dynamiques, performantes et orientées vers les résultats» déclare SE. Issoufou Mahamadou

Après l’ouverture du 11ème sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernements, les travaux se sont poursuivis à huit-clos. Au cours, de cette réunion à huis clos, le Président de la République, SE. Issoufou Mahamadou a prononcé une importante allocution dans laquelle, il a déclaré que l’exercice de réforme de l’Union Africaine est tout à fait opportun car si le 20ème siècle a été un siècle où les questions politiques étaient au centre des préoccupations du continent avec les luttes pour l’indépendance et pour la démocratie, le 21ème sera un siècle où les questions économiques constitueront les nouveaux défis. (Lire, ci-dessous, l’intégralité de l’allocution du Chef de l’Etat)

« Excellences Mesdames Messieurs,

Permettez-moi de remercier notre hôte, le Premier ministre Ahmad pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité qui nous est réservée depuis notre arrivée sur cette terre Africaine d’Ethiopie. Permettez- moi également de saluer et de féliciter mon frère le Président Paul Kagamé, qui a su mener et conduire à terme, avec brio, ce travail redoutable de réforme qui nécessite abnégation et engagement, toutes qualités dont l’Afrique a besoin pour réussir sa transformation qualitative.

Excellences Mesdames Messieurs,

L’exercice de réforme de notre organisation est tout à fait opportun car si le vingtième siècle a été un siècle où les questions politiques étaient au centre des préoccupations du continent avec les luttes pour l’indépendance et pour la démocratie, le vingt et unième sera un siècle ou les questions économiques constitueront les nouveaux défis. C’est justement conscient de cette évolution que nous avions eu à adopter l’agenda 2063 et les programmes majeurs qui en dérivent afin de faire du continent un ensemble uni et prospère, un continent industrialisé et pourvoyeur d’emploi pour sa jeunesse. Je veux parler des plans et programmes suivants :

  • le programme de la zone de Libre Echange Continentale de l’Afrique (ZLECAf),
  • le Plan d’action pour le développement industriel accéléré de l’Afrique (AIDA),
  • le programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA),
  • le programme détaillé de développement de l’Agriculture en Afrique (PDDAA) ;
  • la vision Minière Africaine (VMA) ;
  • le plan d’action pour l’intensification du commerce intra-africain (BIAT).

Ainsi que vous le voyez, l’ampleur des défis économiques auxquels notre continent doit faire face nécessite un nouveau départ pour notre organisation. Je suis heureux de voir que les propositions de décisions qui nous sont soumises sont conformes à la vision nouvelle que nous avons de notre organisation, une organisation réformée, résolument orientée vers les préoccupations économiques, notamment les charges et exigences qu’impose l’agenda 2063, tout en ne perdant pas de vue les autres défis.

Notre conférence est appelée aujourd’hui à examiner et adopter plusieurs décisions qui trouvent leur fondement dans les rapports et discussions issues des différents comités et instances chargés de réfléchir sur la réforme de notre organisation sous la supervision du Président Paul Kagamé.

Le Niger approuve les propositions de réforme de la commission notamment la structure et le portefeuille des hauts fonctionnaires ainsi que le processus de leur recrutement et de leur départ et les innovations introduites dans la gestion administrative. Le Niger approuve également la transformation du NEPAD en agence de développement ainsi que l’intégration du MAEP dans les structures de la Commission. Toutes ces réformes doivent concourir à faire de notre organisation et de sa commission des structures dynamiques, performantes et orientées vers les résultats. Elles doivent être complétées à brève échéance par d’autres réformes en cours notamment la gestion de la sécurité continentale et le financement de notre organisation dans un souci d’autonomie et de responsabilisation du continent.  

S’agissant des négociations en cours, pour le renouvellement des accords entre l’Union Européenne et les Etats ACP, le Niger est d’avis que ces négociations sont une occasion pour notre continent de renforcer son unité tout en œuvrant pour concilier les engagements individuels des Etats, tels qu’ils découlent de la Convention de Kingston(Jamaïque) de 1975, avec la nécessité de l’approche unitaire. Pour conclure, permettez-moi, en tant que champion du programme de la ZLECAf, de lancer un appel aux pays qui ne l’ont pas encore fait, d’accélérer le processus de ratification de l’Accord de la ZLECAf afin que nous puissions rapidement atteindre les 22 ratifications nécessaires pour son entrée en vigueur et donnons-nous rendez-vous à Niamey en Juin 2019 pour le lancement solennel de la ZLECAf.

Je vous remercie »

Onep

19 novembre 2018
Source : http://lesahel.org/

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